TENNIS : «Le Silver Badge, une fierté pour moi et pour l’Algérie»

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A cœur ouvert avec …

Hakim Fateh (juge-arbitre international) :

«Le Silver Badge, une fierté pour moi et pour l’Algérie»

Propos recueillis par Sadek Belkheïr

 

Le tennis, c’est sa passion. Et après avoir foulé les courts en tant que joueur durant des années, Hakim Fateh, c’est de lui qu’il s’agit, passe ensuite de l’autre côté de la barrière, pour devenir juge-arbitre puis président de ligue.

 

Hakim Fateh est détenteur du White Badge, qui lui ouvre droit d’officier dans des compétions internationales. Le mois passé, il a eu l’insigne honneur de décrocher un autre haut diplôme, à savoir le Silver Badge, après un stage effectué à Casablanca, au Maroc. Sollicité par nos soins, Hakim Fateh ouvre son cœur à nos lecteurs.

 

Tout d’abord, un mot sur les activités de votre ligue cette saison …

Nous avons participé à divers championnats de wilaya, régionaux et nationaux, selon les activités programmées durant la saison. En outre, nous nous étions focalisés beaucoup plus sur la candidature de la ville d’Oran pour l’organisation des JM de 2021. En effet, à l’instar des autres disciplines sportives, le tennis était omniprésent pour le soutien d’El Bahia. D’ailleurs, avec les anciennes stars du handball que sont Bendjemil et Doballah, nous avons été présents à diverses manifestations ou conférences et même à des émissions radio. Au final, nos efforts n’ont pas été vains.

 

Vous avez aussi organisé et participé à des compétitions internationales …

Effectivement, nous avons organisé le tournoi international «Futures» à Oran, puis deux autres compétitions à Tlemcen et Alger où la jeune Nesrine Troubia d’Oran a décroché le titre, alors qu’Amira Benaïssa a réussi à intégrer le classement mondial de la WTA.

 

Il est temps que les infrastructures existantes soient mises à niveau. Vous ne croyez pas ?

Certes, on attend avec impatience l’infrastructure de tennis en construction au sein du village méditerranéen de Belgaïd, qui sera dotée de gradins et tout ce qui suit, le tout aux normes internationales. Mais selon certaines sources, on croit savoir que certaines installations concernant le tennis seront retirées du programme, pour des raisons financières. Donc, les compétitions de tennis vont certainement se dérouler ailleurs.

 

On a ouï dire que l’unité OPOW de  Haï Salam sera rénovée à fond, pour abriter les matchs de tennis des JM. Mais cette infrastructure de tennis a besoin d’un grand lifting, n’est-ce pas ?

 

Tout manque dans cette unité OPOW. L’éclairage fait défaut et les courts n’ont pas été refaits depuis l’indépendance. Et puis, la réfection doit être totale pour que tout soit au diapason international, avec notamment des courts en fibre synthétique appelée Green set. Il faudrait aussi penser aux deux autres infrastructures, celles de l’ASPTT, qui est aussi délabrée, et de l’IRCHO, qui se trouve complètement à l’abandon. Nous sommes à l’orée des JM de 2021, alors les autorités locales doivent s’impliquer à fond  pour la réfection de ces infrastructures.

 

Un mot sur les Jeux africains auxquels vous avez participé en tant qu’arbitre  de chaise ?

C’était le mois passé, à Brazzaville, au Congo. C’était un honneur pour moi et pour l’Algérie que d’avoir été désigné par la Confédération africaine de tennis pour officier les matchs en tant qu’arbitre de chaise. Une autre belle expérience pour moi, qui est venue s’ajouter à toutes les autres.

Vous venez de participer à un stage au Maroc, qui a été sanctionné par un haut diplôme qui vous ouvre droit d’officier dans de grandes compétitions internationales. Qu’avez-vous ressenti à l’occasion ?

De la fierté et beaucoup de bonheur car j’attendais depuis longtemps de décrocher ce diplôme appelé Silver Badge. Au départ, la Fédération nationale de tennis (FAT) nous avait programmé un stage de préparation à Alger où tout avait été mis à notre disposition afin qu’on soit dans les meilleures conditions. Le stage a eu lieu du 19 au 22 octobre dernier et s’est déroulé à Casablanca, au Maroc, plus précisément à l’hôtel «Golden Tulipe», dans un site enchanteur. Organisé par la Fédération internationale de tennis (FIT), ce stage était encadré par des experts internationaux. On devait subir des tests au quotidien, qui étaient couronnés par un test final le dernier jour du stage. Chaque participant a reçu une enveloppe contenant la sanction du stage. C’était vraiment stressant et on ne pouvait contenir nos émotions, surtout au moment de l’ouverture de l’enveloppe. J’ai donc pris mon courage à deux mains et, finalement, c’était la délivrance car j’étais sous pression vu que je représentais le pays et que c’était là une chose qui n’arrivait pas souvent. Je venais en effet d’apprendre que j’avais décroché avec honneur le fameux sésame.

 

C’était donc le Silver Badge que vous veniez de décrocher ?

Pour plus de précision, j’avais déjà obtenu, en 2001, le White Badge. Au Maroc, c’était le tour du Silver Badge, qui m’ouvre le droit d’être juge-arbitre dans de grandes compétitions internationales. J’étais le seul candidat algérien pour ce diplôme, tandis que pour le Bronze Badge, il y avait deux autres Algériens, Nassim Belazri et Abderrahmane Cherifa.

 

Aux JM de 2021, vous pourriez donc être désigné comme juge-arbitre, et ce serait alors une autre grande fierté pour vous …

En principe, je pourrais être désigné par la FIT, puisque je suis détenteur du Silver Badge et membre de la Commission internationale d’arbitrage, et ce, bien que je sois originaire du pays qui organise les JM. Je ne pense pas que l’on fera appel à un autre juge-arbitre alors que je suis sur place. Enfin, d’ici là tout peut arriver. Mais de toute façon, je suis prêt à assumer cette mission pour honorer mon pays.

 

Quels seraient vos souhaits ?

Que tout le monde s’implique pour que le tennis puisse retrouver son lustre d’antan, surtout que nous sommes à l’orée de l’organisation des JM de 2021. Il faudrait aussi que les opérateurs économiques investissent pour la promotion de la discipline. Il faut se rappeler en effet que le tennis marche de pair avec le tourisme. Donc, si on organise beaucoup de compétitions internationales, on aura à coup sur beaucoup de touristes, ce qui est bon pour l’économie du pays. En d’autres termes, on doit s’aligner sur nos voisins. En Tunisie, on n’organise pas moins de 40 tournois internationaux par an, et plus de 35 au Maroc. Chez nous, on ne dépasse pas les 5 tournois, et c’est vraiment peu. Certes, cela sera difficile pour nous, sachant qu’au Maroc et en Tunisie, ce sont des opérateurs privés qui organisent les tournois internationaux. Mais pour cela, et au risque de me répéter, il nous faut absolument refaire les infrastructures, pour un bon développement du tennis. Désormais, ça doit être notre combat primordial, et celui de notre Fédération. Par les temps qui courent, il n’y a aucune place pour le bricolage.

 

Un dernier mot pour conclure ?

Je tiens à remercier notre fédération pour toute l’attention qu’elle nous accorde et, surtout, pour tous les moyens mis à notre disposition. Tous mes remerciements aussi à nos amis marocains, qui nous ont chaleureusement accueillis. Et, bien sûr, je ne remercierais jamais assez mes parents pour leur soutien à ma famille quand je ne suis pas présent à Oran.