Le modèle semi-professionnel peut-il fonctionner en Algérie ?
Nécessaire pour hisser le niveau des sports collectifs

Lors du troisième numéro du Forum des sports de la radio Chaine deux, qui s’est tenu mardi passé au niveau du centre culturel Aissa Messaoudi de la Radio nationale, des présidents de fédérations et des acteurs du sport algérien ont été invités pour discuter et échanger leurs avis sur le sujet des sports collectifs : le semi-professionnelisme est-il possible en Algérie ?
Par N. E.
Le forum a réuni des personnalités du monde sportif algérien, notamment Mohand Tamadartaza (président de la Fédération algérienne de volley-ball), Mehdi Oucif (président de la Fédération algérienne de basket-ball), Mokhtar Boudina Directeur de l’observatoire du sport algérien, Mokhtar Boudina, Khaled Mehnaoui, président section basket-ball, WO Boufarik et Belaid Ait El Houcine, président HBC El Biar, handball. Les intervenants ont commencé par clarifier ce qu’est le statut semi-professionnel, une alternative intermédiaire entre amateurisme et professionnalisme, où les sportifs peuvent être rémunérés partiellement ou bien de disposer d’un cadre contractuel, tout en n’étant pas encore à temps plein dans leur discipline. Ce modèle est vu comme une étape vers une professionnalisation plus large. Certains participants ont estimé que le semi-professionnalisme pourrait contribuer à améliorer la compétitivité des clubs, surtout dans les sports collectifs moins médiatisés que le football de Ligue 1. C’est vu comme une solution réaliste pour valoriser les talents locaux sans les obliger à quitter leurs études ou emplois, tout en augmentant leur engagement dans le sport. D’autres ont signalé que le cadre financier et institutionnel n’est pas encore suffisamment structuré en Algérie pour garantir la viabilité d’un modèle semi-professionnel à grande échelle. L’absence de mécanismes clairs de financement, de contrats et de soutien social (assurances, salaires minimums, etc.) a été relevée comme une limite à l’application concrète de ce modèle.
Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité d’un cadre juridique et réglementaire précis, avec la mise en place de contrats adaptés pour les athlètes semi-professionnels, la définition claire des obligations des clubs, des fédérations et des salariés sportifs, l’harmonisation avec les structures déjà existantes (ligues régionales, clubs amateurs, etc.) et le financement et attractivité. Il a été souligné que pour qu’un statut semi-professionnel fonctionne, il faut attirer des sponsors, des partenaires privés et des chaînes de diffusion capables de soutenir financièrement les clubs, les ligues et les compétitions. Les revenus actuels générés par certains sports (notamment le football professionnel) ne sont pas encore suffisamment redistribuables vers les niveaux inférieurs et semi-professionnels. C’est un point clé pour garantir des revenus réguliers aux sportifs semi-professionnels. L’un des bénéfices attendus d’un tel statut évoqué durant l’émission est une meilleure rétention des talents locaux, les jeunes sportifs pourraient continuer à progresser dans leur discipline sans être contraints d’abandonner le sport faute de soutien économique. Cela aiderait à créer des passerelles plus solides entre les niveaux amateurs, semi-professionnels et professionnels. Le semi-professionnalisme est présenté comme un levier pour consolider les bases sportives nationales. En somme, le débat autour du semi-professionnalisme en Algérie a montré une certaine volonté d’explorer de nouveaux modèles, adaptés aux réalités locales. Cependant, les intervenants ont aussi insisté sur le fait que plusieurs conditions doivent être réunies, telles que les structures juridiques claires, des mécanismes de financement durables, l’engagement des fédérations et des acteurs économiques, et la protection sociale pour les sportifs.
Ce 3ᵉ Forum du sport a ainsi posé les bases d’une réflexion approfondie sur l’avenir du sport collectif en Algérie et sur l’adaptation de structures intermédiaires entre amateurisme et professionnalisme. Il convient de noter que le semi-professionnalisme, dans le sport, se situe entre le statut amateur (où l’activité sportive n’est pas une source principale de revenus) et le professionnalisme complet (où les athlètes vivent de leur sport). Cela signifie généralement une rémunération partielle et une organisation permettant aux athlètes de concilier sport et autres activités (travail, études, etc.). Mais la notion de semi-professionnel qui combine obligations sportives avec revenus partiels ou statut intermédiaire – reste un sujet de débat et de réflexion, d’où son traitement dans l’émission de Forum du sport.



