KARATE : Médaillé de bonze aux Championnats du monde, en France

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Médaillé de bonze aux Championnats du monde, en France

Walid Bouabaoub : «Mon premier rêve s’est réalisé à Paris-Bercy»

 

Le karatéka du JS Barika, Walid Bouabaoub, a plein de rêves dans la tête. Il nous en parle dans l’entretien qu’il nous a accordé dès son retour de Namibie où il a pris part aux 6èmes Jeux Universitaires Africains (13-22 décembre).

 

Rentré de Namibie, où il a participé aux 6èmes Jeux Universitaires Africains (13-22 décembre) et réussi à décrocher une médaille d’or, Walid Bouabaoub, le sociétaire du JS Barika et médaillé de bronze aux Championnats du monde qui se sont déroulés en France, du 21 au 25 novembre dernier, a tout de suite accepté de  nous accorder cet entretien à travers lequel il nous a livré ses impressions sur sa participation à ce rendez-vous sportif continental, mais aussi comment il a fait ses débuts dans la discipline.

 

Tout d’abord, pourquoi avoir choisi le karaté ?

Mes débuts dans la discipline remontent à l’année 1996. A l’époque,  je m’entraînais à la salle de Stah El Mansoura, à Sidi Mabrouk, à Constantine, avec l’entraîneur Driss Zoher et aussi Skander Thabett. Par la suite, j’ai rejoint le Lycée sportif national de Draria, à Alger, avec les entraîneurs Mehdi Chenafi et Youcef Yassini. J’ai choisi le karaté tout bonnement parce que mes frères en  pratiquaient aussi. Je les suivais tout le temps en effet et restais avec eux lors des entraînements, et c’est ainsi qu’a commencé mon histoire avec le karaté. Actuellement, je suis avec le club du JS Barika, dans la wilaya de Batna, sous la houlette de l’entraîneur Zoubir Hachi et du directeur technique Khaled Merah. Ce dernier m’a d’ailleurs beaucoup motivé et aidé à passer une période très  difficile. Ces deux dernières années, j’étudiais en même temps à la fac de Dély Ibrahim, et je dois dire qu’il m’était particulièrement difficile de concilier le sport et les études, d’autant plus que j’étais seul loin de ma famille et que le soutien de M.Merah m’a beaucoup rassuré.

 

Qu’avez-vous éprouvé lorsque vous avez décroché cette médaille de bronze aux Championnats du monde, en France ?

 

C’était vraiment formidable pour moi, un moment magnifique que je n’oublierai jamais. Vous savez, ce n’est pas aussi évident que ça d’arracher une médaille à Paris Bercy, devant 17 000 spectateurs et face à un Français de surcroît. C’est vraiment la volonté qui m’a permis de me surpasser et de réussir ce résultat.

Vous attendiez-vous à réaliser un tel résultat ?

 

Sincèrement, je m’attendais à décrocher une médaille car j’avais confiance en mes capacités et en l’expérience que j’avais acquise tout au long des compétitions auxquelles j’avais pu participer. Je ne vous cache pas que ce n’était pas très facile car je venais tout juste de sortir d’une blessure. Par conséquent, je n’avais pas pu m’entraîner et me préparer sérieusement avant la compétition. Cependant, je dois dire que notre préparation, mon groupe et moi, avait en fait débuté depuis 2009 avec M.Mekhfi. Dès lors, les staffs technique et médical m’ont beaucoup aidé à me remettre de ma blessure et récupérer afin de pouvoir retourner sur le tatami.

Vous venez tout juste de remporter une médaille d’or aux Jeux Universitaires Africains. Un commentaire ?

 

Effectivement, bien que le niveau ait été moins élevé qu’en France, j’avoue que c’était également une occasion pour moi de confirmer et de faire un bon résultat face à des adversaires qui n’étaient pas des moindres, puisque  j’ai dû notamment affronter un Egyptien de niveau mondial. La confrontation n’a pas été facile mais, encore une fois, ma volonté et ma détermination m’ont permis de me surpasser.

 

A présent, quels sont vos objectifs ?

