Tennis : Open d’Australie

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Open d’Australie

Le 4ème titre de Djokovic à Melbourne

En finale de l’Open d'Australie 2013, Novak Djokovic écarte Andy Murray en quatre sets et décroche son 4e titre de Grand Chelem à Melbourne. Dans le simple dames, victoire de la Biélorusse Victoria Azarenka.

 

L'Open d'Australie est un tournoi du Grand Chelem où Novak Djokovic gagne toujours à la fin. Le Serbe ne voulait pas céder son dernier bastion. Vaincu en finale de Roland-Garros par Rafael Nadal, en demi-finale de Wimbledon par Roger Federer puis en finale de l'US Open par Andy Murray, il a vécu quelques rudes frustrations ces derniers mois en Grand Chelem. Mais à Melbourne, tout est différent. Nole est chez lui. Après sa victoire face à Andy Murray dimanche, il y a désormais conquis les deux tiers de ses couronnes majeures.

D'abord mené et malmené par le Britannique, il a bataillé, s'est accroché, avant de dominer progressivement l'Ecossais. Imperceptiblement, puis très nettement. Il a pris l'ascendant de façon très progressive. Au final, quatre sets (6-7, 7-6, 6-3, 6-2) pour un quatrième sacre austral qui l'ancre un peu plus dans l'histoire de ce tournoi. Djokovic revient à la hauteur d'un Roger Federer ou d'un Andre Agassi (qui lui a remis le trophée dimanche), jadis maîtres des lieux eux aussi. Mais, contrairement à eux, il a réussi à aligner trois succès consécutifs. Un triplé inédit en Australie dans l'ère Open. Il faut remonter à Roy Emerson dans les années 60 pour trouver trace d'un pareil exploit. Emerson, le seul homme au-dessus de Djokovic dans le palmarès australien, avec ses six couronnes. Ce sixième titre du Grand Chelem le place, au passage, à hauteur de champions comme Stefan Edberg ou Boris Becker. Sacrés temps de passages, quand même, à 25 ans.

 

Il reste le plus fort de tous

 

Cette finale était cruciale pour lui. Peut-être plus encore que pour son adversaire. La pression avait changé de camp par rapport à leur duel de New York en septembre dernier. Parce que Djokovic, en perdant une troisième finale en l'espace de huit mois, aurait pu se fragiliser. Un deuxième échec consécutif dans un rendez-vous aussi important face au même joueur aurait forcément pesé. Peut-être est-ce en partie pour cela qu'il n'a été que l'ombre de lui-même dans la partie initiale de cette finale. Multipliant les fautes directes (25 dans le seul premier set !), le Djoker paraissait nerveux, cherchant souvent du regard son clan, comme pour se rassurer.  Mais il a su se ressaisir. A partir de 6-7, 7-6, 3-3, Djokovic a remporté huit des neuf jeux suivants. K.O. debout, Murray a lâché à la fois physiquement (les effets, sans doute, du match intense livré contre Federer 48 heures plus tôt) et mentalement. Face à la machine serbe lancée à pleine vitesse, il n'avait plus les armes pour l'arrêter, ni même la freiner. Djokovic va donc quitter l'Australie en triomphateur. On l'a pourtant déjà connu plus impressionnant. C'est un compliment. Le Djokovic australien de 2013 n'était peut-être pas plus fort que celui de 2011 ou 2012. Mais il reste quand même le plus fort de tous.

 

 

Victoria Azarenka: " J’aime la pression "

 

Victoria Azarenka a fait preuve d'un sacré caractère pour conserver son titre et sa place de numéro un mondiale samedi à l'Open d'Australie à l'issue d'une finale rocambolesque face à Na Li. Une pause de dix minutes pour laisser passer le feu d'artifice célébrant la fête nationale australienne, deux autres interruptions pour remettre Na Li, son adversaire chinoise, sur pied après deux chutes spectaculaires et 17 breaks ont animé un match complètement décousu qu'Azarenka a fini par remporter 4-6, 6-4, 6-3.

C'est sa deuxième victoire dans un Grand Chelem et, contrairement à l'usage, elle a été "plus forte sur le plan émotionnel" que la première, de l'aveu de la Biélorusse. Sous pression car elle avait à défendre à la fois son trophée et sa couronne, Azarenka a effectivement vécu une quinzaine compliquée. Arrivée à Melbourne avec un orteil infecté après une séance de pédicure, elle n'a jamais réussi à jouer son meilleur tennis au cours d'un parcours parfois chaotique.

 

Accueillie avec une pancarte : "tricheuse"

 

Mais ce n'était rien à côté de ce qui lui est tombé dessus après sa demi-finale face à l'Américaine Sloane Stephens lorsqu'elle a été accusée d'avoir pris un temps médical illicite en fin de match pour calmer ses nerfs plutôt que de soigner une vraie blessure. Ce qui lui a valu un accueil très frisquet samedi par le public dans lequel se baladait même une pancarte la traitant de "tricheuse". Avoir réussi à triompher dans cette adversité est une sacrée performance. "Ce n'était pas facile, il y avait beaucoup de pression. En plus l'histoire avec Sloane est devenue toute une affaire. Mais je devais faire avec, rester calme et positive. C'était une expérience nouvelle et je pense l'avoir bien gérée. Cela va me servir pour la suite, en tant que joueuse et en tant que personne. En fait, j'aime la pression, ça vous pousse à être meilleure", a souligné Azarenka, qui a éclaté en sanglots à la balle de match.