TENNIS : Gagnante de l’US Open 2013

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Gagnante de l’US Open 2013

Williams : 17 titres comme… Federer !

En conservant son titre dimanche face à Victoria Azarenka au terme d’une finale de l’US Open haletante, Serena Williams a non seulement décroché sa 5ème victoire à New York, devenant la joueuse la plus âgée de l’ère moderne, 32 ans le 26 septembre, à s’y imposer, portant ainsi son total en Grand Chelem à 17 titres, comme un certain Roger Federer…

 

Une finale haletante. Serena Williams a remporté, dimanche à l’US Open, son 17e titre du Grand Chelem en disposant en finale de Victoria Azarenka 7-5, 6-7(6), 6-1. Une finale passionnante qui a vu l’Américaine mener largement puis se faire rejoindre avant d’avoir le dernier mot après quasiment 3 heures de jeu, plus précisément 2h45, un record à New York.

Un combat féroce ! Les deux meilleures joueuses du monde ont bataillé pendant près de trois heures avant que Serena Williams n’ait enfin le dernier mot. Une numéro 1 mondiale qui, du haut de ses 16 titres du Grand Chelem avant celui-ci, n’en a pas moins débuté la rencontre particulièrement tendue. Dès les premiers échanges, elle se plaint du vent et ne parvient pas immédiatement à donner la pleine mesure de son immense talent.

Pourtant, l’Américaine, qui avait souffert pour battre cette même Victoria Azarenka lors de la finale 2012, ne lâche rien et va finalement réussir à trouver la clé à 4-5. Un jeu de service très long qu’elle finit par remporter et dans la foulée, à la première opportunité, elle prend le service de son adversaire. Un jeu bien négocié plus tard et elle remporte le premier set 7-5. La voilà lancée, d’autant plus qu’elle mène 4-1 double break dans la foulée ! Azarenka est au plus mal, elle ne parvient plus à servir correctement.

 

Un 17e Majeur pour Williams

 

Mais à l’inverse de la saison dernière, quand la Biélorusse avait tremblé au moment de conclure, c’est Serena Williams qui perd soudainement pied ! Cela ne l’empêche pas de mener 5-3 puis 5-4 service à suivre. Azarenka lâche tous ses coups et revient à 5-5 avant de… céder à nouveau son service. L’histoire est presque écrite, une joueuse du calibre de Williams ne peut pas manquer deux fois l’opportunité. Et pourtant, elle sert à 6-5 mais craque à nouveau et se fait même surprendre dans le tie-break (6-8). Elle tourne la page immédiatement. Est c’est bien Serena qui va faire la différence. Un break à 2-1 et cette fois elle s’envole : il n’y a plus qu’une joueuse sur le court. Serena Williams l’emporte finalement 6-1 et fête ce 17e Majeur, comme un certain Roger Federer, en sautant dans tous les sens. L’accolade entre les deux joueuses est pleine de respect. La meilleure joueuse du monde a gagné mais cette finale valait assurément le détour. L'Américaine quitte New York avec un chèque rondelet de 3,6 millions de dollars (2,7 M Eur), devenant la première joueuse à amasser 9 millions de dollars sur une saison. Seuls Federer, Nadal et Djokovic l'ont déjà fait.

 

A un titre d’Evert et Navratilova

 

Serena Williams est décidément inusable ! Quatorze ans après sa première victoire en Grand chelem, lors de l’US Open 1999, l’Américaine a récidivé dimanche, à presque 32 ans, devenant la joueuse la plus âgée à remporter le tournoi new-yorkais depuis que le tennis est passé professionnel, en 1968, et éclipsant au passage l'Australienne Margaret Court, qui avait 31 ans et près de deux mois quand elle a remporté le titre en 1973. Avec 24 titres en Grand chelem, cette dernière reste la reine incontestée en la matière, mais doucement et sûrement, Serena Williams se rapproche du Panthéon du tennis féminin, à seulement un titre de ses compatriotes Chris Evert et Martina Navratilova, qui ont dominé le tennis mondial dans les années 70-80, et cinq de l’Allemande Steffi Graff.

Ce 17e Majeur la met en outre sur un pied d’égalité avec celui qui détient le record de succès en Grand Chelem chez les messieurs, le Suisse Roger Federer, une comparaison que la cadette des sœurs Williams a acceptée avec plaisir dimanche au moment de commenter son nouveau sacre à Flushing Meadows: "C'est un honneur d'être l'égale de Roger. C'est un incroyable compétiteur, c'est bon d'être dans le même cercle. Maintenant, être comparée à 'Chrissie' et Martina (Evert et Navratilova, ndlr), c'est trop tôt, je n’en suis pas encore là. Je ne peux pas encore être comparée à elles, elles sont meilleures." Encore un titre et Williams sera leur égale, le peut-elle encore, elle qui fêtera ses 32 ans le 26 septembre ? A l’en croire, oui: "Je ne me suis jamais sentie aussi bien, je me sens en pleine forme, je peux jouer des tournois comme celui-là, en simple, double, avec des programmations difficiles. Je suis heureuse d’être la première à gagner à cet âge, c’est un honneur, j’ai gagné ce tournoi sur trois décennies, les années 90, 2000 et celle-là."

Des sensations différentes

Interrogée sur les différences de sensations entre sa victoire ici même, à 17 ans, et celle remportée dimanche, l’Américaine a répondu: "C’était fantastique de gagner à 17 ans, mais cette année, pour je ne sais quelle raison, je n’ai jamais pensé perdre ici, je savais que j’allais gagner. Quand j’avais 17 ans, j’ai saisi les opportunités qui se sont présentées ici et là, j’ai fait de bons coups et peu d’erreurs. Là, gagner à mon âge, c’est toujours un grand honneur parce que je ne sais pas si je gagnerai un autre Majeur, même si, bien sûr, j’espère."

Au vu de la saison de l’intéressée, qui en est à neuf titres en 2013, on ne voit pas comment cela pourrait s’arrêter brutalement, d’autant que sa motivation n’a jamais semblé aussi haute, renforcée par le poids de l’histoire: "Vous savez, quand vous essayez d'écrire l'Histoire, ou de rejoindre l'Histoire dans mon cas, cela peut vous rendre plus nerveux. Mais ce trophée signifie beaucoup à mes yeux. Je sens que je me bats pour être au cœur de ce fabuleux sport."

ENCADRE

"Je joue pour l'amour du tennis"

Il ne resterait plus qu’un Grand Chelem réussi sur une année civile pour couronner la fabuleuse carrière de la protégée de Patrick Moratoglou, elle qui tenait particulièrement à boucler sa saison par une victoire à New York, après ses échecs en Australie (quart contre Sloane Stephens) et surtout à Wimbledon (huitième face à Sabine Lisicki).

Avec un chèque, bonus de la tournée américaine compris, de 3,6 millions de dollars (2,7 millions d’euros), ce qui porte son total de gains à plus de 50 millions de dollars, se sent-on mieux ? "Quelqu'un m'a appris que j'avais dépassé les 50 millions de dollars de gains, mais la moitié va à l'Oncle Sam (rires). Je l'adore, je lui donne toujours des sous. Mais je ne joue pas au tennis pour l’argent. Quand j’ai commencé à jouer au tennis à Compton, je n’ai jamais pensé à l’argent, je pensais juste à gagner et je voulais juste faire comme Venus (ndlr : sa sœur aînée). Je joue pour l’amour du tennis, j’adore jouer, j’adore les tournois du Grand Chelem."