 

J’avoue que mon premier rêve, je l’ai déjà réalisé à Paris Bercy, avec cette médaille de bronze. Néanmoins, mon vœu le plus cher serait de participer à la Golden Ligue de karaté, mais aussi d’honorer l’Algérie aux Jeux Méditerranéens en 2013, à Mersin (Turquie). J’ambitionne également de décrocher le titre de champion du monde en Allemagne, en 2014. Ce sont là autant de raisons qui me poussent à travailler davantage et à me donner à fond pour pouvoir m’imposer Je suis licencié en sciences commerciales et marketing en 2010, actuellement mon rêve serait de percer dans le domaine du sport. J’effectue par ailleurs une formation au niveau de l’ENS/STS, où je suis actuellement en 3e année. Mes parents me soutiennent beaucoup et m’aident à aller de l’avant.

Le karaté est en voie d’être intégré aux Jeux Olympiques. Nous imaginons que cela fait partie de vos objectifs de décrocher un billet qualificatif pour Rio de Janeiro …

 

Les JO sont le rêve de tout athlète de haut niveau et je suis prêt à me battre pour décrocher une place pour Rio, une fois le karaté intégré. C’est une compétition qui rassemble les ténors de la discipline, mais cela ne m’intimide nullement. Je suis Algérien, et les Algériens sont connus pour leur combativité. D’ailleurs, je suis issu d’une famille de révolutionnaires.

Quels sont vos karatékas préférés ?

J’admire le Français Alexandre Biamonti et l’Iranien Jassem Vishgahi, plusieurs fois champion du monde, ainsi que Raphael Aghyev d’Azerbaïdjan. Bien que ce soit face à lui que j’avais perdu aux Championnats du monde, il reste une légende pour moi. En Algérie, mes modèles sont Réda Benkaddour et Tarek Admane, qui sont mes actuels entraîneurs, et il y en a d’autres encore qui font partie de la génération de 1996. C’étaient d’excellents karatekas même s’ils n’ont pas pu dérocher de médailles aux Championnats du monde, à l’exception de Benkaddour médaillé en 1990.

Mis à part le karaté, quelles sont vos autres passions ?

 

J’adore faire du camping, lire et écouter de la musique. J’aime bien le malouf Constantinois notamment. Normal diriez-vous, puisque je suis originaire de Constantine. J’écoute également d’autres genres musicaux. S’agissant de la lecture, je préfère les livres de sport. Ce sont ceux que je lis le plus. Pour les romans, j’aime bien ceux de Victor Hugo, avec une nette préférence pour Les Misérables.

 

Un mot pour conclure ?

 

Je dédie ma médaille de bronze à la mémoire de mon regretté frère, que j’ai perdu en 2006. Cette médaille coïncide également avec le cinquantenaire  de l’indépendance du pays, elle avait donc un goût spécial et inoubliable. Je profite de l’occasion pour remercier tous ceux qui m’ont soutenu depuis 2009, tous sans exception, que ce soit Aboubaker Mekhfi, le président de la Fédération, les staff technique et médical, qui ont énormément contribué à toutes mes réussites.

ENCADRE

Palmarès

En junior :

- Vice-champion avec les juniors en 2007 aux Championnats arabes en individuel et par équipe.

En senior :

- 3e place par équipe à l’Open du Bosphore (Turquie), en 2009

- 3e par équipe aux Championnats d’Afrique, à Cape Town (Afrique du Sud)

2010 :

Participation aux Championnats du monde en Serbie

2011 :

- 1re place à l’Open du Bosphore

3e aux Jeux Africains de Maputo

3e à l’Open de Paris

- Participation aux Championnat Maghrébins d’Alger, en individuel et par équipe.

 

 

 

 

 

 

 

- En 2012 :

2e place à l’Open de Doha (Qatar), en septembre

- 2e à l’Open de Lille

- 5e à l’Open de Paris

- 5e aux Championnats du monde universitaires, à Bratislava (Slovaquie)

- 3e aux Championnats du monde de Paris Bercy

- 1re place par équipe aux Jeux Africains Universitaires, en Namibie

- 5e aux Championnats Méditerranéens, à Izmir