Coupe d’Algérie à Béjaïa

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Les enseignements à tirer

La 22e édition de la Coupe d’Algérie disputée à Béjaïa les 12 et 13 février, a été pour beaucoup de techniciens une épreuve difficile à gérer. Tout d’abord sur le plan technique. En effet, après des mois de disette, consacrés uniquement à la préparation, les athlètes ont été sollicités pour une épreuve collective qui demande une grande concentration et une maîtrise de soi indispensable. La Coupe d’Algérie a ceci de spécifique est qu’elle est régie par des règlements très contraignants. Aucun écart n’est permis, car il se paye cash au niveau de la tablette de cotation. En effet, chaque point distribué vaut son pesant d’or. Toute disqualification pour non-observation des lois ou pour faux départ est immédiatement sanctionnée. Le format même de la compétition a fait que plusieurs compétiteurs vainqueurs dans les petites distances sprint (50m et 100m) ont perdu par la suite de précieux points au 200m et, donc, le programme.

Il aurait fallu, avant d’organiser cette compétition, passer tout d’abord par le Championnat d’Algérie en « petit bain », qui se tient généralement à la fin de l’année (décembre) ou au début (janvier) de la saison en cours. Les entraîneurs auraient pu ainsi corriger d’éventuelles imperfections de leurs poulains avant d’aborder la Coupe d’Algérie.

L’incidence des élections de la FAN

Le renouvellement de l’instance nationale, a été également pour beaucoup dans le faible rendement des athlètes à Béjaïa. Concentrés sur le choix des personnes qui seront appelées à diriger la Fédération algérienne de natation (FAN), beaucoup de techniciens ont oublié leur première vocation, celle d’entraîner les athlètes. Certains parmi ces derniers ont aussi perdu le nord. Tout comme leurs entraîneurs, ils se sont investis dans une opération qui les dépasse en tous points. Il est vrai que les acteurs de cette discipline ont aussi leur mot à dire. Alors à quoi servent leurs dirigeants ?

Par ailleurs, la Ligue d’Alger, en optant pour le report par trois fois de son premier rendez-vous (Grand Prix) du calendrier, a perturbé le rendement des ses licenciés. Le meilleur d’entre eux a effectué au grand maximum quatre départs depuis au moins six mois. Avouez que c’est peu pour prétendre obtenir des chronos intéressants en Coupe d’Algérie. En conjuguant ces multiples impairs, on comprend mieux les résultats de Béjaïa. Retiendra-t-on les leçons à l’avenir ? Il faut le souhaiter.

O. K.

 

Impressions de techniciens…

Afin de connaître leurs avis sur le niveau technique et l’organisation de la Coupe d’Algérie, nous avons sollicité plusieurs techniciens. A l’intention de nos lecteurs, voici ce qu’ils nous ont déclaré.

 

Rachid Lerari, DTS du GS Pétroliers

«Niveau technique moyen»

«Le niveau technique est moyen et il fallait s’y attendre, car c’est le premier départ de la saison à caractère national. Au niveau d’Alger, nous n’avons eu aucune compétition, y compris pour les internationaux. La particularité même de la Coupe d’Algérie n’appelait pas à l’établissement de performances. L’organisation de la compétition laisse à désirer. Personnellement, j’essaie d’expliquer cela par le fait qu’il y a maintenant une nouvelle équipe fédérale. Elle a été probablement prise au dépourvu. Par ailleurs, la Ligue de Béjaïa n’a pas organisé une compétition de cette envergure depuis plusieurs années. Néanmoins, je tiens à remercier toutes les personnes qui se sont investies dans la tenue de cet événement.»  

 

Ali Manssri, Entr. USM Alger

«Cinq mois d’entraînements sans compétition» 

«L’organisation est tout juste moyenne. La piscine n’offre pas les commodités requises pour ce genre d’événements. Les plages sont inondées, il n’y pas assez de places sur les gradins pour contenir les athlètes et le public. Le niveau technique est moyen et c’est la première compétition de l’année, il ne faut pas s’attendre à des merveilles. Cela fait cinq mois que l’on s’entraîne sans aucun départ. Les athlètes se sont lancés dans la compétition sans aucun repère. Je pense que cela s’est reflété sur les chronos.»   

 

Rabah Gacem, Entr. Sahel El-Biar

«Des jeunes porteurs d’espoirs»

«L’organisation est moyenne. Nous sommes installés avec le public, vu l’exiguïté des gradins. Je tiens tout de même à signaler qu’il y a beaucoup d’efforts qui ont été fournis pour la réussite de la compétition. Sur le plan technique, tout ce que je peux retenir est l’émergence de jeunes nageurs porteurs d’espoirs. C’est cela l’essentiel à mon avis.»  

 

Mouloud Bouchendouka, DTS ASPTT Alger

«Des jeunes ont détrôné leurs aînés»

«C’est une assez bonne organisation, mais l’espace réservé aux athlètes est restreint. A la séance de jeudi après-midi, nous sommes restés debout. La Ligue devrait prévoir à l’avenir des gradins amovibles. Le niveau technique est moyen, vu que ce sont les premiers départs de l’année. Toutefois, j’ai retenu quelques chronos intéressants, surtout dans la catégorie jeunes. En particulier, les Constantinois qui ont détrôné leurs aînés en papillon et nage libre.»  

 

Omar Rouabhi, Entr. INFS/Constantine

«Mes nageurs ont obtenu des résultats que je n’attendais pas»

«L’organisation est bonne. Tout s’est déroulé dans de bonnes conditions. Mais à part le retard enregistré lors de la cérémonie d’ouverture, il n’y a rien de particulier à signaler. Sur le plan technique, je suis très satisfait du travail réalisé. Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons dans les entraînements, un seul bassin de 25m, 6 couloirs partagés entre 4 clubs, nous sommes arrivés quand même à tirer notre épingle du jeu. Mon équipe est formée de juniors et de cadets. Ils ont obtenu des résultats, auxquels je ne m’attendais pas. »

 

Anouar Boutbina, Entr. RT Ain Turck

«Mezoudj et Haddad feront parler d’eux»

«L’organisation est un petit peu moyenne. Nous avons eu beaucoup de problèmes dans l’installation des délégations dans les tribunes. L’espace est réduit pour contenir les athlètes et le public. Le niveau technique est tout juste moyen. Je retiendrai tout de même la prestation des nageurs de Constantine, que je voyais venir depuis quelques années. Aujourd’hui, ils ont confirmé tout le travail effectué dans leur club. Mon athlète Zakaria Mezoudj est également à féliciter pour son résultat au 1.500m nage libre. C’est un jeune qui s’entraîne régulièrement en compagnie de son coéquipier Youghourta Haddad. Ils feront parler d’eux dans les prochains rendez-vous.»