TENNIS : Détection de l'EPO à Roland-Garros

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Détection de l'EPO à Roland-Garros

Clerc : "J'imagine qu'on est passé à côté"

Le tennis a pu passer à côté de la vague EPO dans les années 90 faute de détection ciblée, a estimé mercredi dernier Patrice Clerc, ancien directeur du tournoi de Roland-Garros entre 1984 et 2000, qui s'exprimait devant la commission d'enquête du Sénat français sur l'efficacité de la lutte contre le dopage. "C'est un avis personnel. Je pense qu'à l'époque on est passé à côté de la vague EPO qu'on ne connaissait pas. Ce n'est pas quelque chose qui était dans les esprits. Les contrôles étaient purement urinaires", a expliqué celui qui a également été par la suite le PDG d'ASO, organisateur du Tour de France cycliste, de 2000 à 2008.

"Dès 1988, on a mis en place des contrôles dans le tennis. A Roland Garros, des contrôles aléatoires ont d'abord été effectués, puis on les a faits sur les perdants des matches. Puis à un moment, l'ATP a pris la décision avec la fédération internationale de tennis de faire faire les contrôles par une société privée canadienne. On peut toujours soupçonner que les contrôles sont plus faits pour prévenir des dommages qui pourraient être faits par des annonces publiques, que pour réellement être transparent", a-t-il estimé. "On ne trouve que ce qu'on cherche. Mais les intérêts sont tels qu'on n'a pas trop intérêt à ce que les choses sortent", a-t-il ajouté.

"Tout le monde s'est focalisé sur le vélo"

Invité par les sénateurs à préciser sa pensée, Patrice Clerc a ensuite souligné que "tout le monde s'est focalisé sur l'EPO dans le vélo mais à l'époque on ne recherchait pas l'EPO, on ignorait même que ça pouvait être utilisé dans tous les sports. J'imagine qu'on est passé à côté (dans le tennis, ndlr). Je ne vois pas pourquoi dans les années 90 il n'y aurait pas eu des médecins et scientifiques qui n'auraient pas testé l'EPO dans le tennis ? Je me suis souvent posé la question après", a-t-il déclaré.