TENNIS :Roger Federer : "Je préfère être favori, mais outsider, c'est bien aussi…"

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Open d’Australie(16- 29 Janvier)

Roger Federer : "Je préfère être favori, mais outsider, c'est bien aussi…"

 

C'est l'heure du grand retour pour Roger Federer. Après six mois d'absence, le Suisse attise la curiosité. Sa blessure, son âge et son recul au tableau l'imposent davantage dans un rôle de joker dans ce tournoi, que comme un véritable prétendant au titre. Et au fond, ça ne lui déplait pas tant que ça…

 

8 juillet. 16 janvier. 192 jours. Voilà 192 jours que Roger Federer n'a pas disputé le moindre match officiel, soit depuis sa défaite en demi-finale de Wimbledon contre Milos Raonic l'été dernier. Lundi soir (heure de Melbourne), face à l'Autrichien Jurgen Melzer, issu des qualifications, il reprendra donc le fil d'une carrière stoppée volontairement il y a six mois. Federer a certes joué la Hopman Cup la semaine passée à Perth, mais sa véritable rentrée aura bien lieu lors de cet Open d'Australie. Un sacré défi, alors que le Suisse file vers ses 36 ans.

Mais l'intéressé reste persuadé d'avoir pris la bonne décision en mettant un terme à sa saison de façon si précoce en juillet dernier. Il en était convaincu à l'époque. C'est toujours le cas. "J'avais besoin de temps. Je ne voulais pas prendre le risque de revenir trop tôt, de précipiter les choses. Dès que j'ai décidé de m'arrêter, j'ai eu l'Open d'Australie en tête. Le but, c'était vraiment d'être à 100% pour la reprise en 2017. Je suis là, ça veut dire que le job a été bien fait. Ces six mois ont été intéressants en tout cas."

 

Le tennis lui a manqué

 

Aucun contretemps n'est venu perturber son planning ces dernières semaines, et si la Hopman Cup n'est pas une compétition officielle, elle a quand même permis au Bâlois de réaliser un test grandeur nature au plan physique. "Tout est sous contrôle, je me sens super bien, a-t-il assuré samedi. La Hopman Cup a été une très bonne préparation." Il a trouvé à Perth des conditions idéales, parce que très proches de celles de Melbourne. "Même continent, même pays, même conditions de jeu, même la taille du court est à peu près identique", a souligné Federer.

L'homme aux 17 titres du Grand Chelem revient avec une envie de junior. Dans l'absence, germe le manque. "Au bout d'un moment, la compétition manque. Ce qui te manque, c'est la sensation de la victoire, le fait d'entrer dans un stade, sur un grand court. Puis les gars, aussi. C'est un peu comme une extension de ma famille. J'ai beaucoup de potes sur le circuit, ça va faire 20 ans que je suis dessus et je suis heureux de retrouver des têtes familières. C'est ça qui m'a manqué le plus." Mentalement, Federer n'a jamais été aussi frais. Physiquement, aussi.

 

" Mon tableau est très bon, puisque je suis dedans "

 

Le revers de cette médaille, c'est aussi qu'il manque de rythme. Or reprendre après six mois d'absence par un Grand Chelem et ses matches en trois sets gagnants est un sacré défi. Il l'admet, c'est la plus grande inconnue pour lui. "C'est une question à laquelle je ne pourrais répondre que sur le terrain, je suppose que c'est la plus grande interrogation à laquelle je vais être confronté." Novak Djokovic n'est pas trop inquiet pour lui. "Entre son expérience et son talent, je pense qu'il ne lui faudra pas trop longtemps pour revenir à un niveau de compétitivité élevé", estime le numéro deux mondial.

Ça tombe bien, car du temps, Federer n'en aura pas beaucoup. Si ses deux premiers tours pourraient lui permettre d'effectuer un rodage tranquille, puisqu'il affrontera deux joueurs issus des qualifications (Melzer au premier tour, puis un Américain, Rubin ou Fratagenlo, au deuxième), Tomas Berdych pourrait l'attendre dès les 16es de finale. Puis Nishikori. Sauf si son tableau s'ouvre miraculeusement devant lui, le Bâlois risque de devoir enchainer deux matches face à des joueurs du Top 10 simplement pour rallier les quarts de finale, où pourrait l'attendre Andy Murray. "Mon tableau est très bon, puisque je suis dedans. C'est tout ce qui compte pour le moment et ça suffit à mon bonheur", se convainc Federer.

Au vu de son monumental CV, de sa cote d'amour auprès du public australien et des circonstances imposées par ce semestre de repos forcé, Roger Federer sera peut-être le joueur le plus attendu de cette quinzaine. Mais sans doute faut-il rester raisonnable quant à son véritable potentiel, très incertain à ce stade. Dans cet Open d'Australie, il apparaît davantage comme une sorte de super joker que comme un véritable candidat au titre. "Ça change un peu, sourit-il. Je préfère être favori, mais outsider, c'est bien aussi..." Au fond, pour lui, l'essentiel est ailleurs. Au moins pour l'instant. "Je suis juste super content d'être là, précise-t-il. Et tant que je suis OK au niveau physique, je pense que ça va être sympa. Après, on verra."

Source : eurosport.fr (Laurent Vergne)