Nouvel entraîneur national (Suite et fin)

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Karoly Von Töros :

« Je prendrai mes fonctions le 2 novembre prochain »

Après les présentations d’usage, ses premières impressions sur son séjour à Alger et ses premiers regards sur la natation algérienne, parues dans la première partie de l’entretien exclusif accordé par Karoly Von Töros, le nouvel entraîneur national de la Fédération, à Planète Sport, dans notre édition du 8 octobre dernier, nous abordons aujourd’hui tous les aspects techniques liés à son programme de travail. 

Concrètement, est-ce que votre contrat a été finalisé avec la FAN ?

Verbalement, oui ! Mais il reste quelques détails à préciser. Nous avons discuté de tous les volets concernant ma prise en charge et bien sûr les conditions d’exercice de ma fonction d’entraîneur national. Auparavant, Je dois régler ma situation administrative avec la Fédération Sud- Africaine et prendre toutes les mesures nécessaires afin de régler ma vie familiale. Si tout va bien, je prendrai mes fonctions le 2 novembre prochain.

Quels seront vos objectifs ?

La priorité sera donnée aux Jeux Olympiques de 2012 de Londres. Il ne nous reste pas beaucoup de temps. Nous aurons à prendre en charge deux groupes d’athlètes, ceux qui sont actuellement établis en France et qu’il ne faut pas perturber dans leur programme de préparation. Je les suivrai personnellement et activement en étroite collaboration avec leurs entraîneurs respectifs. D’ailleurs, le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Hachemi Djiar, a bien attiré mon intention sur ce point. Tandis que le noyau de jeunes espoirs (15 – 16 ans), dont j’aurai la charge, s’attellera lui aussi à préparer l’échéance de 2012. Sans perdre de vue, évidemment, l’autre challenge important, mais à long terme, celui des JO de 2016.

Votre méthode se rapproche-t-elle de l’école américaine ou russe ?

C’est une excellente question ! Du temps de l’apartheid, l’école sud-africaine était à part. A mon arrivée en Afrique du Sud, après l’abolition de toutes les formes ségrégationnistes, j’ai appliqué la méthode hongroise connue à travers le monde entier. Au début, les athlètes ont eu beaucoup de difficultés d’adaptation à cette école faite de discipline et de rigueur à l’entraînement, voire même dans la vie active. Au bout de quatre années de dur labeur, nous sommes parvenus à de très bons résultats à l’échelle continentale et mondiale. Cette dynamique continue de donner des résultats.

Pour vous, quel est le morphotype du nageur africain ?

Je ne peux pas soutenir le fait que l’athlète africain est différent des autres. Par exemple, en Afrique du Sud, on m’a maintes fois déclaré que l’athlète noir ne savait pas nager. Comme je n’ai aucun préjugé sur cette question de race, et encore moins de religion, j’ai fait le pari de former des compétiteurs de couleur. J’en ai eu trois. Le premier à s’illustrer est Nordin Razing vainqueur de la finale du 200m papillon au championnat Sud -Africain en l’an 2000. Tout comme Zaïda Jardin, championne également au 50m brasse et dernièrement Sharon Van Berg championne dans trois épreuves au dernier championnat d’Afrique du Sud. Je suis donc convaincu que ce n’est pas la race qui détermine les prédispositions des nageurs, ce sont les méthodes de travail qui différent. Les épreuves de natation sont tellement nombreuses, qu’il faut à un moment se spécialiser. Les athlètes africains, encore une fois, ne sont pas différents des autres. Ils peuvent concourir sur n’importe quelle distance, à l’image de Ryk Neethling devenu champion olympique au 4x100m nage libre alors qu’il était aligné précédemment au 400m NL. Même pour Oussama Mellouli, le nageur tunisien, spécialiste dans les épreuves de fond, arrivera un jour où il se spécialisera au sprint. 

Votre conclusion ?

En ma qualité d’ancien joueur international en water-polo, j’aimerai aussi connaître le niveau de cette discipline en Algérie. Je dis toujours que si la natation est ma femme, le water-polo est ma maîtresse. Je ne peux pas vivre sans les deux. Aussi, je serai très honoré de prendre en charge votre équipe nationale.

Propos recueillis par

O. Kama