TENNIS : Masters 1000 de Monte-Carlo

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Masters 1000 de Monte-Carlo

Djokovic fait trembler la terre

 

Il fallait bien le numéro 1 mondial pour dominer Rafael Nadal sur la terre battue. Novak Djokovic a remporté dimanche le Masters 1000 à Monte-Carlo en mettant fin à l'incroyable invincibilité de Rafael Nadal, vainqueur des huit dernières éditions sur le Rocher, avec une victoire 6-2, 7-6 (1).

Une des plus grandes séries de l'histoire du sport prend ainsi fin avec la victoire du N.1 mondial qui ouvre son palmarès sur le Rocher, où il réside, et marque des points dans l'optique de Roland-Garros qui commence dans un mois (21 mai-09 juin). Novak Djokovic est seulement le deuxième joueur à battre Nadal à Monte-Carlo après l'Argentin Guillermo Coria... en 2003 lorsque l'Espagnol était âgé de 16 ans. Depuis, Nadal a croqué tous ses adversaires, remportant 46 victoires de suite dans un tournoi qui, plus encore que Roland-Garros, est devenu son jardin.

Mais cette semaine, le N.5 mondial y a montré des signes de fragilité inédits, que la qualité de Djokovic, en pleine forme après un début de tournoi perturbé par une entorse à la cheville, a mis en évidence. L'octuple tenant du titre a même failli subir l'affront d'une "roue" au premier set de leur 34e duel, débuté avec trois quarts d'heure de retard à cause d'une averse. Djokovic s'est procuré pas moins de cinq balles de gagner la première manche 6-0, un exploit que plus personne n'a réussi face à Nadal sur terre battue depuis Roger Federer en finale du tournoi de Hambourg il y a six ans.

Moins véloce, Nadal a commis le nombre inhabituel de 16 fautes directes rien qu'au premier set, surtout en revers. Lui, qui avait réussi un retour fulgurant sur le circuit en remportant trois tournois sur quatre, a dit tout au long de la semaine avoir "mal un peu partout". Il a réussi à réagir dans la deuxième manche où il a eu par deux fois un break d'avance et servi pour le gain du set à 6-5. Mais Djokovic lui a alors repris son service blanc avant de survoler le tie-break pour devenir le premier à battre Nadal une troisième fois dans une finale sur terre battue, après Rome et Madrid en 2011.

Avec ce 37e titre, le 14e en Masters 1000, Djokovic, 25 ans, a désormais remporté tous les Masters 1000, sauf un, celui de Cincinnati.

 

 

Nadal, la positive attitude

 

Malgré la perte de son titre à Monte-Carlo, Rafael Nadal se veut résolument optimiste. Sur son bilan depuis son retour comme sur sa semaine monégasque. Alors, n'y a-t-il vraiment aucune raison de s'alarmer dans l'optique de Roland-Garros?

Battu par Djokovic (6-2, 7-6), le Majorquin  n’a pas pour autant dramatisé sa défaite : "Ce n'est pas une tragédie non plus (sourire). Cela faisait huit ans que je n'avais pas perdu (dans ce tournoi), c'est quand même quelque chose." Malgré ce revers, l’Espagnol a porté un regard positif sur son retour à la compétition depuis le mois de février devant la presse dimanche après sa finale : "Je suis sur la bonne voie avec cette cinquième finale de suite."

Et il a de quoi, car avec sa troisième place mondiale sur l’année 2013, sans même avoir disputé l’Open d’Australie, "Rafa" effectue effectivement un retour tonitruant sur le circuit ATP (21 victoires – deux défaites) : "Si on m'avait dit ça il y a quatre mois j'aurais pleuré de joie, a déclaré le joueur de Manacor. J'ai tout le temps nécessaire avant Roland-Garros". Et sur ce point, difficile de ne pas être en accord avec lui.

Une semaine sur le Rocher mitigée

Sur son niveau de jeu durant la semaine monégasque, loin de ses plus hautes altitudes, l'Espagnol regarde aussi vers le haut : "Cela a été une semaine positive pour moi alors que je n'avais pas pu bien m'entraîner avant d'arriver ici. Si on parle du jeu, j'étais satisfait de mon tennis aujourd'hui." Malgré ses propos pleins d’espoir, le Majorquin n’a pas été à son meilleur niveau de sa semaine monégasque. En atteste son quart de finale, où il a eu besoin de trois sets pour se débarrasser de Grigor Dimitrov. En demi-finale, Jo-Wilfried Tsonga, pas au meilleur dans son jeu sur terre, a failli également l’emmener dans une troisième manche.

