CyclismeOmnisport

Dimas renverse tout à Chréa, Bizay s’impose au sommet

9e étape du Tour d’Algérie - 2026

C’était sans conteste l’étape la plus anticipée de cette 26e édition du Tour d’Algérie… et elle a tenu toutes ses promesses avec brio. La 9e et avant-dernière fraction de la course, qui a relié Hammam Righa au mythique sommet de Chréa sur une distance de 113 kilomètres exigeants, a provoqué un véritable séisme dans le classement général provisoire.
Avec son arrivée explosive – une ascension hors catégorie s’étirant sur 19 kilomètres de pentes impitoyables –, l’attention de tous les observateurs était rivée sur l’affrontement très attendu entre le porteur du maillot jaune, le Belge Yorben Lauryssen, et son plus proche poursuivant, l’Ukrainien talentueux Anatolii Budiak. Mais, comme cela arrive si fréquemment dans le monde impitoyable du cyclisme professionnel… la route, avec ses caprices imprévisibles, a écrit un scénario bien différent.
Une course animée dès le départ
Dès les tous premiers hectomètres de l’étape, une échappée ambitieuse et conséquente, comptant pas moins de 11 coureurs déterminés, se forme avec une belle organisation. Parmi ces audacieux, on note la présence d’éléments clés, à l’image des Algériens Hamza Amari et Yacine Hamza (issus de la formation Madar Procycling Team), rejoints par Santy Arne et Elias Vanheel sous les couleurs de Tarteletto Isorex.
Ce groupe s’avère particulièrement stratégique, composé de coureurs qui défendent à la fois leurs ambitions personnelles et celles de leurs leaders d’équipe respectifs. L’échappée parvient rapidement à creuser un écart substantiel de 1 minute 20 secondes sur le peloton principal, alors qu’un petit groupe de poursuivants demeure coincé à une vingtaine de secondes seulement, dans une chasse effrénée.
Des sprints disputés avant la grande explication
Avant d’entamer l’ascension décisive vers le sommet, la lutte fait rage sur les lignes de sprints intermédiaires, où les points pour les classements annexes sont âprement disputés. À Bourkika (au 38e kilomètre), c’est le Lituanien Nikolas Klimavicius qui l’emporte avec autorité devant Santy Arne et l’Algérien Chemseddine Sassi, dans un sprint haletant. Puis, à Sidi Rached, Amine Derghoum prend brillamment le dessus sur Klimavicius, tandis que Santy Arne poursuit sa moisson méthodique de points précieux en vue du maintien de son maillot vert. Toutefois, l’ensemble des concurrents et des suiveurs ont déjà les yeux rivés sur l’épreuve suprême qui se profile : l’assaut final vers Chréa…
Chréa, juge de paix sans appel
L’ascension emblématique hors catégorie de 19 kilomètres menant à Chréa va complètement chambouler l’ordre établi, redistribuant les cartes de manière spectaculaire et impitoyable. Alors que tous les pronostics tablaient sur une confrontation directe et acharnée entre Lauryssen et Budiak, ces deux favoris vont finalement plier sous le poids de la fatigue accumulée au fil des journées précédentes de ce Tour éreintant.
Ni le Belge, qui avait pourtant fait preuve d’une solidité remarquable en tant que leader jusqu’à ce jour, ni l’Ukrainien n’ont réussi à placer une attaque décisive ou à imprimer leur marque.
Cette défaillance, bien que relative, ouvre grandement la porte à une nouvelle génération de prétendants assoiffés de victoire.
Bizay triomphe, Dimas réalise le coup parfait
Au cœur de cette montée dantesque et impitoyable, c’est l’Éthiopien Redae Bizay (Madar Procycling Team) qui démontre une supériorité incontestable. Il franchit la ligne en solitaire au sommet de Chréa après 2h53min45s d’efforts intenses, décrochant ainsi une victoire de prestige dans ce qui reste l’étape-reine de la compétition. À une longueur respectable derrière lui, l’Indonésien Rizqi Dimas signe une ascension tout simplement exceptionnelle, bouclant le parcours en deuxième position et réalisant par là même le coup parfait en termes de stratégie et de timing. Le Rwandais Vainqueur Masengosho achève ce podium relevé en complétant les trois premiers. Pourtant, l’événement marquant de la journée se situe bien au-delà de ces places d’honneur…
Rizqi Dimas, nouveau maillot jaune
Grâce à cette prestation magistrale, Rizqi Dimas dépossède le maillot jaune de leader du classement général des épaules de Yorben Lauryssen dans un renversement aussi spectaculaire qu’imprévu, à seulement une étape de la conclusion. Ce basculement inattendu couronne la régularité exemplaire et la montée en puissance progressive de ce coureur indonésien, qui s’affirme jour après jour. En prime, il s’empare du maillot blanc récompensant le meilleur jeune, gravant définitivement son nom comme la grande révélation incontestée de ce Tour d’Algérie 2026.
Lauryssen et Budiak, les grands perdants du jour
Alors qu’un duel épique entre Lauryssen et Budiak semblait écrit d’avance, ces deux outsiders ont finalement été dépassés par leurs limites physiques dans l’ascension fatidique. Submergés par une fatigue tenace et incapables de répondre au rythme effréné dicté par les grimpeurs les plus affûtés, ils regardent s’échapper un Tour d’Algérie qui paraissait pourtant si proche et à leur portée quelques heures plus tôt. Un dénouement particulièrement cruel pour le Belge, pilier solide du leadership pendant de longues journées, et pour l’Ukrainien, qui n’a pas su concrétiser l’opportunité unique qui s’offrait à lui.
Les autres maillots restent disputés
Si le classement général a subi un chambardement total, plusieurs maillots distinctifs demeurent sous le contrôle de leurs détenteurs actuels. Le Belge Santy Arne maintient fermement son emprise sur le maillot vert de meilleur sprinter, fort de sa constance remarquable lors des sprints intermédiaires de la journée. De son côté, l’Allemand Pascal Homrigausen conserve le maillot à pois attribué au meilleur grimpeur, grâce à ses performances constantes et régulières dans les secteurs montagneux du parcours.
Une étape qui change tout
Cette 9e étape entrera à jamais dans les annales comme le pivot décisif et majeur de cette 26e édition du Tour d’Algérie, marquant un avant et un après. Elle a rappelé avec force que rien n’est jamais joué d’avance dans le cyclisme, particulièrement lors d’une étape-reine aussi sélective et impitoyable en termes d’exigences physiques et tactiques. Par ailleurs, elle a propulsé au premier plan un nouveau leader charismatique, prêt à renverser l’ordre établi précisément au moment le plus critique de la course.
Walim Mansouri

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page