Equitation- CSI de Tripoli - Epreuve du GP El Feth

  • PDF

Brahim Aït Lounis privé d’une victoire certaine

Le concours international de saut d’obstacles, qui s’est déroulé du 17 au 19 septembre courant à l’école nationale de Tripoli, a vu nos cavaliers Brahim Aït Lounis et Sid Ali Allali, montant respectivement Général de Pâque et Illustre, remporter chacun une épreuve. La moisson aurait été sans aucun doute plus fructueuse pour les nôtres si les spectateurs libyens avaient su faire la différence entre un match de football et une compétition équestre. Dans ce sport, c’est comme au tennis : le silence est de mise. Avec  les cris et le bruit, voire le tintamarre, qui se dégageait des tribunes, mais aussi un  public massé autour du périmètre de la carrière, trop près des obstacles, n’importe quel couple (cavalier-cheval), aussi brillant fût-il, ne pouvait terminer un parcours  sans aucune pénalité. Le stress du cheval et la déconcentration du cavalier qui en découlent, sont fatalement synonymes de mauvais score. Brahim Aït Lounis et son cheval Général en savent quelque chose.

Il a été perturbé par le public

 

Le Grand Prix El Feth, comme son nom l’indique, est la  plus importante des six épreuves inscrites au programme de ce CSI *de Tripoli. Avec des hauteurs allant de 1,30 m à 1,40 m et douze efforts lors de la deuxième phase, celle-ci était à la portée de notre cavalier Brahim Aït Lounis, vainqueur de ce même Grand Prix El Feth l’année dernière, à Tripoli. Aït Lounis et le cheval Général, connus  du public libyen, ont tenu en haleine leurs adversaires. Partis favoris (meilleur score dans la première phase : 0 faute), la victoire leur était normalement acquise, si ce n’était le tintamarre assourdissant fait à leur passage par les supporters libyens.

 

Une défaite programmée

Ce qui a d’ailleurs fait dire à Brahim Aït Lounis : «Le public criait tellement fort qu’on se croiyait au stade Tchaker de Blida pour un match de football. Ce genre d’attitude, qui ne s’apparente pas à l’équitation, a été orchestré par les responsables de l’organisation. Ils demandaient le calme au passage de leurs cavaliers mais autorisaient ensuite le public à faire beaucoup de bruit quand venait notre tour de concourir. J’étais le vainqueur potentiel jusqu’au huitième obstacle. Mais avec  les cris des supporters libyens, amplifiés par l’écho des tribunes, il était impossible de terminer le parcours avec zéro faute. Les deux barres touchées m’ont valu 8 points de pénalités. A la fin du concours, après la remise des prix aux lauréats, plusieurs cavaliers et des responsables de la Fédération libyenne, comme pris de remords tout d’un coup, se sont occupés  de mon cheval et moi-même, pour me faire avaler la pilule de ma défaite.»

Pareils incidents, s’ils n’honorent guère leurs instigateurs, ne seraient certainement pas survenus dans le  CSI* de Tripoli si notre délégation était accompagnée par un chef de mission. Le chauvinisme local orchestré pour faire perdre nos cavaliers est à méditer… Nos responsables se doivent de prendre leurs dispositions à l’avenir pour épargner à nos sélections les traquenards extra- sportifs. Ce qui s’est produit à Tripoli peut très bien se répéter ailleurs. L’équipe nationale de football en sait beaucoup sur ce chapitre précisément…

B. W. H.