
Fraîchement installé dans ses nouvelles fonctions de DTN, Youcef Mezghrani s’est réuni aussitôt avec les entraîneurs nationaux. Une séance de travail qui a permis de débattre de la situation générale des deux disciplines de l’aviron et du canoë-kayak, mais également de tracer une feuille de route.
Concernant les équipes nationales, il a fait savoir qu’une régate de présélection est prévue après le mois sacré. « Pour le moment, les athlètes se préparent au niveau de leur club. La période du mois sacré connaît généralement une baisse de régime. Après, nous allons programmer une régate qui permettra de donner la chance à un maximum de rameurs et de rameuses. Comme première étape, une liste des meilleurs athlètes sera établie pour entamer une longue série de regroupements en prévision des compétitions majeures », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, la restructuration de la Direction technique nationale sera aussi l’une de ses priorités. « Nous allons élaborer un programme réel qu’on pourra appliquer à la lettre. Il sera aussi question de recruter un directeur technique national selon nos moyens financiers », a-t-il ajouté, soulignant que l’année 2026 s’annonce chargée aussi bien pour l’aviron que pour le canoë-kayak. « Nous devrons prendre part aux Championnats arabes en Égypte et d’Afrique en Tunisie. Chez les jeunes, la qualification aux Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar sera aussi l’une de nos priorités. D’ici là, nous veillerons à assurer à nos athlètes plusieurs stages avec des entraînements intensifiés. Que ce soit en aviron ou en canoë-kayak, il faut assurer techniquement et physiquement. L’expérience pèse aussi de son poids, nonobstant parfois les qualités et la volonté de l’athlète », souligne-t-il.
La relève existe, mais il faut du temps
L’aviron national a connu par le passé des exploits et bons résultats sur la scène continentale. En parlant de la relève, le DTN s’est montré optimiste, estimant toutefois qu’il faut du temps pour former des athlètes de haut niveau. « Il faudra du temps pour arriver à rééditer ces exploits. Nous avons actuellement des U23 qui pourront, d’ici quelques années, faire parler d’eux. Cependant, le plus gros problème qui ralentit la préparation relève du financement. D’ailleurs, deux stages ont été annulés dernièrement à cause du manque de moyens financiers », précise-t-il, ajoutant : « Pour faire du haut niveau, il faut une enveloppe conséquente, car il faut savoir que nous pratiquons un sport très coûteux en matière de préparation et d’équipements. »
Le DNT explique : « Je ne veux pas trop m’étaler par rapport au coût du matériel et de toutes les commodités nécessaires pour être au diapason de l’élite de la discipline, mais je dirais que les pays qui dominent l’aviron mondial et olympique ont cet avantage d’avoir tout ce qu’il faut comme équipements pour jouer à chaque échéance les premières places. »
Les qualifications pour les JO 2028 en ligne de mire
Au sujet des Jeux olympiques de Los Angeles-2028, Youcef Mezghrani a déclaré que l’équipe nationale devra d’abord passer par des qualifications au niveau continental, pour ensuite réserver des places aux JO. « Nous allons nous préparer périodiquement pour arriver à ces compétitions avec la meilleure forme de nos compétiteurs et compétitrices. Il est clair que tout dépendra aussi du nombre de places attribuées à l’Afrique. Quel que soit le quota, nous sommes déterminés à ne pas rater la qualification », indique le DTN. Conscient qu’il faudra des efforts considérables, Mezghrani, qui cumule des années d’expérience comme DTN, se montre optimiste quant à la réussite de sa mission : « Nous espérons que les sponsors répondront favorablement à nos doléances. Ce n’est pas toujours facile de convaincre une entreprise d’investir en aviron et en canoë-kayak. Malgré un petit budget, nos résultats ont été dans l’ensemble satisfaisants. De mon côté, je réussirai avec l’adhésion de tous les techniciens de l’aviron et du canoë-kayak. Car nous devons faire avant tout un travail d’équipe dans la durée. Pour ce qui est de l’effectif, je peux dire que nous avons des athlètes jeunes, mais volontaires, prêts à faire tous les sacrifices pour accéder au haut niveau. »
A. Badis



