Entretien avec Nabil Kebbab

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Championnats d’Algérie (bassin 25m)

Entretien avec Nabil Kebbab

«Mes résultats et mes rankings mondiaux ne sont pas en adéquation avec ce que je perçois comme aide»

Pour clore les reportages réalisés par Planète Sport à l’occasion des Championnats d’Algérie Open (bassin de 25m), organisés à la piscine «Mohamed Baha» de Bab Ezzouar, du 31 mars au 3 avril, nous soumettons aujourd’hui à nos lecteurs, d’autres impressions et un entretien.

A tout seigneur, tout honneur, nous avons donné la parole à celui qui est considéré actuellement comme étant le chef de file de la natation algérienne, Nabil Kebbab, membre du Club des Champions du Nord (Tizi-Ouzou), et signataire d’une licence au club phocéen du CN Marseille. Un club constellé de vedettes, à l’image de Fabien Gilot, Frédérick Bousquet, William Menard et Grégory Mallet, soit la fine fleur du sprint français. C’est en se confrontant à ces monstres sacrés du sprint mondial, que notre champion, doté de bonnes capacités physiques, a réussi des chronos mondiaux. A titre d’exemple, la saison passée, Nabil a établi un chrono 0 :22.38 au 50m NL et 0 :48.23 au 100m en bassin de 50m. Grâce à ces deux réalisations, il a été classé, respectivement, 86e et 23e aux « Rankings » de la Fédération internationale de natation (FINA). En bassin de 25m, il a occupé le 75e rang avec le chrono de 0 :48.03 au 100m NL. Il est bien évident que ces rankings changent à chaque saison au gré des résultats obtenus par les nageurs. Nabil doit absolument bénéficier de toute l’attention de l’Etat algérien en sa qualité d’athlète d’élite. Tout retard risque de compromettre sérieusement sa saison et donc sa préparation aux JO de 2012 de Londres.

Ta présence au championnat a boosté en quelque sorte les résultats des autres nageurs et nous avons senti que tu prenais un réel plaisir. Un commentaire ?

Pour moi c’est toujours un plaisir de nager en Algérie. J’ai toujours en mémoire l’ambiance exceptionnelle qui a régné lors des Jeux africains d’Alger 2007. Le merveilleux public qui s’était déplacé, à cette occasion, à la piscine du complexe olympiques « Mohamed Boudiaf » était en pleine communion avec les nageurs de l’EN. De nouveau, dans ce championnat d’Algérie, une fois encore le public a joué pleinement son rôle. D’ailleurs les jeunes nageurs l’ont compris. Ils ont tout donné pour rehausser le niveau de cette compétition et le spectacle bien sûr.

Classé parmi les meilleurs nageurs mondiaux, quels sont tes objectifs pour la fin de saison ?

Jusqu’au mois d’août j’essaierai de refaire mes chronos établis avec les combinaisons intégrales, interdites désormais depuis le 1er janvier. Ce qui n’est pas facile du tout, il faut en convenir ! Avec le short, ce n’est vraiment pas le même sport. Mais ceci a le mérite de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. A partir de là donc, je ferai tout mon possible pour figurer parmi les meilleurs dans les rankings de la FINA.

Certains spécialistes, suite à l’interdiction des combinaisons, évoquent la nécessité de développer plus la musculature du nageur. Es- tu de cet avis ?

Je ne partage pas cet avis. Il faut plutôt nager beaucoup plus, donc faire plus de kilomètres.

Par exemple, au sein de mon club, le CN Marseille, nous réalisons un volume plus important. Pour cela nous passons pratiquement la journée à la piscine. S’agissant de la musculation, à mon avis, et les techniciens me comprendront, celle-ci augmente le poids du nageur. Du coup, le risque de diminuer la flottabilité de l’athlète est bien réel.

Ta participation à ce championnat d’Algérie en bassin de 25m ne risque-t-elle pas de te poser problème ? Une méforme, par exemple, au championnat de France qui démarre le 13 avril ?

Non je ne pense pas. Devant le choix de nager avec mes coéquipiers à la Coupe d’Amsterdam et venir en Algérie, je n’ai pas hésité une seconde. Mon coach d’ailleurs n’a soulevé aucun inconvénient. C’est vous dire que tout est planifié. S’agissant du championnat de France, je ferai de mon mieux pour ne pas décevoir mes admirateurs. Pour moi, revoir ma famille, mes amis, mes copains en Algérie, a été un vrai ressourcement et donc un plus pour le mental.

En tant qu’athlète d’élite, reçois-tu les aides nécessaires des pouvoirs publics ?

Je suis tenté de répondre par la négative. Je n’ai pas l’impression que mes résultats et mes rankings mondiaux sont adéquation avec ce que je perçois comme aide. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hachemi Djiar, qui a rehaussé de sa présence le championnat, ainsi que les membres de la Fédération, se sont engagés à revoir mon dossier. Il faut donc leur laisser le temps et ne pas bousculer le système. Sinon, on risque de passer à côté. Il y a du dialogue, de l’évolution dans mon cas, c’est l’essentiel à mes yeux. sculer er le temps  mon dossier. il ration ue le Ministre de la Jeunesse et des Sports qui a réhaussé de sa présenc

On se donne rendez-vous à Dubaï ?

Non. D’abord à Nairobi, au Kenya, pour les championnats d’Afrique des nations où avec mes coéquipiers nous tenterons de gravir les meilleures marches du podium.

Propos recueillis par

O Kama