EQUITATION : Amina Toumi Benyellès (cavalière de l’EN) :

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Amina Toumi Benyellès (cavalière de l’EN) :

«Le seul sport où la femme est l’égale de l’homme»

 

A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la Femme, qui coïncide avec le 8 mars de chaque année, depuis son officialisation par les Nations Unies en 1977, nous avons tenu à rendre  hommage à toutes les femmes algériennes qui ont marqué de leur empreinte la sphère du sport ou encore celles qui tentent de se frayer un chemin et prouver ainsi que le sexe dit faible peut lui aussi s’imposer dans des domaines pendant longtemps exclusivement réservés à la gent masculine.

 

A cet effet, nous sommes allés à la rencontre de Amina Toumi Benyellès, cavalière au sein de l’Equipe nationale et qui avait fait ses débuts avec le club de Bordj El Bahri. Notre interlocutrice est revenue, au cours de l’entretien qu’elle nous a accordé, sur ses débuts dans l’équitation, sans omettre de nous faire part des obstacles que peut rencontrer une femme qui pratique une discipline sportive telle que celle-ci.

 

Quand avez-vous commencé à pratiquer l’équitation ?

J’ai commencé à pratiquer ce sport assez tard, plus précisément à l’âge de 19 ans. Cela fait pratiquement 20 ans que j’en fais. Mon premier club, c’était celui de Bordj El Bahri, et actuellement, je suis au Caroubier d’Alger. J’ai eu l’occasion de participer à plusieurs compétitions avec l’Equipe nationale, que j’ai rejointe en 2007. Je citerais à titre d’exemple le Concours international en Libye, en 2009, les concours internationaux de sauts d’obstacles ainsi que les Championnats d’Algérie organisés annuellement.

 

Pourquoi avoir choisi cette discipline plutôt qu’une autre ?

Je faisais mes études de vétérinaire quand j’ai commencé à pratiquer l’équitation. C’est parce que j’étais très attirée par les animaux, que j’aimais énormément. Je tiens également à préciser que  ce sport est  le seul où l’homme et la femme sont sur le même pied d’égalité, puisqu’ils concourent côte à côte, dans les mêmes épreuves.

 

Comment évaluez-vous la pratique féminine de cette discipline ?

Je pense que c’est très difficile pour une femme car on a tendance à penser que les filles sont peureuses, comparées aux garçons, ce qui est loin d’être une vérité. De plus, il faut dire que ce n’est guère évident quand on est mariée et qu’on doit faire face à des obligations familiales. C’est vraiment compliqué et cela nécessite beaucoup de sacrifices, mais surtout le soutien de toute la famille, qui compte énormément dans ce genre de situations.

 

Quels obstacles peut rencontrer une femme dans la pratique de ce sport ?

Je pense que le plus grand obstacle est celui qui consiste à concilier vie professionnelle et vie familiale. En effet, il n’est pas évident du tout d’être cavalière et de devoir s’occuper de son foyer. Pour cela, je dirais en toute sincérité que  les femmes algériennes sont de véritables championnes. Elles gèrent très bien et elles répondent présent quand il s’agit du sport.

Et qu’en est-il des objectifs que vous ambitionnez d’atteindre ?

Je cours derrière le titre de championne d’Algérie, mais avant cela, je souhaiterais récupérer ma place au sein de l’EN. Il faut savoir en effet qu’après avoir mis au monde mon premier enfant, j’ai dû arrêter. J’estime qu’il encore temps pour moi de faire mes preuves. Le plus important, c’est la détermination et la volonté, et cela peu importe l’âge. Tous les efforts que je fournis le sont en direction de cet objectif. Je  m’entraîne et essaye de donner le meilleur de moi-même pour réaliser ce rêve.

 

Selon vous, que manque-t-il  à l’équitation algérienne pour qu’elle évolue au mieux ?

La discipline n’est pas assez médiatisée. Aussi,  je conseille vivement aux parents de ne pas hésiter une seconde à y inscrire leurs enfants car l’équitation apporte beaucoup à la personne en matière d’épanouissement et de développement de la personnalité. C’est un sport qui aide vraiment à forger le caractère, surtout pour les enfants timides. C’est également un excellent moyen de les motiver afin qu’ils fournissent plus d’efforts à l’école.

 

Avez-vous d’autres passions que le sport ?

Je suis vétérinaire et pratique également d’autres sports tels que la natation ou encore la gymnastique. J’estime en effet que le sport est important aussi bien pour le corps que pour l’esprit.

 

Les JO de Rio-2016 font-ils partie de vos ambitions futures ?

Il est clair que cela fait partie de mes ambitions ainsi que de celles de l’EN. On a une équipe jeune et un nouveau président porteur d’espoir (Mohamed Zoubir Metidji, ndlr). Il ne nous reste donc plus qu’à travailler, et je pense qu’on y arrivera.

 

Y aurait-il une chose qui vous ait marquée tout au long de votre carrière sportive ?

Je pense particulièrement à ma participation au premier Grand Prix en Algérie, en 2008, avec Loustic, un cheval qui était très spécial pour moi,  puisque c’était grâce à lui que j’ai pu décrocher une place en Equipe nationale. Il avait vraiment réussi une très belle performance, qui m’avait d’ailleurs étonnée. Malheureusement, il est décédé et j’avoue que ça m’a vraiment marqué.

 

Un dernier mot pour conclure ?

Je souhaite une bonne fête à toutes les femmes, qui ne devraient pas du tout hésiter à s’adonner à la pratique sportive, que ce soit l’équitation ou une autre discipline. Je considère en effet que c’est un véritable moyen d’épanouissement pour la gent féminine.