Equitation : L’endurance en Algérie

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Constat amer d’une discipline orpheline

En Algérie, la pratique de l’endurance possède de nombreux adeptes mais, malheureusement, sans l’aide de la Fédération équestre algérienne (FEA), elle restera toujours au stade embryonnaire.

 

L’endurance est une discipline dont on ne parle pas beaucoup, ou très peu. Mais, d’abord, pour une meilleure information de nos lecteurs, c’est quoi l’endurance ? « L'endurance est une course de fond pratiquée à cheval et en pleine nature, dans laquelle le but est de parcourir une longue distance : de 20 km à 160 km en une journée, ou 2 x 100 km sur deux jours. Cette course chronométrée doit être réalisée le plus rapidement possible tout en conservant une monture en parfait état de santé. Des contrôles vétérinaires obligatoires sont effectués de façon régulière tout au long du parcours. Ils garantissent la bonne santé du cheval car en cas de doute (épuisement, boiterie, déshydratation…) celui-ci est disqualifié. Tout au long de l'épreuve, l'effort de l'animal doit donc être maîtrisé.

 

Des épreuves agréées par la FEI

L’endurance équestre est l’une des six disciplines équestres mondiales agréées par la Fédération équestre internationale (FEI) et est donc présente aux Jeux équestres mondiaux. Il existe plusieurs types d'épreuves d'endurance qui sont différenciés par le nombre de kilomètres parcourus. La pratique de la discipline est abordable par tout cavalier et tous types de chevaux, mais pour concourir en endurance à partir d'un certain niveau, il est préférable de choisir une monture au type adaptée à la discipline, comme le pur-sang arabe, et de s'équiper d'un matériel spécifique. L'endurance fait aussi l'objet de compétitions officielles internationales dont les épreuves se courent sur les distances maximales. (Source Wikipédia).

 

Pas de calendrier de compétitions

Pratiquée depuis plusieurs années déjà chez nous, l’endurance n’a pas eu pour autant la vraie place qui lui sied. Cette discipline, comme son nom l’indique, consiste donc à parcourir de plus ou moins longues distances à cheval. Les chevaux de prédilection, le pur-sang arabe, l’arabe barbe et le barbe, très résistants, sont recherchés pour leur très bon métabolisme.

Cette discipline permet aussi, et ce n’est pas le moindre de ses charmes, de découvrir de belles régions accessibles seulement à cheval. A part le championnat d’Algérie, qui s’est déroulé à Zéralda l’année dernière, et un simulacre de stage d’endurance à Blida, qui n’a apporté rien de bénéfique au cheval,  ni au cavalier, il n’y a pas de calendrier de compétitions pour cette discipline qui est quelque peu ignorée.

Un sport au placard chez nous

 

Tout le monde sait qu’un cheval d’endurance se prépare durant plusieurs années et pas seulement à l’approche d’un événement important, qui nécessite alors l’attention de tous les responsables. Ce n’est pas de cette manière que cette discipline s’épanouira véritablement dans notre pays. On le voit d’ailleurs à travers les résultats de nos cavaliers dans les épreuves internationales. Un exemple parmi tant d’autres : lors du championnat maghrébin, disputé à Tunis, au mois de mai 2009, les prestations de nos représentants n’ont pas été de celles que l’on classe dans le chapitre des satisfactions. L’endurance algérienne est au placard au grand désespoir de ces adeptes, qui forment un effectif considérable. Tous se demandent ce qu’il en est de cette discipline.

 

Une prise en compte espérée

La discipline de l’endurance sera-t-elle, un jour, prise en compte comme l’avait annoncé dernièrement le président de la Fédération équestre algérienne (FEA), Hassen Bouabid, ou bien continuera-t-elle à survivre au gré des sorties internationales et de l’unique compétition reprise au calendrier annuel, le championnat national. Une épreuve programmée pour le mois de décembre prochain, attendue, comme bien l’on pense, avec une grande impatience ? Mais il ne faut pas perdre de vue qu’une compétition de cette envergure se prépare longtemps à l’avance. S’aventurer sur les distances pratiquées en endurance avec un cheval sortant à peine du pré (et donc non préparé à la compétition) serait le faire inutilement souffrir et parfois le pousser à une mort certaine, comme il nous est, hélas, arrivé de le constater à maintes reprises.

 

Gambader en pleine nature

 

Avec un vice-président de la FEA, Saïd Abdelmoumène, comme directeur du Haras national de Chouchaoua (Tiaret), ne serait-ce pas l’occasion de donner un nouveau souffle à cette discipline qui se meurt chaque jour un peu plus ? La Tunisie, qui vient à peine de démarrer dans l’endurance, est déjà parvenue à un niveau appréciable. Avec la mise en œuvre d’une politique de développement de l’endurance, la Tunisie, le Maroc et la Libye ont compris qu’ils ont plus d’espoirs de figurer dans les concours internationaux d’endurance qu’en saut d’obstacles. En prévision des échéances internationales programmées en Libye pour le mois de février prochain, il serait peut- être temps de ne pas laisser des questions en suspens. Et de sortir de leurs boxes des chevaux qui ne demandent qu’à gambader en pleine nature.

B. W. H.