TENNIS : Et si le duo Toni - Rafael Nadal avait fait son temps ?

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Après le nouvel échec au Tournoi de Wimbledon

Et si le duo Toni - Rafael Nadal avait fait son temps ?

Alors qu'une saison 2015 noire se dessine peu à peu pour Rafael Nadal, il est temps de trouver des solutions. Pour John McEnroe, c'est limpide : "Il faut changer d'entraîneur !"

Entre 2006 et 2011, 5 finales dont 2 titres. Entre 2012 et 2015, un seul huitième de finale. Ça, ce sont les faits. Implacables et froids, ils montrent que quelque chose cloche entre Rafael Nadal et Wimbledon. Le problème s’arrêterait là si la mauvaise série ne s’étendait pas aussi aux autres tournois du Grand Chelem. Depuis la finale de Roland-Garros 2014, l’Espagnol n’a plus dépassé les quarts de finale. S’il n’y parvenait pas non plus à l’US Open, il mettrait fin à plus de dix ans de présence dans le dernier carré d’au moins un tournoi majeur chaque saison.

Problème du gazon ou pas, sa défaite face à Dustin Brown est sa quatrième de suite face à un joueur classé au-delà du Top 100 à Wimbledon. Après la perte de son titre à Roland-Garros, ça fait beaucoup. Des contre-performances qui interrogent sur les changements à adopter pour stopper cette spirale infernale. Est-ce encore un problème physique comme en 2012 ou 2013 où les genoux de l’Espagnol sifflaient comme jamais ? Le principal intéressé jure que non. Le problème semble plus profond. Peut-être psychologique. En tout cas il est qu’il est urgent de faire quelque chose, quitte à penser à l’impensable : changer de coach.

McEnroe : un coup de pied dans la fourmilière

John McEnroe, derrière son micro de la BBC, a donné un coup de pied dans la fourmilière : pour l'ex-N.1 mondial, il est temps qu’il mette son oncle Toni Nadal de côté et prenne conseil auprès de quelqu'un d'autre. "Nadal est l'un des plus grands champions. Il joue en déployant beaucoup d'efforts et d'énergie mais, osons le dire, n’est-il pas temps d’apporter un peu de sang frais dans le camp Nadal ? Peut-on dire cela? Oncle Toni va être bouleversé."

Dans les sports collectifs, la première conséquence évoquée après de telles contre-performances aurait été de remplacer l’entraîneur, premier fusible qui saute quand les choses ne vont plus. Dans un sport individuel comme le tennis, le rapport à l’entraîneur est très particulier. Et quand il s’agit du clan Nadal, où l’esprit de famille règne en maître, l’effet en est même décuplé. D’autant plus que leur alliance n’a jamais été véritablement décriée. Et pour cause, ensemble, ils ont quasiment gagné tout ce qui est possible de gagner individuellement sur le circuit professionnel.

Un discours alarmant

Mais à l'heure actuelle, les Nadal sont dans l'impasse, comme son oncle l'a reconnu sur les ondes de la radio espagnole COPE : "Rafa est très affecté par cette défaite douloureuse à laquelle, personnellement, je ne m’attendais pas. J’aimerais pouvoir penser que Nadal pourra remporter le prochain US Open, mais actuellement, les probabilités que cela arrive sont très faibles." Un discours alarmant qui, en plus des interrogations de Nadal sur son niveau de jeu, montre qu'il est effectivement temps de faire appel à des personnes extérieures.

"Je sais qu'il a eu d'autres personnes - Carlos Costa (son agent), Francisco Roig (son entraîneur adjoint), qui ont essayé de persuader doucement oncle Toni de prendre conseil, insiste McEnroe. Il a fait un travail magnifique depuis que Rafael est un petit garçon, comme le faire jouer de la main gauche par exemple, mais il est clair à ce stade, il semble que certaines idées fraîches seraient les bienvenues. En synthétisant, avec du McEnroe dans le texte : "En somme qu'il ait un nouvel entraîneur !"

Federer, Murray et Djokovic comme exemples

Sa relation étant extrêmement forte avec son oncle, jamais Nadal ne pourrait se séparer de lui, à moins que l'intéressé ne s'en aille de lui-même. Entre ne rien changer et changer du tout au tout, un juste milieu pourrait être une étape intermédiaire, comme d'autres joueurs majeurs l'ont fait dans leur passé. Roger Federer a eu plusieurs coaches au cours de sa carrière, mais Severin Lüthi, capitaine suisse de Coupe Davis, son ami Yves Allegro et son préparateur physique Pierre Paganini n'ont jamais été très loin de lui.

Andy Murray a aussi un noyau dur (Judy Murray, sa mère et premier entraîneur, Matt Little, son préparateur physique, Dani Vallverdu son ami d'enfance et conseiller) auquel il a raccroché Ivan Lendl, puis Amélie Mauresmo, pour donner un nouveau souffle à sa carrière. Novak Djokovic a toujours été suivi par Marjan Vajda, avant que Boris Becker ne vienne se greffer à eux. Autant d'exemples qui montrent que, sans être radical, un oeil neuf ne peut jamais faire de mal. Mais la question brûlante serait alors de savoir : qui ?

Source : Eurosport. Fr (Sébastien Petit)