TENNIS : Un sujet qui divise Djokovic, Federer, Murray et Nadal

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Lutte anti-dopage

Un sujet qui divise Djokovic, Federer, Murray et Nadal

Interrogés sur le scandale qui éclabousse l'athlétisme russe à l'approche dy Masters de Londres, Novak Djokovic, Roger Federer, Andy Murray et Rafael Nadal ont livré des visions assez divergentes quant à la lutte anti-dopage dans le tennis.

Si Djokovic ne trouve rien à redire, les trois autres estiment, chacun à leur manière, que les choses doivent bouger.

Pour Djokovic, il n'y a "aucun reproche à faire pour l'instant"

L'intouchable n°1 mondial préfère prendre plus de distance avec le sujet du dopage. "L'arrivée des JO draine toujours des controverses, c'est la course à l'information", a ainsi estimé le Serbe avant de se lancer dans un satisfecit. A l'écouter, tout irait bien dans le meilleur des mondes :

" Dans le tennis, on est très bon. Je n'ai aucun reproche à faire pour l'instant. Moi je suis très régulièrement contrôlé (il a déclaré avoir subi trois ou quatre contrôles cette année, ndlr). Je suis toujours disponible, ils savent où je me trouve, je suis favorable au plus de tests possible. Le passeport biologique est aussi une étape supplémentaire pour s'assurer que le sport reste propre. Mais les exigences sont parfois trop fortes. Ce n'est peut-être pas nécessaire de dire chaque jour de l'année où on est. En dehors de la saison, la localisation est parfois compliquée à organiser."

Federer s'interroge sur la non présence des contrôleurs après les finales

L'homme aux 17 titres en Grand Chelem jouit d'une autorité naturelle. Sur le scandale qui touche l'athlétisme russe, le Suisse a visiblement un avis plus tranché que d'autres. "Je n'ai pas été surpris d'entendre que des pays ne font pas tout comme il faut, a commencé l'actuel n°3 mondial. Des rapports existaient sur beaucoup de pays ne respectant pas exactement les règles. Attention, on parle de pays, pas d'une discipline." Déplorant n'avoir subi que cinq contrôles hors-compétition cette saison, le Maître estime qu'on doit, qu'on "peut toujours faire plus" :

" Cela devrait être plus fréquent, avec plus de moyens. Les joueurs doivent sentir qu'ils vont être contrôlés, ce qui les empêchera d'avoir des pensées stupides. Je suis toujours surpris après une finale quand je me dis : mais où sont les contrôleurs ?"

Murray refroidi par le précédent Armstrong

Récent finaliste du Masters de Paris, l'Ecossais relativise, lui, l'importance de la fréquence des contrôles. Il tient pour exemple l'une des plus grandes figures sportives de l'histoire de la triche :

" Lance Armstrong a répété des années qu'il était le plus contrôlé alors ça ne garantit pas grand-chose non plus. Je l'ai été plus que jamais cette saison mais je ne sais pas à quoi ressemble le système parfait. Plus c'est transparent, mieux c'est. Notre sport pourrait investir plus dans l'antidopage pour attraper plus de tricheurs et aussi gagner la confiance du public. C'est vital, on a l'impression qu'il se passe maintenant quelque chose de nouveau chaque semaine."

Nadal responsabilise les dirigeants et veut des "contrôles publics"

Star d'un pays qui a notamment été secoué en 2006 par l'affaire Puerto, l'Espagnol Rafael Nadal a pointé la responsabilité des dirigeants dans ce fléau qu'est le dopage :

" Ce qui est important c'est que vous soyez convaincu que le joueur en face est au même niveau de possibilités que vous et je n'ai jamais eu aucun doute. Dans les sports où le physique compte, le dopage a un gros impact sur le résultat. Dans le tennis, l'antidopage marche bien mais les contrôles devraient être publics. Le tennis est l'un des sports les plus riches et c'est à ceux qui le dirigent de s'assurer qu'il est complètement propre. Les joueurs doivent avoir confiance dans leurs dirigeants, savoir qu'ils conduisent leur sport de la bonne façon."

Source : AFP