Sans parler de cette finale face au "Djoker", où il a été dominé dans quasiment tous les compartiments du jeu par le récent vainqueur de l’Open d’Australie. Certes, le protégé de Toni Nadal a chuté contre le numéro un mondial. Au-delà de l'absence de neuvième titre consécutif sur le court du Monte-Carlo Country Club, la question est de savoir si la fin de son règne sur les terres monégasques peut déboucher sur la fin d’un autre règne, et sur un tournoi d’une autre dimension : Roland-Garros.

Roland-Garros en ligne de mire

Si la question se pose, c’est que sa semaine monégasque a ouvert la brèche. L’analyse statistique de la finale cristallise ce constat : seulement 31% de points remportés derrière sa seconde balle et surtout un ratio coups gagnants/fautes directes inhabituel chez lui (18/35). Il avait déjà eu ce ratio négatif  en quart de finale face au "mini-Federer" du circuit quelques jours plus tôt. Avec autant de fautes directes, Nadal devient (presque) un joueur comme un autre.  En tout cas, il est plus vulnérable qu'à l'accoutumée.

Toujours en délicatesse avec son genou, le septuple vainqueur de Roland-Garros est confronté à un dilemme, à cinq semaines des Internationaux de France : ménager son physique ou enchaîner les matches pour retrouver son meilleur niveau. La réponse pour la star espagnole semble claire : "J'ai besoin de plus de matches à jouer avec cette intensité tout le temps. Je dois être complètement concentré à chaque instant."  Avant d’ajouter : "Je suis fatigué plus vite qu'avant. J'ai encore besoin de temps. Il m'en reste assez d'ici Roland-Garros".

Nous  verrons dans les semaines à venir si cette "positive attitude" n’est que façade, ou pas… Sa prochaine étape en tout cas sera Barcelone, où il reste sur sept victoires de suite (sans y avoir joué en 2010). Mais Djokovic, lui, n'y sera pas.

 

FORMULE 1-

GP de Bahreïn

Encore une histoire de pneus

 

Le GP de Bahreïn, dimanche en plein désert, remporté par l’Allemand Sebastien Vettel, a encore alimenté la polémique, dans le petit monde de la Formule 1, sur ces pneus Pirelli conçus pour contribuer au spectacle mais qui, selon certains experts ou pilotes retraités, aboutissent parfois à des courses "à la gomme".

Dans la fournaise bahreïnie, par des températures à ne pas mettre un pilote dehors (de 35 à 40°C, dans l'air et sur la piste), les 57 tours de course ont été menés à un train d'enfer et des quantités de dépassements se sont produits, partout sur le circuit de Sakhir, entre des pilotes chauds bouillants comme Sergio Pérez, Lewis Hamilton et consorts.

Sage précaution, Pirelli, fournisseur unique, avait décidé d'apporter à Bahreïn ses deux types de gommes les plus dures, les "Medium" et les "Hard", ce qui a permis à certains pilotes, plus soigneux que leurs camarades, de faire des relais de plus de 20 tours qui leur ont permis de rentrer dans les points sous le drapeau à damier.

Pemier aspect de la polémique: les pilotes de F1 sont-ils sur la piste pour gérer et préserver leurs pneus, comme des pilotes d'endurance capables d'enchaîner cinq relais de 45 minutes, avec le même train de pneus, pour remporter les 24 Heures du Mans ? Ou doivent-ils pouvoir attaquer à fond pendant une heure et demie, avec les pneus les plus performants possible ?

Deuxième volet de la polémique: les meilleurs pilotes sont-ils ceux qui sont capables de préserver leurs gommes tout en attaquant pour remonter au classement, comme l'ont parfaitement fait dimanche les pilotes Lotus, Kimi Räikkönen et Romain Grosjean. Pour Kimi, « Les pneus, c'est un sujet très politique, et je ne pense pas que les gens de Pirelli soient capables de faire plaisir à tout le monde. Il y aura toujours quelqu'un pour se plaindre".