Equitation - Concours international de saut d’obstacles CSI* d’Alger

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Serge Houtmann (France) :

«Les résultats ne s’obtiennent jamais sur un coup de dés»

Propos recueillis par B. W. H.

Le Concours international de saut d’obstacles CSI* d’Alger, jumelé avec le Championnat Maghrébin, a pris fin dimanche dernier, après trois journées de compétition intense et passionnante.

 

Le nombreux public qui s’est déplacé pour la circonstance, et évidement les cavaliers eux-mêmes, auront constaté que le parcours a été remarquablement tracé par le Français Serge Houtmann, un chef de piste international de renommée mondiale. Il était l’hôte de la Fédération algérienne des sports équestres (FEA) durant le CSI* d’Alger organisé au Centre équestre de la Garde Républicaine du 13 au 16 octobre. Sur le terrain, ses collaborateurs s’affairaient à exécuter le plan du parcours, avec des barres délimitées avec précision.

Nous avons recueilli ses impressions avant la finale du Maghrébin par équipe, qui est revenue à l’Algérie, et celle du CSI*,  remportée par l’Algérien Sid Ali Allali.

 

Vous avez été l’architecte des parcours du CSI* et du Maghrébin. Vous en êtes satisfait ?

Tout à fait. Il est vrai aussi que l’on a tout fait pour me faciliter le travail à Alger. Tout le monde a été coopératif avec moi. Dans ces conditions, le travail d’un chef de piste international est grandement facilité.

 

Vous intervenez dans le monde entier ?

Effectivement. Je suis sollicité à travers le monde entier pour officier lors des grands concours internationaux à une, deux, trois ou quatre étoiles. J’ai une trentaine de compétitions par an à mon programme. C’est harassant mais tellement exaltant quand on aime les sports équestres. .

 

Vous avez déjà officié dans une grande compétition ?

Parfaitement. J’ai eu l’honneur d’être le superviseur de la Coupe du monde qui s’est déroulée en 2005 à Bercy (France). Pour l’ancien cavalier professionnel que je suis, reconverti en chef de piste international, j’ai vécu à cette occasion des moments extraordinaires dans la Coupe du monde 2005. C’est un excellent souvenir comme vous devez vous en doutger.

 

Votre renommée de chef de piste vous a précédé à Alger. Peut-on savoir si vous avez pris en considération les différentes races de chevaux en présence ?

«Dans ce concours international d’Alger, il y a effectivement différentes races de chevaux : des arabes barbes, des anglo-barbes, des demi-sang et même un ou deux pur-sang arabes. Pour ne pénaliser ni l’un ni l’autre, j’ai opté, en ce qui concerne les premières épreuves, pour des parcours ouverts sans contrat de foulée. Par contre, le dernier jour, j’y ai apporté des réajustements. J’ai considéré qu’il fallait un parcours avec 13 efforts et trois lignes techniques, dans lequel le calcul des foulées est déterminant. Je ne tenais absolument pas à léser qui que ce soit. Je crois sincèrement avoir répondu aux attentes de tous les compétiteurs engagés dans le CSI* d’Alger».

 

Il faut dire que la concurrence a été très rude dans cette compétition. Il est vrai aussi que tout le monde voulait gagner. Peut- on vous demander votre appréciation du comportement des cavaliers algériens?

«Je vous répondrai sans aucune tergiversation : Vous avez d’excellents cavaliers. La Fédération équestre algérienne peut compter sur ses éléments. Je parle des cavaliers que j’ai pu voir en action. J’ai trouvé qu’ils montent correctement. Je suis personnellement convaincu, après les trois jours d’épreuves que j’ai pu suivre, que les cavaliers algériens peuvent aller loin. Toutefois, et comme partout ailleurs dans le monde, tout peut dépendre des moyens que l’on met en place pour permettre à un cavalier doué de faire une belle carrière internationale».

 

D’après votre analyse en tant qu’expert, qu’est-ce qui manque à la FEA pour arriver à tourner dans les CSI**  où la hauteur des obstacles est de 1,40 m ?

«Là non plus, il n’y a pas de secrets. Il faut posséder des chevaux de la catégorie deux étoiles. Avec de telles montures, je suis persuadé que les cavaliers algériens seront de redoutables adversaires dans les CSI**. Encore une fois, c’est surtout un problème de moyens que l’on est disposé à mettre en place. Les résultats internationaux ne s’obtiennent pratiquement jamais sur un coup de dés. Ce serait trop facile».