Le CSUO sommé d’évacuer son siège au port d’Oran
Période difficile pour le club universitaire

Le club formateur CSUO, véritable école de champions et pilier historique de l’aviron algérien, traverse aujourd’hui une période difficile suite à la décision d’évacuation de son siège du port d’Oran. Ce club, qui fait partie des meilleurs au niveau national, n’est pas seulement un lieu d’entraînement, mais une institution, un symbole, qui a formé de nombreux rameurs ayant fait le bonheur de la sélection nationale et porté bien haut les couleurs du pays. Malgré les obstacles et les entraves, les rameurs de ce club universitaire oranais continuent de s’entraîner avec engagement et passion pour le développement de la discipline qui, pour eux, n’est pas uniquement un sport, mais une identité et une fierté. La décision d’évacuation transmise au club par les responsables de la Société du port d’Oran est tombée comme un couperet, jetant dans la consternation toute la famille des sports de pagaie d’Oran. Athlètes, dirigeants et staffs techniques souhaitent que cette décision soit annulée et des solutions trouvées afin que le club puisse poursuivre sa mission et ses activités, consistant à former les champions de demain.
Le CSUO entre héritage et avenir
Il convient de rappeler que le CSUO est un club d’aviron situé au port d’Oran depuis des années et détenteur de titres de champion d’Algérie. C’est aussi le club formateur n°1 de champions et championnes d’Algérie dans différentes catégories (cadets, juniors et seniors). Il est et reste le pourvoyeur de l’équipe nationale en athlètes d’élite. Parmi les anciens champions formés au club, on citera Nabil Chali, aujourd’hui coach à Alger, Amira Sebbouh, qui reste fidèle au club, le jeune Fatah Aymen, ainsi que Zohra Boudarbala et Lahlou Bensalah. Le CSUO est donc bien connu pour sa politique de formation et par sa capacité à faire émerger de jeunes talents qui ont toujours leur mot à dire.
Sebbouh toujours fidèle au club
L’ancienne championne du CSUO, Amira Sebbouh, licenciée au club depuis l’âge de 10 ans, est une internationale depuis la catégorie cadette, et détentrice des titres de championne d’Afrique, de championne arabe et d’une prestigieuse 3e place lors d’une régate internationale en Belgique, sans compter sa médaille d’or décrochée aux JAJ-2018 à Alger. Elle n’a pas caché son amertume suite à cette décision d’évacuation de son club du port d’Oran. Un club qu’elle considère comme sa deuxième famille. Amira est aujourd’hui de l’autre côté de la barrière, au sein du staff technique, pour assurer le développement de l’aviron féminin.
Frustration et amertume
Un membre influent de la Ligue d’Oran, ayant appris la décision d’évacuation du siège du CSUO, affirme que les clubs d’Oran, dont CSUO et l’Aviron oranais, sont plus que jamais menacés d’expulsion par la Société du port d’Oran, malgré leur importance historique et sportive : « Ces clubs, faut-il le rappeler, ont été créés à l’époque coloniale au port d’Oran pour développer les sports nautiques. Ils ont formé de grands athlètes et sont considérés comme des repères historiques. La baie du port d’Oran, avec son chenal en ligne droite de plus de 2 000 mètres, a permis aux rameurs de développer leurs capacités techniques et d’améliorer leur niveau de performance. La longueur de la jetée offre aux entraîneurs une sécurité et une facilité de travail. Il faut savoir que la wilaya d’Oran est dépourvue de plan d’eau ou de lac pour la pratique de ce sport. »
Par B. Sadek


