Omnisport

Mazeri (président de la Fédération) : « L’Algérie confirme sa montée en puissance  à l’échelle continentale »

Quelques mois après un brillant championnat arabe en Égypte (9 médailles), le badminton algérien brille aussi en Afrique : titre pour l’équipe masculine (5e consécutif par équipes) et or historique pour les mixtes. Ce succès reflète le travail de fond, la stabilité du staff et une nouvelle dynamique. Salim Mazeri, président de la Fédération depuis peu, analyse ces exploits et dévoile les ambitions pour les JO, les Jeux méditerranéens et les Mondiaux.
Quel regard portez-vous sur la participation algérienne au dernier championnat d’Afrique ?
Le bilan est globalement très positif et dépasse même nos espérances les plus optimistes. Nous avons terminé en tête du tableau des médailles avec un total impressionnant de 6 médailles, dont 3 en or et 3 en bronze, ce qui confirme la progression constante et inexorable du badminton algérien sur la scène africaine. Ces résultats ont été à la hauteur de nos attentes, aussi bien sur le plan collectif qu’individuel, et ils traduisent le sérieux du travail réalisé par nos athlètes, nos entraîneurs et tout le staff au fil des mois. Pensez à des moments forts comme la finale par équipes masculines, où notre détermination a fait la différence face à des adversaires redoutables tels que l’Égypte ou le Nigeria. Cette performance collective renforce notre statut de leader continental et motive l’ensemble de la famille du badminton en Algérie.
L’équipe masculine a été particulièrement en vue, avec un nouveau sacre continental par équipes. Que représente ce titre ?
Ce sacre a une valeur inestimable, tant sur le plan sportif que symbolique. Remporter le championnat d’Afrique par équipes pour la cinquième fois consécutive est un exploit majeur, une prouesse qui entre dans les annales de notre discipline. Cela démontre que notre sélection masculine est aujourd’hui une référence incontestée sur le continent, avec une maturité tactique et une cohésion exemplaire. Ce titre est d’autant plus significatif qu’il est qualificatif pour le championnat du monde, ce qui ouvre de nouvelles perspectives à nos joueurs, comme la possibilité de briller sur la scène mondiale et d’accumuler des points précieux pour les classements internationaux.
Peut-on parler d’une domination algérienne dans certaines spécialités ?
Oui, clairement, et c’est une domination qui se construit tableau après tableau. Nous avons su nous imposer dans plusieurs catégories, notamment par équipes, où notre supériorité est désormais évidente. La médaille d’or remportée par l’équipe mixte est une première historique pour le badminton algérien, un véritable tournant qui marque l’entrée de nos athlètes dans l’élite. C’est un moment fort pour notre discipline, car cela montre que nous sommes capables de répondre aux exigences du haut niveau.
Selon vous, quels sont les facteurs clés de ces résultats encourageants ?
Le secret de cette réussite réside avant tout dans la continuité et une vision stratégique bien rodée. Nous avons maintenu le même staff technique à travers toutes les catégories, des juniors aux seniors, ce qui a permis un travail cohérent, structuré et sans ruptures inutiles. Il y a aussi une stabilité remarquable au niveau de l’effectif, avec des joueurs expérimentés comme des capitaines qui encadrent les plus jeunes talents émergents, transmettant savoir-faire et mentalité de vainqueur. Enfin, la préparation spécifique pour les compétitions africaines a été déterminante : des stages intensifs en Algérie et à l’étranger, des simulations de matchs et une analyse vidéo approfondie des adversaires ont fait toute la différence. Ajoutez à cela une motivation collective boostée par le soutien des supporters, et vous avez la recette d’un succès durable.
Ces performances s’inscrivent dans la continuité des résultats obtenus au championnat arabe en Égypte. Quel lien faites-vous entre les deux compétitions ?
