TENNIS : Djokovic- Wawrinka: Une finale sans Nadal !

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Tournoi de Roland-Garros

Djokovic- Wawrinka: Une finale sans Nadal !

Le public du court central Philippe-Chatrier assistera, cet après-midi, à la finale du simple messieurs de la 114ème édition du tournoi de Roland-Garros, seconde levée du Grand Chelem. Une finale où, comme en 2009, il n'y aura pas Rafael Nadal !

De notre envoyé spécial, Omar Aït Ouméziane

C'est à quelque chose d'inhabituel que le public du court central Philippe-Chatrier sera convié cet après-midi. En effet, la finale de la 114ème édition du tournoi de Roland-Garros ne verra pas Rafael Nadal gambader, comme à son habitude, sur le court central. L'Espagnol, neuf fois vainqueur à Paris, en dix ans, ne réussira pas sons rêve de décrocher, à son tour, sa "decima" comme le Real Madrid dont il est un fervent et inconditionnel supporter. Le "fautif", l'auteur de ce sacrilège, n'est autre que Novak Djokovic, numéro 1 mondial, impressionnant depuis le début de la saison. Et même avant. Le Serbe, auquel il manque "seulement" Roland-Garros dans sa magistrale panoplie du Grand Chelem, pour entrer, enfin, dans le cercle très restreint des meilleurs joueurs de l'histoire du tennis, ceux qui ont tout gagné, a fait du "French Open" un objectif à atteindre à tout prix. Un objectif pour lequel il a terriblement souffert face à Andy Murray. Que le match a été difficile pour lui tant le Britannique, surtout à partir du troisième set, a tout fait pour briser la première partie du but suprême, pour cette année: celui d'accéder d'abord à la finale avant de penser au plu beau des titres sur terre battue. Après un one man show sidérant qui le vit mener deux sets à rien (6-3 6-3), nous n'étions pas loin de penser que c'en était fini des prétentions d'Andy Murray. Ce n'était pas le cas. Il faut maintenant se rendre à l'évidence que l'Ecossais est devenu un formidable joueur de terre battue, lui est né sur herbe. Dans le troisième et le quatrième set, Andy a, presque, gagné tous les rallyes, épuisants, de fond de court. Au grand agacement de son rival. Un agacement compréhensible, le public prenant fait et cause pour Murray. Et applaudissant même, systématiquement, comble de l'indécence et du manque de respect, toutes les fautes de Djokovic. C'est dans cette ambiance surchauffée que le Serbe perdit la troisième manche, en 7-5. Dans la quatrième, ne numéro 1 mondial et l'opportunité de mener 4-2 avant que son obstiné rival n'égalise à 3 partout. A ce moment de pression insoutenable pour les deux joueurs, on vit entrer sur le court un des responsables de l'organisation pour annoncer l'interruption de la rencontre pour cause d'orage menaçant". Et, effectivement, dans les deux minutes qui suivirent l'annonce, la pluie se mit à tomber. Pas trop fort mais suffisant pour mouiller le court. La rencontre a repris hier, avec des jeux allant avec le service avant que le joueur entraîné par l'ancienne championne française, Amélie Mauresmo, d'où, peut-être, le parti-pris des spectateurs, ne trouve la faille pour revenir à la hauteur de Djokovic: 2 manches partout. La cinquième est forcément décisive. C'est alors que retrouva le Djokovic des grands jours, au désappointement de ce drôle de public qui accorde ses faveurs à un "étranger" et pas à l'un des siens, le malheureux Jo- Wilfried Tsonga. La foule est versatile, on n'y peut rien. Redevenu intraitable, le Serbe termina sa demi-finale en dominateur (une belle revanche sur le public) sur le score de 6-3 6-3 5-7 5-7 6-1.

Cet après-midi, en finale du tournoi le plus important à ses yeux, nul doute que Novak Djokovic ne permettra à personne, ni au public, ni encore moins à son adversaire, Stanislas Wawrinka, de l'arrêter sur la voie royale qui mène au triomphe le plus convoité. Le premier à Roland-Garros. Et la boucle enfin bouclée avec une victoire dans chacun des quatre majeurs du Grand Chelem: Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open. Et s'asseoir enfin aux côtés des dieux du stade. Quel bonheur immense ce serait !

La qualification de Wawrinka

Le Suisse Stanislas Wawrinka, qui a fait un début de saison mi-figue, mi-raisin, perturbé qu'il était pas des problèmes extra-sportifs, éclate littéralement à Paris depuis deux semaines. Vendredi, et malgré une hostilité d'une partie du public, qui reproche au Vaudois ses déclarations après la finale de Coupe Davis, remportée par son pays aux dépens de la France, Wawrinka a fait la sourde oreille pour ramener à la raison le régional de l'étape, Jo-Wilfried Tsonga. Ce dernier, connu pour être émotionnellement fragile, a besoin de sentir qu'il est aimé pour donner la pleine mesure d'un talent que personne, en fait, ne lui conteste. Ce n'est pas l'impression que nous avons ressentie. Le public a, certes, encouragé Tsonga, mais comme du bout des lèvres, sans y mettre cette folie qui arrive à transcender celui qui a les faveurs de la foule. Le Suisse a enlevé, disons facilement, le premier set en 6-3. C'est beaucoup plus disputé dans le second où Tsonga l'emporte nettement au tie-break: 7-6 (1). Le Français va essayer de continuer sur sa lancée. Malheureusement pour lui, son adversaire répondait du tac au tac. Et c'est ainsi que, tout à fait logiquement, d'ailleurs, que les deux combattants, qui se connaissent fort bien, en dehors du court, en arrivèrent à un autre tie-break? Plus concentré que dans le premier jeu décisif, appliqué à ne pas donner de points gratuits, le tombeur de Roger Federer, en quart de finale, se mit la manche dans la poche: 7-6(3). A 1-2, Tsonga était absolument tenu de faire en sorte de rester en vie dans le match? Malgré tous ses efforts, le Français finit par s'avouer vaincu en quatre manches: 6-3 6-7(1) 7-6(3) 6-4. JO n'ira pas en finale, "Stanimal", oui. Il sera présent sur le central, ce dimanche, dans un tournoi qu'il "affectionne particulièrement", et ce, selon ses dires à l'issue de la demi-finale.

La finesse de Novak Djokovic, la puissance de Stanislas Wawrinka, c'est une opposition, une de plus, à ne pas rater à Roland-Garros.