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Komatsu : « Attendons au moins cinq courses avant de toucher au règlement »

Il appelle à la sagesse

Depuis la fin du Grand Prix d’Australie, les voix réclamant des modifications réglementaires se sont multipliées. Certains veulent revoir l’équilibre entre moteur thermique et électrique, d’autres exigent une réduction de l’énergie disponible pour limiter le super-clipping, d’autres encore pointent du doigt la dangerosité des départs. Face à cette agitation, Ayao Komatsu, directeur de l’équipe Haas, prône une tout autre approche : la patience. « Deux courses représentent encore un échantillon très limité », a rappelé le manager japonais aux journalistes présents à Shanghai. « Nous en avions déjà parlé lors d’une réunion de la Commission F1 à Bahreïn, et nous nous étions dit que nous ne devions surtout pas réagir impulsivement. Si nous devons changer quelque chose, autant le faire une seule fois, et bien. » Komatsu insiste sur un point crucial : les performances varient considérablement selon les circuits. Melbourne et Suzuka ont toujours été des pistes où les dépassements sont rares — c’était déjà le cas avec la génération précédente de voitures. Shanghai offre davantage d’opportunités, et Bahreïn plus encore.

Tirer des conclusions hâtives après seulement un ou deux évènements serait donc non seulement prématuré, mais potentiellement contre-productif. « Il faut attendre d’avoir disputé plusieurs circuits, puis décider. À ce moment-là, nous pourrons identifier les vrais problèmes globaux et déterminer sur quoi concentrer nos efforts. Approximativement, il faut attendre au moins cinq courses. » Ce raisonnement s’étend également aux propositions de modification de la procédure de départ, défendues notamment par George Russell. Pour Komatsu, céder à cette tentation serait la pire des erreurs : « Si l’on change quelque chose, les ingénieurs doivent s’adapter, les pilotes doivent s’adapter. Et puis surgit une nouvelle conséquence inattendue, un nouveau problème, et l’on repart de zéro. Donnons aux pilotes un peu de stabilité pour qu’ils puissent s’adapter à ce nouveau règlement ». Le directeur de Haas conclut avec une mise en garde ferme : les réactions impulsives engendrent invariablement des effets indésirables. Mieux vaut observer, apprendre — collectivement — et agir avec discernement. Un message de bon sens, à contre-courant de l’impatience ambiante.

Amayas LAAZIB

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