Tennis: Novak Djokovic : "Lance Armstrong est une honte pour le sport"

  • PDF

Novak Djokovic :

"Lance Armstrong est une honte pour le sport"

 

Le numéro 1 mondial, Novak Djokovic a dit à l’AFP ce qu’il pensait de l’affaire de dopage du coureur cycliste américain Lance Armstrong. Les réponses valent le détour.

 

Le Serbe Novak Djokovic, numéro 1 mondial de l’ATP, a évoqué hier, à Melbourne, en marge de l’Open d’Australie,  le cas du coureur cycliste américain, Lance Armstrong. Il ne mâche pas ses mots envers le Texan et le cyclisme. Pour lui, par contre, le tennis est épargné par le dopage. Il répond aux questions d’un journaliste de l’AFP.

 

Pendant que vous étiez en train de jouer, Lance Armstrong avouait lors d’une interview télé qu’il était bel et bien dopé durant sa carrière. Qu’en pensez-vous ?

 

Je n’ai pas pu voir l’interview mais j’ai entendu dire qu’il avait avoué effectivement. Je pense que tout le monde s’attendait plus ou moins à ça. Je veux dire, ce serait ridicule de sa part de continuer à nier alors que tout a été prouvé désormais. Ils ont au moins un millier de preuves de sa culpabilité. C'est une honte pour le sport d'avoir un athlète comme lui. Il a trahi le sport. Il a trahi beaucoup de gens dans le monde entier avec sa carrière, avec son histoire. On devrait lui enlever tous ses titres. Il a mérité de souffrir pour avoir menti toutes ces années.

 

Estimez-vous que la lutte antidopage est suffisamment rigoureuse dans le tennis?

 

En tennis, en tout cas de mon point de vue, elle est très bonne. Moi ça ne me dérange pas d'être testé 10, 20 ou 30 fois par an. Les règles antidopage sont devenues plus strictes. Aujourd’hui, chaque jour de l’année, vous devez dire pour au moins une heure ou deux où vous vous trouvez. On peut se demander pourquoi il faut écrire 365 jours par an où on se trouve alors que, la plupart du temps, nous sommes sur les courts. C’est une contrainte. Mais tant que c'est pareil pour les autres joueurs, ça me va.

 

Le rapport de l’ITF révèle qu’en 2011, il n’y a eu que 18 contrôles sanguins sur les top joueurs du circuit. Etes-vous souvent contrôlé ? Vous, Federer, Murray ou Nadal ?

 

Je n’ai pas dû être testé ces six ou sept derniers mois. Mais sur les deux ou trois dernières années, je l’ai été régulièrement. Je ne sais pas pour quelle raison ça s’est arrêté ces derniers temps. Mais encore une fois, les joueurs de tennis sont parmi les athlètes les plus propres.

 

Une partie du problème ne vient-elle pas du faible nombre des contrôles sanguins ? L’ITF devrait-elle investir davantage dans ce sens ?

 

Je suppose que c’est plus une question pour l'ITF que pour moi. Mais bien sûr, l’argent doit être investi en ce sens. Il faut protéger notre sport et les joueurs et ça va dans ce sens-là. Plus il y aura de tests urinaires, plus il y aura de tests sanguins, mieux ce sera. Comme ça, chacun saura que c’est un sport propre.

 

Beaucoup de gens ont perdu confiance dans le cyclisme. Est-ce aussi votre cas ?

 

Comme beaucoup de gens, j'ai perdu confiance dans le monde du cyclisme. Marco Pantani, maintenant Lance Armstrong.... Je ne vais pas tous les citer. Il y a eu tellement de scandales. Je suis certain qu’il y a beaucoup de coureurs à travers le monde qui s’entraînent très dur et qui essaient de rester à l’écart du dopage. Mais je pense que ce n’est pas acceptable qu’ils soient obligés de faire autant de courses en une si courte période. Monter, descendre, sur le Giro ou le Tour de France, 200 kilomètres par jour, c’est inhumain. Lance Armstrong, comme beaucoup d’autres champions, doivent utiliser quelque chose pour réussir et gagner.

 

Pensez-vous que le tennis soit à l’abri de ça ? D’une défiance des fans ?

