Réunion FIA-motoristes : aucun compromis en vue
Une nouvelle méthode de mesure à l’étude pour l’avenir

À la veille de la réunion programmée entre la FIA et les motoristes, le dossier sensible du rapport de compression des power units continue d’alimenter les débats en Formule 1. À l’origine de cette affaire, une lettre adressée à la Fédération internationale par Audi, Honda et Ferrari, pointant une solution technique développée par Mercedes. Celle-ci aurait permis d’augmenter le rapport de compression de 16:1, mesuré à froid, à environ 18:1 en conditions de fonctionnement, offrant potentiellement un avantage de plusieurs dixièmes aux équipes motorisées par la marque allemande. Initialement validée par la FIA, cette solution a finalement conduit la fédération à convoquer une réunion avec l’ensemble des motoristes, prévue aujourd’hui. L’objectif affiché est de s’assurer que le règlement soit interprété et appliqué de manière identique par tous.
Audi, Honda et Ferrari estiment en effet que cette approche va à l’encontre de l’esprit de l’article 1.5 du règlement, qui stipule que les monoplaces doivent être conformes aux règles à tout moment de la compétition. Toutefois, le texte réglementaire précise également que le rapport de compression doit être mesuré à froid, moteur arrêté, ce qui rend le dossier particulièrement complexe. En marge de la présentation de la monoplace Audi, Mattia Binotto, directeur opérationnel du programme F1, a levé le voile sur les thèmes de la discussion à venir. « Je ne pense pas que l’on parvienne à une clarification ou à un compromis. L’objectif principal est de continuer à travailler sur une méthodologie permettant, à l’avenir, de mesurer le rapport de compression en conditions opérationnelles », a-t-il expliqué. L’ingénieur italien souligne la limite du système actuel : « Aujourd’hui, la mesure est effectuée à froid, moteur démonté. Pour vérifier la conformité, il faut donc attendre la fin de la saison. Nous cherchons à développer une méthode de mesure en temps réel, avec la voiture en fonctionnement ». Quant à d’éventuelles réclamations dès le Grand Prix d’Australie, Binotto se montre prudent : « On ne peut protester que si l’on sait précisément contre quoi l’on proteste ». Dans ce dossier technique aux contours flous, rien n’indique pour l’instant une contestation formelle imminente.
Amayas LAAZIB



