TENNIS : De nouvelles règles testées en 2013

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De nouvelles règles testées en 2013

Objectif, raccourcir la durée des matchs

 

Comment rendre les matches plus rapides, plus attractifs, notamment pour les chaînes de télévision ? En marge de l’US Open remporté par l’Ecossais Andry Murray le 12 septembre, des changements sur les règles du jeu ont été adoptés par l’Association des tennismen professionnels (ATP). Ces changements ayant été approuvés ensuite officiellement, aussi bien par les joueurs que les dirigeants, il est utile de les porter maintenant à l’attention de nos lecteurs.

La règle du «let», qui prévoit qu’une balle qui touche le filet lors d’un service soit rejouée, pourrait ainsi disparaître. Une expérience va être menée durant le premier trimestre de la saison 2013. Si un service accroche la bande du filet, l’échange continuera. Pour ne pas bouleverser les habitudes des joueurs, le test se fera d’abord sur le circuit Challenger, les tournois ou évoluent ceux qui se classent entre la 60e et la 200e places mondiales.

«Bien que ce changement ne réduise pas forcément la durée des matchs, nous pensons que cela aura un impact positif sur la fluidité des rencontres», a indiqué Brad Drewett, président de l’ATP. Et si l’expérience s’avère concluante, la mesure sera transposée au circuit principal.
La deuxième règle appelée à évoluer est celle des «20 secondes». Depuis 1994, les joueurs disposent de ce temps maximal entre chaque point. Mais nombreux sont ceux qui dépassent allègrement la limite. Le plus coutumier du fait est probablement Rafael Nadal, ce qui a le don d’agacer Roger Federer : «Je ne comprends pas comment on peut, sur un match de quatre heures, laisser faire Rafa (Nadal) sans qu’il soit jamais sanctionné», déplorait récemment le n°1. A partir de 2013 tout dépassement de temps vaudra un avertissement et, en cas de récidive, le serveur se verrait condamné à un seul service.

 

Diminuer l’influence du service sur le jeu

 

«Une des lacunes du tennis est incontestablement les temps morts, estime Thierry Tulasne, entraîneur et ancien n°10 mondial. Lorsque vous voyez Djokovic qui fait rebondir parfois sa balle vingt fois avant de servir, c’est agaçant. La règle existait déjà mais elle n’était que rarement appliquée. On peut comparer cette évolution de la règle à celle de l’interdiction de la passe au gardien dans le foot, qui a été à mon sens une très bonne chose. Pour le let, je pense que cela va fluidifier le jeu et apporter du spectacle.

Mais derrière cette volonté de lutter contre les abus, ne faut-il pas chercher l’envie de supprimer la deuxième balle de servie, une marotte des tenants de la modernisation ? Dans le but de diminuer l’influence du service sur le jeu - à l’heure où la vitesse des aces ne cesse d’augmenter - et de permettre, surtout de réduire de façon drastique la durée des matchs.

Depuis sa création, le tennis, dont le jeu de paume est l’ancêtre, n’a cessé d’évoluer.

 

Le tie-break avait ouvert la voie

 

En 1979, le tie-break fut ainsi imposé à 6-6 dans tous les sets à l’exception des cinquièmes manches des Grands Chelems et de la Coupe Davis. A l’US Open, pays où la pression des chaînes est la plus forte, un jeu décisif est également joué en cas d’égalité à 6-6 dans la dernière manche.

En 2006, plusieurs changements de règles avaient déjà été décidés : interdiction des matchs en trois sets gagnants dans tous les tournois hors Grand Chelem et Coupe Davis, instauration en double du «no ad», qui prévoit qu’en cas d’égalité à 40-40 les deux paires soient départagées par un point décisif, et enfin suppression à un set partout de la troisième manche en double (hors Grand Chelem), au profit d’une sorte de loterie appelée «Super Tie-break» : 10 points gagnants au lieu de 7 pour les tie-breaks classiques.

Synthèse O.A.O.