 

Les résultats le montrent. Ces dernières années, il y a peut-être eu un ou deux cas, mais ces joueurs étaient autour de la 100e place ou au-delà. Nous maintenons notre sport propre. Nous travaillons en ce sens. Nous sommes sur un bon chemin dans ce domaine et nous ne nous en détournons pas.

 

Seriez-vous favorable à un passeport biologique dans le tennis comme c’est désormais le cas en cyclisme?

 

On peut discuter de toutes les options pendant un moment. Mais mon avis, c’est que le règlement antidopage tel qu’il existe aujourd’hui en tennis est bon et suffisant. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire des changements majeurs.

 

Source : AFP

ENCADRE

Un pavé dans la mare !

Dopage:

Rochus a des soupçons sur Nadal et Söderling !

 

Christophe Rochus n’est pas dans le grand tableau à Melbourne. Pourtant, le Belge a trouvé le moyen de faire parler de lui cette semaine. Mardi, dans une interview accordée à Twizz Radio reprise par presque tous les grands médias, l’aîné des Rochus s’est lâché sur le dopage. Evidemment, sa sortie a fait beaucoup de bruit, notamment dans son pays, suscitant de multiples réactions. S’il voulait faire le buzz sur le web, c’est en tout cas très réussi. Pour le reste, que dit vraiment Rochus ?

D’abord, que, selon lui, le dopage dans le tennis est "une réalité". Il le pense (et le dit) d’ailleurs depuis longtemps. "Quand je suis arrivé dans le top 100, rappelle-t-il dans cet entretien, j'ai dit dans les médias que c'était scandaleux tous ces joueurs dopés et j'ai reçu une lettre de menaces de l'ATP Tour disant « C'est la dernière fois que tu parles de ça. Tu n'as pas de preuves, tu n'as rien ». Finalement, tous les joueurs que j'avais cités ont été contrôlés positifs. C'étaient tous des Argentins."

Aujourd’hui, il reprend la même méthode en faisant part de ses doutes, notamment à l’endroit de deux joueurs: Rafael Nadal et Robin Söderling. Pour lui, les absences prolongées de ces deux ténors du circuit ont quelque chose de louche. "Concernant Nadal, poursuit-il, ces rumeurs restent des rumeurs même si tout le monde se pose la question: comment peut-on être aussi fort à Roland-Garros et un mois après soi-disant ne plus pouvoir jouer? C'est ça qui fait que ça paraît suspect, mais on n'a aucune preuve. Si ça se trouve il est réellement blessé." Idem pour Söderling : "On ne peut pas négliger le fait que ce soit très suspect! On atteint le meilleur niveau de sa carrière et le jour d'après on dit je ne peux plus jouer au tennis... Moi, ça me paraît vraiment incroyable."

 

" Plutôt que toute cette hypocrisie, je pense qu'il vaut mieux légaliser le dopage "

 

En livrant ses impressions, Christophe Rochus s’éparpille parfois. Il fait donc part de ses doutes, assure que son frère (Olivier) et lui n’ont jamais touché au dopage, que c’était leur choix mais tout en sous-entendant qu’ils auraient peut-être dû… "Mon frère et moi, explique-t-il, on a toujours été clean. On aurait pu prendre des hormones de croissance, mais on ne l'a jamais fait. On s'est dit que ça n'en vaut pas la peine. Peut-être qu'on aurait dû... Peut-être qu'on n'aurait jamais été contrôlés positifs... Chacun doit faire ses choix."

Puis, plus loin, il finit par dire que la solution serait peut-être de… légaliser le dopage, qui ne serait finalement pas si nocif : "Plutôt que toute cette hypocrisie, je pense qu'il vaut mieux légaliser le dopage. Quand je dis ça, je m'entends dire que je ne peux pas avoir de tels propos parce que ce n’est pas bien et le dopage c'est dangereux. Mais en discutant avec des médecins, on constate qu'on n'est même pas sûr que ces produits soient si dangereux pour la santé. A ce moment-là chacun, en son âme et conscience, dit « moi, je prends le risque... moi, je ne le prends pas »…"

Effectivement, la lutte antidopage s’en trouverait simplifiée. On a tout de même envie de demander à Olivier Rochus quels médecins il a consulté sur le sujet. Pour l’heure, l’ATP n’a pas réagi à ses propos. Les joueurs concernés non plus.