
La révolution technique engagée cette saison en Formule 1 ne bouleverse pas seulement les ingénieurs : elle oblige aussi les pilotes à repenser des réflexes ancrés depuis l’enfance. Entre le shakedown de Barcelone et les essais de présaison à Sakhir, Oscar Piastri a pris la mesure du chantier. L’Australien insiste sur la difficulté d’intégrer des techniques devenues indispensables, comme le « lift and coast », qui consiste à lever le pied avant le freinage pour économiser du carburant. Un exercice à contre-nature pour des compétiteurs formés à attaquer en permanence. « Quand vous avez piloté d’une certaine manière pendant quinze ans, il est difficile de corriger certains automatismes », confie-t-il. Lever le pied en ligne droite ? « Instinctivement, aucun pilote ne veut faire cela. » Les nouvelles monoplaces, moins chargées aérodynamiquement mais plus exigeantes à la remise des gaz, promettent des défis constants. Plus lentes sur le papier, différentes dans leur équilibre, elles demanderont adaptation et finesse. Piastri le reconnaît : selon les circuits et les conditions, le visage de cette F1 nouvelle génération pourrait varier sensiblement. Une chose est sûre, l’apprentissage recommence.
Djaffar KHODJA




