Rétrospective de la natation algérienne (1ère partie)

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L’utilisation des bassins vue par d’anciens confrères

Le problème récurrent des piscines, et la problématique utilisation des bassins par les clubs, nous ont incité à faire un retour sur le passé. Sous la plume de Mohammed Azzoun, le journal « Algérie Actualités » publiait le 16 juin 1964, un article sur les piscines d’Alger.

A l’époque déjà, malgré le recensement de 11 bassins, les athlètes algérois éprouvaient beaucoup de difficultés à s’entrainer. C’est sous le titre de « Nageur Algérois, où t’entraînes-tu ? Nulle part, les piscines me sont fermées » que notre confrère abordait ce problème en écrivant : « Après trois mois de pleine et fructueuse activité, les nageurs Algérois sont depuis le 31 mai (ndlr, 1964) au repos. Un repos que malheureusement personne n’apprécie. La saison de natation entre dans sa phase décisive et il est navrant que faute de piscines, les nageurs ne puissent s’entraîner. De très importantes compétitions sont inscrites au calendrier […] » plus loin il constatait : « la piscine des Groupes Laïques (ndlr, actuellement Mohamed Ghermoul), la seule climatisée de l’Algérois, a accueilli toutes les sections de natation de la ligue d’Alger qui l’a louée pendant les trois mois de l’entraînement hivernal. Cet entraînement, malgré les difficultés rencontrées notamment le manque d’espace et de temps accordé a donné lieu à d’excellents résultats. Malheureusement depuis le 31 mai, les nageurs n’ont pas pu s’entraîner. Devant l’impossibilité d’activer, la ligue est dans l’attente de la réouverture d’une piscine. Et de conclure : « Il est temps d’agir pour ne pas perdre les fruits durement acquis […].

Le goulot d’étranglement *

Entre temps, les pouvoirs de l’époque ont réalisé de très gros efforts par la construction de plusieurs piscines à travers le territoire national. Alger a bénéficié entre autre de l’ouverture de la piscine du 1er mai et du fleuron des infrastructures algériennes le complexe Olympique (2 bassins) dans les années 70. Pourtant le même constat sera établi quelques années plus tard par un autre ancien confrère, le regretté Mokhtar Chergui. Sous sa plume, on pouvait lire dans le quotidien « El Moudjahid » du 24 décembre 1980, un article avec le titre « Le goulot d’étranglement », ce qui suit : « Nous étions en 1978, les premières statistiques fournies par la direction de la piscine du 1er mai nous forçaient à écrire à maintes reprises que la natation algérienne partant sur des bases solides c'est-à-dire que les écoles de sports étaient en mesure de reprendre leur place au soleil dans un pays qui compte 1.200 km de côtes. »

Tout en faisant connaître ces données, notre  confrère poursuit : « En 1979, une circulaire ministérielle réduisit à 72 puis à 100 (après les démarches des ASP) le nombre total des nageurs d’une ASP (ndlr, Association Sportive de Performance). Les horaires d’entrainements passaient à 12 heures hebdomadairement pour deux couloirs (voire un ?). Les ASP étaient déchargées des écoles de natation qui passaient sous l’égide de … l’OCO, un office de gestion et non un club […]. Les ASP devenaient alors des indésirables, les circulaires de tout genre pleuvaient sur elles. »

