13e édition des championnats du monde

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Tombé de rideau à Rome

Les Mondiaux de Rome, se sont achevés dimanche, avec pour nous un double sentiment de malaise. Le premier est bien évident. C’est la contre-performance de nos représentants éliminés, tous aux séries. L’overdose de records battus avec les combinaisons en polyuréthane, bientôt interdites, en est le second.

A quoi sert maintenant de dresser le bilan de la prestation moyenne des algériens quand tout le monde connaît les raisons des échecs, à commencer par les athlètes eux-mêmes ? Ils auront beau trouver des justifications, les faits sont têtus. Ils remontent aux derniers Jeux olympiques et bien avant. A croire que les leçons de Pékin n’ont pas été retenues. Que dire alors des Jeux méditerranéens de Pescara ?  Et ce n’est certainement pas nos écrits, en particulier celui de l’édition du 28 juillet, qui servira d’alibi pour justifier les résultats de Rome. Car ce serait vraiment tragique pour des compétiteurs habitués aux grands rendez-vous internationaux depuis une décennie, qu’une petite phrase les déstabilise à ce point, sauf si elle est amplifiée dans les coulisses, tel un ballon de baudruche, par des pyromanes de tous bords. Il ne faut pas se voiler la face, actuellement le haut niveau en natation est inaccessible pour nos nageurs. Il serait plus sage pour la nouvelle équipe fédérale, de se pencher sur le développement et la formation, et tirer les leçons des échecs précédents, sans pour cela culpabiliser qui que se soit.

 

Le respect des nageurs

Nous avons toujours respecté les nageurs, les heures passées dans l'eau, dans l'ombre, à compiler des longueurs et des longueurs pour quelques secondes dans la lumière, et pour quelques-uns dans l'histoire … de la natation algérienne. Mais à eux de se remettre en cause. Nul ne doit se reposer sur ses lauriers, en se « berçant » de records d’Algérie obtenus à coup de milliards de centimes, et souvent sans concurrence, car d’autres se sont chargés de faire le vide autour d’eux. Pour les avoir suivis depuis un certain nombre d’années, de jeunes athlètes pétris de qualité sont prêts à prendre la relève. Elle débutera prochainement par les championnats arabes des jeunes prévus à Amman (Jordanie). Plusieurs de leurs camarades, auparavant, ont débuté leur sélection, comme par hasard, au même rendez-vous, l’été 2002. Mais que sont-ils devenus ?  

 

L’échec de la FINA

Quant à la FINA, elle a failli à sa mission. Ses responsables ont mal géré sa crise de croissance. Pour avoir laissé les équipementiers dictés leurs lois en imposant des combinaisons miracles, elle a attendu Rome pour légiférer. Les athlètes avec leur seul talent à l’état pur, auront du mal désormais à gratter quelques centièmes aux nouvelles marques mondiales. Le grand « incendie » de Rome aurait pu être évité si, en amont, la FINA, au lieu de jouer de la flûte, avait fait respecter ses propres règlements concernant les combinaisons de nage. Mais cela est une tout  autre histoire. 

O. Kama