Natation – 14e championnats du monde de Shanghai

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Forfait de Kebbab au 50m NL

Par O. Kama

 

Incompréhensible est le mot qui convient le plus au forfait de Nabil Kebbab à l’épreuve du 50m nage des Mondiaux de natation organisés à Shanghai (Chine).

 

Le forfait de Nabil Kebbab à l’épreuve du 50m nage libre disputée hier à 2h du matin (Heure d’Alger), dans la piscine de Shanghai (Chine) où sont organisés les Mondiaux de natation, est incompréhensible. Engagé avec le temps de 0 :22.93 Kebbab (28 ans) devait concourir au couloir 2 de la 12e série qualificative aux demi-finales. Au premier coup de sifflet de l’arbitre invitant les nageurs à prendre place sur le plot, Nabil pointait aux abonnés absents. A moins d’une blessure ou d’une méforme, on comprend difficilement le geste de Nabil d’autant plus qu’il a fait de cette course depuis fort longtemps une de ces spécialités. On conçoit mal aussi qu’un nageur de sa trempe, champion d’Afrique en titre, déclarer aussi facilement forfait dans un rendez-vous où la crème de la natation mondiale est réunie pour tenter l’impossible, c'est-à-dire gagner et pourquoi pas battre un record du monde. C’est peut-être cet état d’esprit qui manque encore à nos représentants habitués au slogan sans cesse ressassés : « L’essentiel est de participer » et in petto se servir de ces championnats comme préparation aux Jeux africains de Maputo (Mozambique) en septembre prochain. Alors que c’est le contraire qui doit prévaloir !

 

Suivre les traces de Iles

 

Or, il ne faut pas se leurrer. Si la natation algérienne veut avancer, il faut relever sans cesse le challenge des championnats du monde. Ce chemin, Salim Iles, qui l’a déjà emprunté, reste à ce jour le seul nageur algérien à avoir accéder au podium des championnats du monde, en bassin de 25m, certes, mais nettement suffisant pour marquer les esprits et l’histoire de cette discipline dans notre pays. Nous pouvons citer également l’exemple du Tunisien Oussama Mellouli, champion du monde et olympique, ou bien le Kenya, avec les deux frères Jason, David et Dunford, qui tirent à chaque fois leur épingle du jeu dans les rendez-vous mondiaux. Auxquels ils prennent part. Pourtant, ce pays ne dispose pas d’autant de moyens que ceux de l’Algérie, en natation cela s’entend.

Hier matin donc, Nabil dont c’était la dernière chance de figurer parmi les seize meilleurs nageurs au monde dans cette épreuve du sprint, a laissé filer une occasion de s’illustrer à Shanghai. Après ses échecs consommés dans les trois premières épreuves, le 50m et 100m brasse et le 100m NL, Nabil a enregistré le quatrième sans « combattre ».

Son coéquipier, Sofiane Daid (29 ans), relégué au second plan, a pris la même porte de sortie. En effet, Sofiane a été éliminé dans les séries éliminatoires du 200m brasse avec le temps de 2 :18.32.

 

Sahnoune champion d’Algérie, mais absent aux Mondiaux

 

Les résultats de nos deux seuls représentants à Shanghaï, prévisibles du reste, à moins qu’au niveau de l’instance dirigeante de ce sport dans notre pays, on pense le contraire, auraient dû inciter les responsables de la structure fédérale concernée à engager aussi dans ces championnats, quelques espoirs, à l’image de Oussama Sahnoune (19 ans), afin de leur permettre d’acquérir une expérience bénéfique pour la suite de leur carrière. D’ailleurs, lors des derniers championnats d’Algérie disputés à Alger, très peu d’observateurs ont relevé la victoire de Sahnoune au 50m nage libre. Il a battu en finale Kebbab de 24 centièmes (0 :23.03 contre 0 :23.27). Ce qui faisait, indiscutablement, de Oussama, le meilleur nageur algérien dans cette spécialité. Une question vient alors immédiatement à l’esprit : pourquoi ne pas l’avoir engager dans ce cas à ces championnats du monde ? Celui qui fût (Sahnoune) le porte drapeau de l’Algérie aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Singapour, qui ont eu lieu pour la première fois l’an dernier, doit ronger son frein, en attendant des jours meilleurs. Tout comme les nageurs de sa trempe et de son âge, à l’image de Abdelkader Afane, Youghourta Haddad, Abdelghani Nefsi, Anis Baghriche et bien d’autres encore. Pour le moment, tout ce beau monde s’entraîne depuis le 17 juillet écoulé à la piscine du complexe « Mohamed Boudiaf », à Alger, en prévision des Jeux africains programmés à Maputo (Mozambique) du 3 au 18 septembre 2011, des championnats arabes et maghrébins des jeunes attendus respectivement pour la mi- septembre et début novembre 2011. Ce stage, qui a pris fin hier,  reprendra le 4 août prochain.

Résultats des Algériens à Shanghai

Nabil Kebbab

50m brasse      0 :28.25 (26e/50)

100m brasse    1 :04.50 (61e/82)

100m NL        0 :49.85 (33e/106)

50m NL          Forfait

 

Sofiane Daid

200m brasse    2 :18.32 (37e/55)

 

 

 

Ryan Lochte, l'autre Michael Phelps

 

Sous une apparence d'éternel étudiant, l'Américain Ryan Lochte, grand bonhomme des Mondiaux-2011 à Shanghai avec déjà deux titres, masque un caractère de compétiteur féroce, qui en fait le double de Michael Phelps, le seul à pouvoir rivaliser avec lui.

Ce fantasque Floridien de 26 ans, surfeur dans l'âme et passionné de mode, est aussi désinvolte et nonchalant hors de l'eau, que consciencieux et acharné dans les bassins. Il serait considéré comme l'un des plus grands nageurs de l'histoire, si Phelps n'était là pour lui faire ombrage. Pendant longtemps, Lochte, dossiste de talent mais nageur complet avant tout, s'est contenté des accessits, laissant son ami Phelps, l'homme aux 14 médailles d'or olympiques, briller sous les ors de la renommée.

 

Première consécration mondiale à Pékin

 

En 2008, aux Jeux olympiques de Pékin, quand Phelps décrochait ses huit médailles d'or, battant le record de Mark Spitz, Lochte obtenait sa première récompense suprême en individuel sur le 200 m dos. Depuis, il n'a cessé de s'émanciper, gagnant plus de titres internationaux que quiconque.

Quadruple médaillé d'or aux Mondiaux-2009 de Rome, il a déjà à Shanghai devancé deux fois Phelps, sur 200m nage libre et 200m 4 nages. Il est le deuxième, après l'Américain Ian Crocker, à infliger deux défaites en Mondiaux au meilleur nageur de l'histoire. Surtout, jeudi, il est devenu le premier à battre un record du monde en grand bassin depuis la disparition des combinaisons, au 1er janvier 2010, sur 200m 4 nages. « Je voulais faire quelque chose que tout le monde pensait impossible », a-t-il avancé. Il ne pouvait que recevoir le satisfecit de Phelps. « Il a mis bout à bout de petites choses », a estimé celui-ci. « Il a amélioré des tonnes sa technique sous l'eau. Il a gagné en vitesse de base. Il est super concentré maintenant et ça se voit au tableau des résultats ».

Synthèse O.K (source Le Point.fr)