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Boussebt :  «La qualification au Mondial et le rajeunissement  de l’effectif restent notre satisfaction »

Le président de la fédération fait le point 

De retour au pays après la participation de la sélection nationale au Championnat d’Afrique des nations, conclue par une qualification pour le Mondial 2027 en Allemagne, le président de la Fédération algérienne de handball, Mourad Boussebt, a livré une lecture globale de la prestation des Verts.
Un bilan qu’il juge positif sur le plan des objectifs fixés, même si le podium était à portée de main. Le premier responsable du handball algérien a surtout mis en avant le choix stratégique du rajeunissement de l’effectif, estimant que cette option constitue un investissement nécessaire pour l’avenir de la sélection : « Nous sommes globalement satisfaits par cette qualification au Mondial, car c’était notre premier objectif. Maintenant, il est clair que nous aurions pu terminer sur le podium, notamment lors du dernier match face au Cap-Vert. Il y a eu beaucoup de tirs ratés et ce manque d’efficacité dans le compartiment offensif a été un réel handicap. Mais il ne faut pas oublier que 12 joueurs ont participé pour la première fois à un championnat d’Afrique des nations, et c’est très important pour la suite. »
« Les clubs ne forment plus à cause du problème financier »
Abordant la situation générale du handball national, Mourad Boussebt a tenu à apporter certaines précisions. Selon lui, la Fédération ne peut pas, à elle seule, porter tout le poids des dysfonctionnements observés depuis plusieurs années. Il a pointé du doigt les difficultés structurelles que traversent les clubs, notamment sur le plan financier, ce qui freine considérablement le travail de formation : « Le problème n’est pas tant au niveau de la fédération qu’au niveau des clubs. Aujourd’hui, beaucoup d’équipes ne forment plus de joueurs comme avant, faute de moyens financiers. Les présidents de clubs se retrouvent souvent à assumer les charges de leurs propres poches, et cela a un impact direct sur la qualité du travail et la continuité des projets. »
« Sans professionnalisme, on ne peut pas rivaliser avec les grandes nations du handball »
Pour le président de la FAHB, l’une des principales limites du handball algérien réside dans le maintien d’un championnat à caractère amateur. À l’heure où le handball africain et mondial évolue vers le perfectionnement, Mourad Boussebt estime qu’il est désormais impossible de rester compétitif sans une véritable professionnalisation des structures et des joueurs : « En 2026, on ne peut plus prétendre rivaliser au niveau continental ou mondial avec un championnat amateur. Le professionnalisme n’est plus un luxe, c’est une nécessité. Tant que ce cap ne sera pas franchi, nous resterons en difficulté face aux nations qui ont structuré leur handball depuis des années. »
« En matière de volume horaire, nous sommes loin des exigences du haut niveau » 
Le président de la Fédération a longuement développé la question du volume horaire d’entraînement, qu’il considère comme un indicateur clé du retard accumulé. Selon lui, la différence de charge de travail entre l’Algérie et les pays avancés en matière de handball est considérable et se répercute directement sur le rendement des joueurs en compétition : « Dans les pays développés, un joueur s’entraîne entre 1 000 et 1 200 heures par an. Chez nous, dans le meilleur des cas, on ne dépasse pas 400 heures. Cela veut dire moins de travail technique, moins de travail tactique, moins de préparation physique et mentale. On ne peut pas combler un tel écart uniquement par la volonté ou le talent. »
« Durant toutes ces années, on n’a pas su trouver une relève à Berkous » 
Interrogé sur le cas de l’arrière gauche Berkous, âgé de 37 ans et auteur de son dernier championnat d’Afrique des nations, Mourad Boussebt a reconnu qu’il s’agissait d’un signal fort des lacunes existantes en matière de formation. À ses yeux, l’absence de relève à ce poste stratégique illustre un problème profond qui nécessite un travail de fond : « Durant toutes ces années, nous n’avons pas su trouver une relève de qualité à l’arrière gauche. Berkous a 37 ans et il vient de disputer son dernier championnat d’Afrique des nations. Cela montre clairement qu’il y a un gros problème au niveau de la formation, et c’est aujourd’hui le plus grand chantier de la Fédération. »
« On a critiqué le sélectionneur, alors que lors du dernier Championnat d’Europe, plusieurs sélections ont opté pour la même tactique »
Le président de la FAHB est également revenu sur les critiques formulées à l’encontre de l’équipe nationale et du staff technique. S’il se dit ouvert aux remarques constructives, il a dénoncé certaines critiques qu’il juge infondées et contre-productives, notamment concernant le système défensif adopté par le sélectionneur : « Les critiques infondées n’apportent absolument rien. On a critiqué le système défensif du sélectionneur, alors que lors du dernier Championnat d’Europe, plusieurs sélections se sont imposées avec un système avancé 3-3. Certaines critiques affectent le groupe. Nous voulons des critiques objectives, dans l’intérêt de la sélection nationale. »
« Merci à Bouchekriou et à son staff » 
Enfin, Mourad Boussebt a été interrogé sur l’avenir du sélectionneur national. Sans vouloir précipiter les choses, il a indiqué que la situation devrait être clarifiée dans les prochains jours, rappelant que la mission principale confiée au technicien était la qualification pour le Mondial. « Pour revenir au sélectionneur, nous étions en négociation avec un technicien allemand. Par la suite, nous n’avons pas pu trouver un accord. Et comme la compétition approchait, nous avons demandé à Salah Bouchekriou de prendre en main l’équipe. Il a répondu à l’appel du pays, car on ne refuse pas une sélection. On lui a donné la mission de qualifier la sélection au prochain mondial et il a assuré ce rôle pleinement. Merci à lui et à son staff pour le travail accompli. »
A. A.

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