
Sport d’intensité par excellence, le basket-ball impose des efforts répétés, des changements de rythme constants et une dépense énergétique élevée. En plein mois de Ramadhan, cette exigence physique prend une dimension particulière pour les joueurs et les clubs, contraints de repenser leur organisation et leur préparation afin de se préparer aux matchs du championnat en soirée.
Des entraînements bouleversés
Traditionnellement programmées en fin d’après-midi, les séances d’entraînement deviennent problématiques en période de jeûne. Sans hydratation ni apport énergétique durant la journée, difficile pour un joueur d’enchaîner sprints, duels et séquences tactiques à haute intensité. Plusieurs clubs choisissent alors de décaler les séances après la rupture du jeûne. Mais cela suppose une logistique adaptée : disponibilité des salles tard le soir, gestion des déplacements nocturnes, encadrement médical présent à des horaires inhabituels. D’autres équipes maintiennent des entraînements allégés l’après-midi, privilégiant le travail tactique, les systèmes de jeu et la vidéo, en limitant les charges physiques. L’objectif, éviter les risques de blessures liés à la fatigue et à la déshydratation.
Un impact direct sur la condition physique
Le basket-ball sollicite fortement le système cardiovasculaire. Un match peut alterner phases explosives et séquences d’endurance sur quarante minutes effectives. Or, pendant le Ramadhan, le corps fonctionne différemment. Le manque d’hydratation durant la journée peut entraîner une baisse de la capacité d’endurance, une diminution de la concentration, un temps de récupération plus long, un risque accru de crampes ou de blessures musculaires. La récupération devient alors un enjeu central. Les préparateurs physiques insistent sur trois axes majeurs : hydratation progressive après l’iftar, alimentation équilibrée riche en glucides complexes et en protéines, et surtout un sommeil de qualité.
Le défi du sommeil et des veillées
Au-delà du terrain, le Ramadhan est aussi un mois de spiritualité et de convivialité. Les soirées s’étirent souvent tard dans la nuit : repas familiaux, prières, sorties, parfois même matchs de championnat organisés en nocturne. Ce décalage du rythme biologique peut perturber la récupération. Veiller jusqu’à deux ou trois heures du matin, puis enchaîner avec une journée active, fragilise l’organisme. Pour les joueurs de haut niveau, la discipline est donc essentielle : limiter les excès, planifier des siestes, structurer les heures de repos.
Une dimension mentale renforcée
Malgré ces contraintes, nombreux sont les joueurs qui estiment que le Ramadhan renforce leur mental. La gestion de la frustration, la maîtrise de soi et la solidarité d’équipe prennent une autre dimension. Les entraîneurs misent souvent sur cet aspect psychologique pour maintenir la cohésion du groupe. Les séances nocturnes, organisées après la rupture du jeûne, créent parfois une ambiance particulière, presque intime, où l’esprit collectif se renforce.
Adapter sans compromettre la performance
Dans les championnats nationaux, lorsque le calendrier coïncide avec le mois sacré, l’enjeu est d’équilibrer performances et respect des valeurs religieuses. Les staffs techniques doivent ajuster les charges de travail, surveiller les indicateurs physiques et individualiser les programmes. Le Ramadhan ne signifie pas arrêt de la compétition, mais adaptation intelligente. Entre rigueur alimentaire, gestion du sommeil et planification des entraînements, le basket-ball continue de vibrer… à un rythme différent. Car au-delà des difficultés, ce mois particulier rappelle une réalité : la performance ne se joue pas uniquement sur le parquet, mais aussi dans l’organisation, la discipline et la capacité d’adaptation.
Walim Mansouri


