Portrait d’une jeune cavalière douée

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 La détermination et la passion de Lynda Zerizer

« Le cheval est la plus noble conquête de l’homme », dit le dicton depuis des siècles. Dans l’équitation des temps modernes, on peut ajouter, sans risquer de choquer, le moins du monde, qui que ce soit « et de la femme. » On le constate de plus en plus sur les carrières algériennes où les cavalières dament souvent le pion à leurs adversaires masculins, et ce, le plus sportivement du monde, et même, ce qui ne gâte rien, avec le sourire aux lèvres. Dans les sports équestres, il n’y a pas de guerre des sexes.  Mais ceci dit, et que nous tenions à dire, où plutôt à rappeler, venons- en à notre propos du jour : celui de vous présenter une jeune cavalière du Centre équestre de Bordj El Bahri (CEBH), un club de la région algéroise.

Qui est cette cavalière que nous voulons sortir de l’anonymat, dans le seul but d’attirer l’attention des responsables sur ce talent prometteur ? Tout simplement Linda Zerizer qui commence à pointer le bout de son nez dans les compétitions de jeunes.

A l’âge de neuf ans…

C’est à l’âge de neuf ans, en 2004 pour être plus clair, que la petite Linda Zerizer, ne tenant probablement plus à jouer à la poupée,  s’inscrit au centre équestre de Bordj El Bahri. Comme beaucoup de ses petites camarades, rien ne laissait entrevoir qu’un jour elle serait une cavalière à part entière. Au début de l’aventure, c’est le côté festif qui l’emporte dans le choix de l’enfant. Le cheval n’est pas seulement l’ami de l’homme et de la femme, il est aussi, et surtout, le compagnon préféré des enfants.  Et Lynda ne dérogera pas, pour ainsi dire, à cette règle bien établie dans le cœur des tout petits.

Dès ses débuts dans le sport équestre, Zerizer ne ratera aucune leçon. L’équitation est désormais sa discipline sportive préférée. Allel Kanoun ancien moniteur du club équestre de Bordj El Bahri lui a appris les bases de l’équitation en la faisant tourner à la longe en cercle tout en  l’obligeant à trotter sans étrier durant plusieurs minutes. Exercice très éprouvant pour les débutants. Lynda habite à Dergana, pas très loin du centre, ce qui lui permet de passer plusieurs heures en compagnie de son inséparable monture, devenue un compagnon de jeu adoré. La gamine progresse lentement mais sûrement.

 

Contrôler sa peur

Après un trimestre d’initiation, Zerizer passe au niveau supérieur que les techniciens de ce sport appellent « l’après longe ». C’est un autre Kanoun, moniteur des petites catégories d’âge,  qui l’a prend en charge pour lui apprendre les bases de l’équitation sportive.  Elle commence à contrôler sa peur et à goûter aux sensations fortes du saut d’obstacles. Chafik Kanoun découvre alors chez sa jeune élève, les qualités et le potentiel d’une future cavalière. En suivant assidûment toutes les leçons d’équitation, c’est un passage obligatoire pour celui ou celle qui veut réussir ses examens, Lynda Zerizer obtient, à l’âge de onze ans, et fort logiquement, son premier degré avec une mention flatteuse ; Bien. En laissant parler son amour et son respect pour celui qui vous accepte sur son dos et fera de vous un cavalier doué plus tard, on  ne peut que réussir. A force de travail également, ce qui va de soi, en sport comme dans la vie de tous les jours.

 

Habituée aux compétitions

En prenant la décision d’engager Lynda dans la catégorie des cadets, Chafik Kanoun savait que la petite cavalière avait des chances d’ émerger du lot de ses jeunes adversaires en remportant des épreuves. Résidente à Dergana, Zerizer est maintenant une jeune adolescente de 14 ans habituée aux compétitions. Lorsque la jeune fille est engagée maintenant dans une épreuve, elle y va avec un mental de battante. Elle continue de monter à cheval régulièrement tout en faisant ses devoirs. Avec 18/20 de moyenne générale au collège, elle parvient à concilier, ce qui n’est pas évident pour tout le monde, scolarité et sport. Il est vrai que, c’est très important dans de tels cas, Lynda est soutenue en permanence par ses proches et notamment ses parents. Douée comme elle est, fermement déterminée aussi, elle est prête à franchir tous les obstacles pour assouvir sa passion de l’équitation.

 

Une complicité réciproque

Les vies de Lynda Zerizer et de la jument Lara ont quelque peu fusionné il y’a deux ans. Auparavant, Lynda avait peur de chuter, mais elle sut parfaitement dompter ses craintes. La jument peureuse mais puissante est devenue une partenaire de confiance. Aujourd’hui les deux s’apprivoisent encore mais leur tendre complicité qui croît au fil des jours à porter ses fruits. Lynda n’a plus d’appréhension et Lara a trouvé une amie, une cavalière à laquelle elle fait confiance. La monture apprivoise se laisse guider sans hésitations.

 

A jeune cavalier, vieux cheval !

Lors du concours de saut d’obstacles qui s’est déroulé à Blida le 12 février dernier, Lynda Zerizer montant le vieux Cheval de métier, Acyl, a failli remporter l’épreuve des cadets. En effectuant un parcours presque sans faute si ce n’est la barre du dernier obstacle, à peine effleurée pourtant, qui lui coûta 4 points de pénalités pour manque d’impulsion (pressions des jambes).  Vu son jeune âge,  Lynda Zerizer a encore largement du temps pour travailler les muscles de ses jambes. Un talent naissant, qu’il convient encore de polir davantage, laisse d’ores et déjà apparaître les facettes d’une évidente réussite pour peu qu’on continue à s’intéresser à la formation et la détection des jeunes talents. Et notre cavalière en est assurément un !

B.W.H