TENNIS : A cœur ouvert avec le président de la LOT, et arbitre international

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A cœur ouvert avec le président de la LOT, et arbitre international

Hakim Fateh : «Nous sommes mobilisés pour la relance de la discipline»

 

Le président de la Ligue oranaise de tennis (LOT) et arbitre international Hakim Fateh, qui a eu l’insigne honneur d’officier des matchs du prestigieux tournoi de Roland Garros, estime que la discipline a besoin d’excellentes infrastructures et de moyens conséquents pour concrétiser la relance tant attendue par tout le monde.

 

Invité à nous parler de son programme d’action et de son expérience, qu’il met au service de la relance du tennis algérien, M. Hakim Fateh s’est prêté aimablement au jeu habituel des questions réponses. Ecoutons-le.

 

Tout d’abord, quel bilan faites-vous après près de huit mois à la tête de la LOT ?

 

Effectivement, je suis à la tête de la Ligue oranaise de tennis depuis le mois d’octobre, mais notre travail a réellement débuté à partir de janvier, avec les tournois des vacances scolaires au profit des jeunes catégories. Ce sont là les axes principaux de l’action de la Ligue en vue de la massification de la pratique du tennis et pour attirer le plus grand nombre de jeunes et les pousser à s’affilier dans les associations sportives. L’objectif est également d’inciter les autorités à s’impliquer davantage par des aides conséquentes et pour accompagner la Ligue dans son travail. Le Festival de mini tennis et le Championnat d’Algérie ont été réussis. Je dirais donc que, jusqu’ici, notre bilan est positif.

 

Un commentaire sur les compétions que vous avez organisées depuis votre prise de fonctions ?

 

Ces compétions existaient déjà, et notre politique est de les améliorer pour en faire mettre des compétions de qualité. Les  jeunes doivent avoir des matchs dans les bras d’une manière qualitative. Un jeune athlète a besoin de disputer au moins une cinquantaine de matchs durant  l’année afin qu’il soit au top et compétitif. Pour votre information, la Fédération algérienne de tennis (FAT) a sollicité la Ligue d’Oran pour l’organisation du Festival  national du mini tennis, destiné aux 4-7 ans. Une manière de faire découvrir la discipline aux enfants, avec en parallèle des jeux. Nous avons participé au circuit ITF où certains de nos jeunes athlètes ont réalisé de bons résultats, à l’image de Lynda Benkadour, chez les filles, et Rahim Racim, chez les garçons. En ce qui concerne le Championnat d’Algérie, la LOT s’est adjugé la première place au niveau national. Sur les 12 titres en jeu, Oran en a raflé 5. C’est là le fruit d’un travail collectif, dans lequel les parents jouent un grand rôle.

Un mot sur le Championnat arabe de ce mois d’août, au Maroc ?

 

Suite aux bons résultats réalisés lors du Championnat d’Algérie, la FAT a sélectionné les meilleurs athlètes, ceux qui se sont bien illustrés, pour le Championnat arabe. La Ligue d’Oran pour sa part présentera 7 athlètes de 11-12 ans, puisque cette compétition concerne uniquement cette catégorie d’âge. Cela prouve que la LOT représente un vivier pour le tennis national. On espère réaliser de bons résultats. Depuis la venue du Dr Bouabdallah à la tête de la Fédération, beaucoup de choses se sont améliorées. Mais toujours est-il qu’il faudra l’implication de tous.

Et en ce qui concerne les infrastructures, qu’auriez-vous à dire ?

 

C’est un grand problème qui entrave notre travail. Les infrastructures de la ville d’Oran, qui datent de l’époque coloniale, ne se prêtent plus pour abriter des championnats ou des compétitions, notamment au niveau international. C’est pourquoi on n’arrive plus à organiser le tournoi international junior d’Oran, à l’arrêt depuis 2006, faute d’une infrastructure adéquate et d’une aide des autorités. Il est pour le moins anormal que Tlemcen, qui n’est  pas aussi importante qu’Oran, puisse sauvegarder son tournoi, que ce soit par le biais des sponsors ou grâce aux autorités locales, qui y ont retapé l’infrastructure existante. Certes, l’OPOW et la DJS sont conscients de ce problème et nous ont promis de refaire les terrains et de les doter de matériel, notamment les chaises d’arbitrage, les filets, les poteaux et tout ce qui s’ensuit. Notre souhait est d’attirer l’attention des autorités pour le bien de nos jeunes athlètes, surtout en ce qui concerne l’éclairage, afin de permettre à toute cette jeunesse de se préparer même au-delà de 18h, soit jusqu’à 22h. Les autorités doivent rester à notre écoute afin qu’on puisse organiser notre tournoi international junior, qui est très important pour nous et pour la ville d’Oran.

