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Lauryssen conclut en beauté, Dimas sacré au terme d’un tournoi palpitant

10e étape du Tour d’Algérie-2026

La 26e édition du Tour d’Algérie cycliste s’est achevée en apothéose, dimanche dernier, avec une 10e et dernière étape reliant Rouiba à Tizi Ouzou, sur une distance compacte de 106 kilomètres. Courte mais nerveuse, cette liaison a été marquée par un profil accidenté et un final en montée, parfait pour un ultime bras de fer entre les leaders.

Dès le coup d’envoi, l’ambiance était électrique : les coureurs, épuisés par neuf jours d’un combat acharné traversant les plus beaux reliefs du pays, savaient que cette étape finale offrait une dernière chance de briller. Rouiba, banlieue animée d’Alger, a vu partir un peloton compact sous un soleil radieux, tandis que Tizi Ouzou, nichée au cœur de la Kabylie, promettait un arrivée spectaculaire au sommet d’une ascension redoutable. Ce tracé, conçu par les organisateurs de la Fédération algérienne de cyclisme, a parfaitement équilibré vitesse et stratégie, rappelant les classiques européens, comme les Ardennaises avec leurs cols courts mais décisifs.
Dès les premiers hectomètres, la course s’enflamme dans un col de 1re catégorie de 3,4 km. Le Belge Yorben Lauryssen, toujours vaillant malgré la perte du maillot jaune la veille, passe en tête devant son coéquipier Iben Rommelaere et l’Algérien Yacine Hamza. Ce trio, formé par des spécialistes des punchs, a imposé un rythme infernal dès les rampes initiales, forçant les favoris du général à se révéler. Lauryssen, âgé de 25 ans et déjà vainqueur d’étapes précédentes, incarnait la résilience de l’équipe Tarteletto-Isorex, qui avait dominé plusieurs journées. Rommelaere, son fidèle lieutenant, et Hamza, révélation locale de Madar Pro Cycling, ont formé un avant-poste impressionnant, sous les encouragements des supporters massés le long des routes sinueuses.

Une échappée de costauds pour animer la course

Dans la foulée, un groupe d’échappés se détache : Lauryssen, Rommelaere, Yacine Hamza, Hamza Mansouri, Nikolas Klimavicius, Abderaouf Bengayou et Aironas Gerdauskas. Ce septet solide creuse vite un écart maximal de deux minutes, prenant les commandes dans un baroud d’honneur mémorable. Chacun de ces coureurs apportait sa spécialité : Lauryssen la puissance pure, Rommelaere la roue tactique, les Algériens Hamza et Mansouri l’endurance acquise sur les routes escarpées du pays, Klimavicius (Lituanien) l’expérience des courses UCI, Bengayou la combativité locale et Gerdauskas (Lituanien également) la vitesse en descente. Ce groupe, hétéroclite mais complémentaire, a animé la mi-course sur des routes bordées de villages kabyles, où les habitants agitaient drapeaux algériens et belges. L’écart, maintenu grâce à une rotation parfaite, a mis la pression sur le peloton dirigé par l’équipe de Rizqi Dimas, qui veillait à contrôler sans dépenser d’énergie superflue. Cette échappée, l’une des plus longues de l’édition, a offert un spectacle total, soulignant la dimension internationale du Tour d’Algérie, qui attire désormais plus de 20 nations.

Les Algériens à l’offensive sur les sprints

Sur les sprints intermédiaires – à la sortie de Cap Djinet puis à Sidi Daoud – les Algériens brillent. Yacine Hamza s’impose à deux reprises, devant Hamza Mansouri et Lauryssen, confirmant une fin de tour explosive et une combativité intacte. À Cap Djinet, point stratégique face à la mer Méditerranée, Hamza a devancé le sprint d’une roue, profitant d’un léger vent de face qui a piégé les étrangers. À Sidi Daoud, village côtier réputé pour ses plages, Mansouri a tenté un rush audacieux, mais Hamza, avec sa pointe de vitesse affûtée lors des entraînements en plaine mitidjienne, a récidivé. Ces succès, au-delà des points pour le maillot vert, ont galvanisé le public algérien, présent en masse, et démontré la progression des coureurs locaux, formés dans les académies de la Fédération. Cette offensive n’était pas gratuite : elle visait à booster le moral de Madar Pro Cycling avant le final montagnard.

Un final en montée sous haute intensité

La sentence tombe dans le dernier col de 2e catégorie (6 km) menant au cœur de Tizi Ouzou. Lauryssen accélère, distance ses rivaux et impose sa loi en montagne. Il franchit le sommet en solitaire, talonné par Rommelaere et Hamza. Les pentes raides, à 8% de moyenne, ont fait exploser le groupe d’échappés : Klimavicius et Gerdauskas ont craqué en premier, suivis de Bengayou épuisé par ses efforts antérieurs. Rommelaere, grimpeur-né, a résisté vaillamment, tandis que Yacine Hamza, fort de son expérience sur les routes de Kabylie, a limité les dégâts. Derrière, le peloton, réduit à 30 unités, n’a pas pu revenir, laissant Lauryssen filer vers la gloire. Ce col final, emblématique de la région, avec ses virages serrés et ses panoramas sur les montagnes, a couronné une étape où la fatigue accumulée des 1 500 km totaux s’est fait sentir cruellement.

Lauryssen s’offre une victoire de prestige

Après 2h27’39 » d’efforts, Yorben Lauryssen triomphe en solitaire, devançant Rommelaere pour un doublé Tarteletto-Isorex. Yacine Hamza complète le podium. Ce succès couronne une équipe belge omniprésente tout au long de l’épreuve. Lauryssen, descendu du vélo les bras levés face à la foule en liesse de Tizi Ouzou, a dédié sa victoire à son équipe, qui remporte ainsi 4 étapes sur 10. Rommelaere, 2e à 37 secondes, et Hamza, 3e à 52 secondes, ont offert un podium international reflétant la diversité du peloton. Tarteletto-Isorex, avec son staff expérimenté, a dominé par sa cohésion, contrastant avec les défaillances de certaines équipes étrangères face à la chaleur et aux altitudes algériennes.

Rizqi Dimas, un sacre mérité

L’essentiel reste le général : l’Indonésien Rizqi Dimas (Jakarta Procycling Team) enlève le maillot jaune ! Solide et opportuniste – surtout sur l’étape-reine à Chréa –, il signe le plus beau coup de sa carrière et double avec le maillot blanc U23, révélant un talent immense. Dimas, 22 ans, a pris le jaune lors de la 7e étape à Chréa, où son attaque décisive dans le brouillard des cèdres atlasiques a surpris tout le monde. Régulier sur les chronos et les plaines, il termine avec 1’12 » d’avance sur Lauryssen et 1’45 » sur Honrig. Ce triomphe, premier pour un Asiatique sur le Tour d’Algérie, booste le cyclisme indonésien et ouvre des portes pour les futures UCI Asia Tour.

Walim. Mansouri.

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