Le rôle des ASP se réduit à une peau de chagrin

Et de poursuivre : « Arrive l’année 1980-81. La piscine du 1er mai se vide des ASP. Les adhérents de l’OCO et ses écoles gagnent pratiquement tous les couloirs […] les entraineurs des ASP qui ont pourtant consentis des moyens énormes pour la relance de la natation, sont réduits à entrainer des gosses. On dit même que la JRBMA (ndlr, actuellement ASPTT Alger) a voulu supprimer cette section. Les ASP réagissent, demandent un changement de ces quelques heures (trois séances par semaine !) d’entrainement. La réponse est claire : c’est aux établissements scolaires à modifier leurs horaires !!! Dans ce domaine une autre circulaire (parmi tant d’autres) tombe : il est interdit aux enfants de faire leurs devoirs à la piscine, en attendant les horaires d’entrainements. Et de conclure : « A cause de toutes ces circulaires et tous ces interdits, la natation se meurt, après avoir donné des signes évidents de renouveau. Notre confrère termine ce constat en posant plusieurs questions : « Quelles sont les raisons qui ont conduit les responsables à supprimer les écoles de sport dans les ASP pour les donner à un office de gestion ? Quel est l’objectif de cette multitude de circulaires ? Pourquoi avoir freiné l’évolution des jeunes doués en mesure de fournir une relève certaine ? Pourquoi veut-on transformer la natation en affaire commerciale ? Lorsqu’on trouvera réponse à ces questions, on saura que ce n’est pas pour le bien de la natation. On saura aussi que pour des affaires personnelles, on met un goulot d’étranglement au sport le plus complet. »

Nos nageurs à sec, suite ou fin ?

Nous sommes le 29 octobre 1988, Djaffar Dali du quotidien « Horizon » écrivait alors sous le titre « Nos nageurs à sec, suite ou fin ? » un véritable pamphlet à l’endroit de l’OCO.

Il notait à l’époque : « Le sempiternel problème des fermetures des piscines en période compétitive revient cette saison au premier plan. Dans un article intitulé ‘’nos nageurs à sec’’ nous avions déploré cet état de fait il y a de cela une année (Horizon du 22 octobre 1987). Pensant qu’une solution définitive allait être apportée à la gestion des piscines d’Alger. Problème de chlore par-ci, problème de javel par là, sont les principales entraves à la bonne utilisation des bassins. A la piscine du 1er mai, où s’entraînent nos meilleurs nageurs, le directeur M. Naâmane est catégorique : certaines décisions ne m’incombent pas, c’est la direction de l’OCO qui s’occupe des livraisons des produits nettoyants et des travaux à engager. Anomalies […] les douches et les sanitaires ne fonctionnent pas depuis … 5 ans »

Trois DG et autant de directeurs « consommés » pour rien

Le journaliste poursuit : « Trois directeurs d’unité et trois directeurs généraux de l’OCO sont passés par là, aucun n’a pu ou voulu faire quelque chose pour les centaines de nageurs et nageuses qui utilisent le bassin. » et de compléter : « Pour ce qui est des recettes, l’OCO a un gros tiroir. Les cotisations annuelles des adhérents ont doublé cette année, 800 au lieu de 400 DA la saison passée » et de terminer par cette question : « Encore une fois pour quand le grand nettoyage ? »

La seconde partie de cette rétrospective dans une prochaine édition.

Synthèse O. K.

 

 

*Les intertitres sont de la rédaction

Recensement des piscines d’Alger (année 1964)

Stade du 20 août (ex- Ruisseau)  33m + 50m

Ghermoul   (ex- GLEA)  25m + petit bassin

Chemin Yusuf    (ex- RSTA)         25m

Bab El Oued      (El Kettani)          25m + 50m

El Mouradia       (ex- La Redoute)   25m

Port d’Alger        (RUA)                    25m

Caroubier         (Sonatrach)             25m + 25m

El Harrach        (INA)                      25m

Ben Aknoun     (CREPS)                 25m

 

Directoire de la Fédération algérienne de natation

Démission de Bousmaha

Un membre du directoire de la Fédération algérienne de natation, Yahia Bousmaha, 2e vice-président de l’ancien bureau exécutif élu, présidé par Jawad Larbaoui, nous a contacté hier par téléphone pour nous annoncer sa démission. Selon notre interlocuteur, sa démission est uniquement motivée par des raisons de santé. Nous nous garderons de porter un quelconque jugement sur le départ de ce membre du directoire, et ce, même si çà et là, on murmure que des dissensions seraient apparues depuis quelques temps au sein de