TENNIS : «Le niveau du tennis algérien n’est guère reluisant»

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Le Dr Mohamed Bouabdallah (président de la FAT) :

«Le niveau du tennis algérien n’est guère reluisant»

Propos recueillis par Amel Bouazza

Rencontré au Tennis Club de Ben Aknoun, à l’occasion de la finale du simple du Tournoi international féminin qui a pris fin samedi dernier, le président de la Fédération algérienne de tennis (FAT), le Dr Mohamed Bouabdallah, nous a accordé un entretien.

 

Le premier responsable de la FAT a abordé de nombreux points inhérents à cette discipline sportive. Il reviendra notamment sur la participation algérienne à ce tournoi, évoquant au passage le forfait de la jeune et prometteuse joueuse de l’Azur Tennis Club (Zéralda), Inès Ibbou, et l’état actuel du tennis algérien.

 

Un commentaire sur le déroulement de ce tournoi ?

Je dirais d’abord que l’organisation du tournoi est parfaite. L’objectif recherché à travers la mise sur pied d’une telle manifestation était de renouer avec l’organisation de compétitions internationales et ainsi de permettre à nos joueuses de se confronter à des joueuses de haut niveau. Nos filles n’ont pas pris part à ce genre de compétitions depuis deux ou trois ans. Nous leur avons donc donné l’opportunité de le faire.

 

A ce propos justement, comment évaluez-vous la prestation de nos joueuses ?

La participation algérienne a été dans l’ensemble correcte. Nous regrettons néanmoins l’absence de la joueuse Inès Ibbou, la gagnante de Tlemcen. Une absence sur décision de son entraîneur qui ne joue pas le jeu avec la Fédération. C’est bien dommage pour la petite car elle aurait pu à l’occasion engranger encore des points pour le classement mondial. Il est pour le moins inadmissible de la retirer de cette compétition sous prétexte qu’elle doit être payée en devises, alors que la loi algérienne est très claire à ce sujet : quand on réside en Algérie, on est payé en monnaie locale. C’est donc un prétexte qui ne tient pas la route, d’autant plus que la joueuse risque d’écoper, malheureusement, d’une sanction de la Fédération internationale de tennis (FIT). C’est une mineure qui est encore dans la catégorie des minimes, et par conséquent, le problème est assez complexe. De plus, son entraîneur n’a pas, à mon sens, toutes les capacités requises pour la faire accéder au plus haut niveau, puisqu’il n’a qu’un diplôme d’initiateur. Il devrait donc la laisser évoluer avec la Fédération et lui permettre de rejoindre une académie de renom, comme nous l’avons proposé au ministère de la Jeunesse et des Sports.

 

Son entraîneur a indiqué à certains médias nationaux qu’il refusait l’idée qu’elle aille rejoindre une académie étrangère. Que peut faire la FAT de son côté ?

Eh bien, s’il refuse d’adhérer au programme de la FAT, il n’a qu’à assumer ses responsabilités. Inès Ibbou est une joueuse talentueuse et nous avons d’autres filles comme elle, dont Linda Benkaddour, une jeune joueuse d’Oran, qui  vient de remporter, début septembre, le Championnat d’Afrique inter zonal des U12 (ndlr : moins de 12 ans). Nous sommes là pour aider toutes les tenniswomen algériennes qui en ont besoin, sans exclusive aucune, je tiens à le préciser.

 

Comment estimez-vous le niveau actuel de la discipline dans notre pays ?

Cela fait cinq mois que je suis à la tête de la Fédération, et je dois dire qu’à mon arrivée, je n’ai pas manqué de constater que le niveau de jeu n’était guère reluisant. Néanmoins, nous sommes en train de tout faire pour améliorer les choses. Pour cela, l’objectif principal ce sont les jeunes catégories, particulièrement les moins de 18 ans.  Nous attendons l’arrivée d’entraîneurs étrangers pour  bientôt, sachant que c’était là le seul moyen à même de nous permettre d’avoir des joueurs de haut niveau. Donc place à la formation, et il faudra attendre au moins quatre années pour avoir des résultats. Je crois sincèrement que la Fédération algérienne est en train d’aller de l’avant même si cela n’est pas si évident que cela.

 

Et qu’en est-il des objectifs de la participation de l’EN aux Jeux de la Solidarité Islamique ?

 

Aux Jeux de la Solidarité Islamique, nous avons préféré faire participer les juniors plutôt que les seniors car, comme je viens de vous l’expliquer, c’est sur cette tranche d’âge que nous axons actuellement tous nos efforts. Cette participation devait donc leur permettre d’évoluer un tant soit peu, d’autant plus que ce sont eux qui nous représentent actuellement en Coupe Davis. Nous avons donc jugé utile de leur accorder cette chance.