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Juste reconnaissance pour une cycliste pleine d’ambitions

L’Algérienne Nesrine Houili rejoint l’équipe professionnelle de l’UCI

La cycliste internationale algérienne Nesrine Houili, fidèle sociétaire de l’équipe Madar Pro Cycling, vient de signer un contrat professionnel hautement prestigieux avec l’Union cycliste internationale (UCI). Cette signature marque son intégration dans une toute nouvelle équipe féminine professionnelle créée par l’UCI, spécialement dédiée à la participation aux compétitions internationales et mondiales tout au long de la saison 2026. Il est important de souligner que le règlement strict de l’UCI autorise explicitement les athlètes comme elle à représenter cette équipe professionnelle lors des épreuves internationales, tout en leur permettant de conserver un lien avec un club national ou une formation non affiliée à l’organisation. Nesrine Houili s’impose aujourd’hui parmi les cyclistes africaines les plus talentueuses et les plus en vue sur la scène continentale, couronnée par une impressionnante collection de titres continentaux remportés tant sur piste que sur route. Parmi ses plus récentes conquêtes figurent la médaille d’or au contre-la-montre individuel et la médaille de bronze au relais mixte, obtenues lors des Championnats d’Afrique de cyclisme qui se sont déroulés, en novembre dernier, au Kenya, dans une atmosphère de compétition intense. Cette équipe professionnelle de l’UCI réunit d’ailleurs un noyau d’élite composé de grandes cyclistes africaines de premier plan, telles que Georgette Vignofodo du Bénin, reconnue pour sa puissance explosive ; Lucie Marie-Lagesse de l’Île Maurice, spécialiste des longues distances ; Jazilla Mwamikazi du Rwanda, virtuose des sprints ; et Serkalem Watangon d’Éthiopie, maître incontesté de l’endurance en altitude.

Une progression fulgurante
Nesrine Houili est une cycliste originaire d’Oran, formée dès l’âge de 11 ans au sein du club de Nasr de O. Tlélat, sous la tutelle bienveillante du doyen des cyclistes algériens, le regretté Abdelkader Merabet. Avec lui, elle a non seulement acquis les fondamentaux techniques et tactiques de ce sport exigeant, mais elle a surtout développé une passion profonde et durable pour le cyclisme, qui l’a propulsée vers les sommets. En constante progression depuis ses premiers pas, elle n’a cessé de s’illustrer avec brio, démontrant un talent exceptionnel en dominant toutes ses courses et en planant de fort belle manière sur l’ensemble de ses compétitions nationales, où elle surclassait systématiquement ses adversaires par sa vitesse, sa stratégie et son mental d’acier. Ayant rapidement maîtrisé à la perfection l’art de dompter le vélo et de gérer l’endurance sur de longues distances, c’est en 2017, alors qu’elle évoluait encore en catégorie minime, qu’elle a décroché son tout premier titre national lors d’une épreuve mémorable organisée à Aïn Defla, marquant ainsi le début d’une carrière ascendante qui ne fera que s’accélérer par la suite.

Sur le plan international
Houili a fait ses grands débuts sur la scène internationale aux Championnats d’Afrique de cyclisme dès 2020, un tremplin décisif pour sa carrière. À chaque participation à ces rendez-vous continentaux, elle a confirmé sa domination absolue en remportant toutes ses courses avec une autorité impressionnante, trônant invariablement sur les podiums, que ce soit dans les épreuves sur route, où sa puissance au contre-la-montre fait des ravages, ou en vélodrome, où elle excelle par sa technique irréprochable. Grâce à ses médailles, décrochées les unes après les autres, Houili a contribué de manière décisive et abondante à l’excellent classement de l’Algérie dans les divers championnats cyclistes africains, dont son titre inaugural remporté alors qu’elle était encore cadette (2020), un exploit qui a propulsé le cyclisme féminin algérien sous les projecteurs. C’est précisément avec les juniors que Houili s’est vite fait remarquer, par son potentiel exceptionnel, et sans tarder, elle a rejoint le prestigieux Centre mondial de cyclisme en Suisse, juste après la réussite de ses examens du baccalauréat. C’est l’entraîneur et responsable d’un centre d’entraînement et de perfectionnement en Suisse qui l’avait personnellement contactée, par l’intermédiaire d’une personne de confiance, pour l’intégrer au Centre mondial du cyclisme et lui ouvrir les portes d’une carrière professionnelle au plus haut niveau. Malheureusement, en raison d’une grave blessure survenue peu après son arrivée, elle a dû quitter prématurément le centre helvétique. Après une période d’arrêt forcé de près d’une année, marquée par une rééducation intensive et une détermination intacte, elle a renoué avec la compétition de manière triomphante aux Championnats d’Afrique organisés en Égypte.

Avant cette compétition continentale tant attendue, elle a tout d’abord rechargé ses batteries et participé avec succès aux Championnats d’Algérie à Tipasa, puis au Tour de Didouche-Mourad et, enfin, au Tour de Sidi Bel-Abbès. Ces compétitions nationales intenses lui ont permis de se remettre dans le bain, de tester ses limites physiques et mentales et de se préparer minutieusement en prévision des Championnats d’Afrique au Caire, où la pression serait à son comble. En Égypte, elle a concouru dans sept épreuves d’un niveau exceptionnel, face à une concurrence de haut vol venue des quatre coins du continent, et elle a littéralement cassé la baraque en s’adjugeant pas moins de six médailles d’or au 500 m, à la poursuite individuelle, au scratch, au keirin, à la course aux points avec 60 tours, et à la course de l’élimination, démontrant une polyvalence et une supériorité technique hors pair. En outre, à la course dite de l’omnium, elle décrochera une médaille d’argent méritée, complétant ainsi un bilan presque parfait. Ce jour-là, elle n’a pas manqué de déclarer à Planète Sport qu’elle avait le sentiment profond d’avoir tout gagné et que ses consécrations éclatantes n’étaient que les fruits d’une préparation rigoureuse, d’intenses efforts quotidiens et d’une discipline de fer. Elle n’a jamais cessé de remercier son entraîneur, cheikh Abdelkader Merabet, qui représentait tout pour elle et qu’elle considérait comme son deuxième père depuis son jeune âge, lui ayant transmis non seulement des techniques, mais aussi une philosophie de vie. Houili pense toujours autant à son défunt père, qui de son vivant et malgré ses maigres moyens financiers, lui avait acheté son premier vélo, lui ouvrant ainsi les portes du rêve, et à sa mère, qui reste toujours à ses côtés, inébranlable pilier de soutien dans les joies comme dans les épreuves.

Par B. Sadek

Son palmarès international aux Championnats d’Afrique :

Le Caire 2021 : championne d’Afrique avec 6 médailles d’or et une en argent dans sept spécialités de course.

Nigeria 2022 : championne d’Afrique de la poursuite individuelle, médaillée d’argent de la course à l’élimination, médaillée d’argent de la course aux points et médaillée de bronze au 500 mètres.
Le Caire 2024 : médaillée d’argent de la poursuite, médaillée de bronze de la course à l’élimination, médaillée de bronze au 500 mètres.
Le Caire 2025 : championne d’Afrique de la poursuite individuelle, championne d’Afrique du kilomètre, médaillée d’argent du scratch, médaillée d’argent de la course à l’élimination, médaillée d’argent de la course à l’américaine et médaillée d’argent de la course aux points.

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