Absolument, le championnat arabe a été une étape cruciale, presque un tremplin idéal dans notre préparation. Obtenir 9 médailles en Égypte, dont plusieurs en or, a renforcé la confiance des joueurs et du staff technique, en nous offrant un test grandeur nature contre des rivaux régionaux solides. Cela nous a permis d’aborder le championnat d’Afrique avec davantage de sérénité, d’assurance et d’ajustements tactiques précis. Les deux compétitions sont complémentaires et s’inscrivent dans un même processus de progression ascendante : l’arabe pour consolider les bases, l’africain pour viser l’excellence continentale. C’est une chaîne vertueuse qui nous propulse vers des horizons encore plus ambitieux.
Vous êtes à la tête de la Fédération depuis quelques mois seulement. Comment gérez-vous cette dynamique positive ?
Je suis effectivement en poste depuis peu de temps, mais j’ai trouvé une base de travail solide, forgée par mes prédécesseurs et l’ensemble des acteurs du badminton algérien. Mon rôle est de consolider cette dynamique en apportant une vision à moyen et long termes, en optimisant les ressources et en créant les meilleures conditions possibles pour nos athlètes, que ce soit en termes d’équipements, de nutrition ou de récupération. Les résultats obtenus montrent que nous sommes sur la bonne voie, avec une courbe de progression claire, mais il reste encore beaucoup à faire : développer les pôles de formation régionaux, attirer de nouveaux talents et renforcer les partenariats internationaux. C’est un défi passionnant que je relève avec enthousiasme.
La question de l’accompagnement des athlètes revient souvent. Où en êtes-vous sur ce plan ?
Il est essentiel d’accompagner nos joueurs sur les plans matériel, financier et logistique, car sans cela, les talents les plus prometteurs risquent de stagner. Le ministère des Sports soutient activement la Fédération, fournissant des subventions vitales pour chaque déplacement, chaque stage de préparation et chaque acquisition d’équipements high-tech comme des raquettes adaptées ou des analyseurs de vol. Nous travaillons aussi sur des bourses individuelles pour les athlètes les plus performants et des partenariats avec des sponsors privés. Cet accompagnement holistique – incluant même un suivi psychologique – est la clé pour transformer nos médaillés en champions olympiques potentiels.
Quels sont les grands objectifs stratégiques de la Fédération pour les prochaines années ?
Nous avons plusieurs échéances majeures qui guident notre feuille de route. Les Jeux méditerranéens constituent un objectif prioritaire, avec l’ambition de multiplier les médailles dans toutes les catégories. Viennent ensuite les Jeux olympiques, où nous visons une qualification historique et au-delà. Il y a également les Championnats du monde, où nous souhaitons être présents de manière régulière et compétitive, en envoyant des équipes complètes. Ces rendez-vous exigent une préparation rigoureuse, une planification à long terme et des investissements dans la détection précoce des talents dès les catégories cadettes.
La participation aux tournois internationaux semble être un axe prioritaire. Pourquoi est-ce si important ?
Participer à un maximum de tournois internationaux est indispensable pour améliorer le classement mondial de nos joueurs et grimper dans le ranking Badminton World Federation. Le classement conditionne l’accès aux grandes compétitions, notamment aux Jeux olympiques et aux Super Series. Il faut donc multiplier les participations – en Asie, en Europe, sur le circuit africain – pour accumuler de l’expérience, des points précieux et une exposition médiatique. Surtout, il faut bien se préparer avant les tournois qualificatifs, avec des stages ciblés et des sparrings contre des nations fortes comme l’Indonésie ou la Chine. C’est la voie royale pour l’excellence globale.
Peut-on dire que le badminton algérien est à un tournant de son histoire ?
Oui, je le pense sincèrement, et ce tournant est historique. Les résultats récents, du sacre par équipes à la première en mixte, montrent que le badminton algérien a atteint un nouveau palier de maturité et de compétitivité. À nous maintenant de structurer cette réussite : en investissant dans les infrastructures, en massifiant la pratique de base et en continuant à travailler avec sérieux et humilité.
Propos recueillis par A. A.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page