
Les Championnats d’Afrique de natation, réunissant la 17e édition des juniors et seniors, la 2e des masters, ainsi que la première édition des rencontres interrégionales, ont offert un spectacle intense dès les premières épreuves.
Plus de dix finales ont enflammé l’ambiance depuis le coup d’envoi de cette compétition continentale, qui s’est déroulée dans le grand bassin du centre nautique du complexe olympique Miloud-Hadefi (Oran). Les trois jours de compétition ont été marqués par une grande rivalité, principalement entre les puissances africaines que sont l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Algérie, avec la participation notable, mais moindre, de la Tunisie et d’autres nations. Dans une atmosphère électrique, ce championnat a mis en lumière le niveau élevé des nageurs africains, et chaque course s’est transformée en un véritable duel physique, mais également stratégique.
À l’issue de la troisième journée de la 17e édition des Championnats d’Afrique juniors et seniors, l’équipe algérienne de natation a enrichi son compteur avec huit nouvelles médailles : trois en or, une en argent et quatre en bronze. Ces performances collectives et individuelles témoignent d’une progression constante et d’une résilience remarquable face à une concurrence de haut vol. Parmi les héros du jour, Jaouad Syoud a particulièrement brillé en décrochant deux médailles d’or. Il a d’abord dominé le 200 mètres brasse en un temps impressionnant de 2’14″66, démontrant une technique irréprochable et une endurance exceptionnelle. Quelques heures plus tard, il a récidivé au 50 mètres dos (25″82), portant ainsi son total personnel à trois titres africains au cours de cette même compétition. Cette double victoire n’est pas seulement un exploit personnel, elle symbolise l’émergence d’une génération algérienne capable de rivaliser avec les meilleurs du continent.
La troisième médaille d’or de la journée est revenue à l’équipe féminine du relais 4×200 m nage libre, qui a bouclé sa course en 8’42″69, un chrono solide qui reflète une excellente coordination et une vitesse collective soutenue sur l’ensemble des relais. Du côté des métaux précieux secondaires, Abdellah Arjoune a conquis l’argent au 50 m dos, manquant de peu l’or, mais confirmant son statut de valeur sûre. Quant aux quatre médailles de bronze, elles ont été arrachées par Ramzi Shoushar (200 m brasse), Racim Mohamed Samar (400 m nage libre), Rahma Benmohamed (200 m brasse) en catégorie juniors, et enfin par l’équipe senior masculine du relais 4×200 m nage libre. Ces podiums, obtenus dans des finales ultra-compétitives, mettent en évidence la profondeur du vivier algérien. Par ailleurs, la nageuse Marwa Merniz mérite une mention spéciale pour sa performance éclatante dès le deuxième jour. Elle a conquis la médaille de bronze au 200 mètres dos en 2’19″85, effaçant ainsi son précédent record national et personnel qui était de 2’20″79. Cette amélioration, réalisée sous la pression d’un bassin olympique et face à des adversaires égyptiennes et sud-africaines redoutables, ouvre des perspectives prometteuses pour les échéances internationales à venir.
Exploits de la 3e journée et mentions spéciales
À l’issue de ces trois journées intenses, l’équipe nationale algérienne affiche un bilan honorable de 21 médailles : 5 en or, 5 en argent et 11 en bronze. Ce total impressionnant positionne l’Algérie parmi les nations les plus performantes de cette 17e édition, qui a réuni des centaines de nageurs talentueux de tout le continent. Les deux premières journées avaient déjà posé les bases solides avec deux médailles d’or, signées Jaouad Syoud au 200 mètres papillon et Abdellah Arjoune au 200 mètres dos. Ces victoires précoces ont injecté une dose de confiance à la délégation, permettant aux autres athlètes de se lâcher dans les courses suivantes.
Les médailles d’argent des deux premiers jours ont été remportées par Fares Benzidoun (200 m papillon), Mehdi Dahamna (200 m nage libre, juniors), ainsi que par les équipes de relais mixtes seniors au 4×100 m nage libre et au 4×100 m quatre nages. Côté bronze, sept médailles ont été conquises lors de ces journées inaugurales : Fares Benzidoun (200 m nage libre), Oussama Allam (100 m brasse), Marwa Merniz (200 m dos), Mohamed Samour (800 m nage libre), Mehdi Dahamna (200 m dos, juniors), sans oublier les deux équipes de relais mixtes juniors au 4×100 m quatre nages et au 4×100 m nage libre. Ces résultats collectifs soulignent la polyvalence de l’équipe algérienne, capable d’exceller aussi bien en individuel qu’en relais, disciplines où la cohésion et la stratégie collective sont primordiales.
Cette 17e édition juniors et seniors prendra fin aujourd’hui, laissant place aux éditions des masters et des rencontres interrégionales, qui promettent, elles aussi, des surprises. Rappelons que l’Algérie aligne une délégation conséquente de 50 nageurs et nageuses, chez les juniors et seniors, placés sous la direction experte de l’entraîneur national Mouloud Bouchendouka. Les athlètes ne se limitent pas aux titres continentaux, ils visent également à valider les minima qualificatifs pour les Championnats du monde prévus à Pékin, en décembre 2026. Dans un contexte où les minima exigent des chronos précis et des performances stables, ces championnats d’Afrique servent de rampe de lancement idéale, permettant aux Algériens de tester leurs limites face à une opposition continentale de qualité.
Ambitions futures de la sélection nationale
L’équipe algérienne de natation n’a pas seulement cherché à collectionner des médailles pour le plaisir des performances immédiates, elle ambitionne fermement de monter sur le podium final de cette édition des Championnats d’Afrique juniors et seniors, malgré une concurrence féroce, venant notamment de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. Ces deux nations, fortifiées par des programmes de formation structurés et des investissements massifs, alignent des nageurs rompus aux standards internationaux, rendant chaque finale imprévisible. L’Algérie, forte de son avantage de terrain, mise sur une stratégie offensive pour maximiser son butin de médailles. Les espoirs reposent particulièrement sur Jaouad Syoud et Abdelkrim Hamour chez les hommes, ainsi que sur Lilia Siham Mdouni et Nesrine Medjahed chez les femmes. L’absence de figures emblématiques comme Oussama Sahnoune, Amal Melih ou encore Rania Nefsi n’a pas entamé la détermination du groupe, qui compense par une jeunesse audacieuse et une expérience ciblée.
Par Sadek Belkhir