Et en matière de moyens financiers, vous arrivez à vous en sortir ?

 

Vous soulevez là un problème crucial, sachant que sans moyens financiers adéquats, on ne peut avancer. Or, nos moyens, je le dis, sont dérisoires. Fort heureusement, nous consentons d’énormes efforts en direction des sponsors, et pour la première fois, nous avons pu obtenir des aides de la part de certains d’entre eux, qui nous font confiance, sans oublier des parents d’athlètes qui nous aident aussi. Pour vous dire, certains de ces parents nous ont octroyé 10 millions de centimes chacun, et cela fait vraiment chaud au cœur.

Avez-vous tracé votre programme pour la prochaine saison ?

 

A vrai dire, le programme est tracé à l’année. Pour nous, la saison n’est pas encore terminée. Mais la saison estivale et le ramadan ont ralenti quelque peu notre action. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé à la Fédération de décaler le coup d’envoi des Championnats d’Algérie vers le mois de septembre à l’instar des pays voisins. On nous a promis que notre doléance serait prise en considération à partir de l’année prochaine. Et puis, nous voulons vraiment activer l’interclubs, que nous n’avons plus organisé depuis près d’une vingtaine d’années.

Dans un autre registre, vous avez eu l’insigne honneur d’officier des matchs au tournoi international de Roland Garros. Quels sentiments avez-vous éprouvés ?

 

Bien sûr, on ne peut ressentir que de la fierté à se retrouver parmi les meilleurs arbitres mondiaux pour officier des matchs dans l’une des plus prestigieuses compétions mondiales. C’était un grand honneur pour moi et pour l’Algérie. Ce qui m’a fait chaud au cœur, c’était l’accueil, la considération et le respect envers ma personne de la part des officiels français. Ces derniers, à travers ma participation, m’ont assuré que les portes resteraient ouvertes à nos arbitres pour officier des matchs au niveau international, tout en nous promettant aide et assistance. En somme, ils nous ont fait savoir qu’ils étaient heureux d’avoir eu des Algériens pour officier des matchs.

Quels matchs importants avez-vous officiés ?

J’ai eu l’honneur de diriger, entre autres, deux grands matchs respectivement sur les cours n°1 et Susanne Lenglen, pour la rencontre qui avait mis aux prises l’Américain Isner et l’Allemand  Haas, et celle ayant opposé les deux Espagnols Almagro et Robredo. Et le moins que je puisse dire, c’est que cela m’encourage à aller de l’avant pour honorer les couleurs de mon pays. Sachez aussi que j’ai eu l’occasion d’officier à Wimbledon et que, entre-temps j’avais fait un saut à Marseille pour y arbitrer des matchs lors d’un tournoi international féminin. C’est dire que l’arbitrage algérien a été à l’honneur. Maintenant, mon souhait est de voir un porte-drapeau qui représentera notre pays aux compétitions internationales.

On vous laisse le soin de conclure …

 

Pour booster la discipline, il y a urgence à intégrer d’anciens joueurs dans l’encadrement technique car on a besoin de leur expérience pour la formation. Nous avons aussi besoin de moyens pédagogiques pour effectuer un travail efficace. Je lance donc un appel aux autorités concernées pour une aide conséquente. Je suis persuadé que nos responsables sont disponibles pour nous prêter main forte, et je leur fais confiance. Je remercie vivement les parents des athlètes pour leur implication, ainsi que la DJS et les responsables de l’OPOW. Pour notre part, nous sommes déterminés à œuvrer de manière constante pour la relance de la discipline, et rien ne saurait nous décourager et nous détourner de cet objectif.