MCA : Après le nul ramené de Bangui

  • PDF

Les joueurs mettent davantage de pression sur les dirigeants

Tout le monde au MCA a lancé un ouf de soulagement après le coup de sifflet final de l’arbitre gabonais, mettant fin aux débats entre le Réal de Bangui et le Mouloudia d’Alger dans le cadre du match aller du tour préliminaire de la Ligue des champions africaine.

C’est que tous les Mouloudéens appréhendaient cette sortie, non pas parce que leur équipe allait faire un saut dans l’inconnu, ne connaissant pratiquement rien de l’adversaire, mais parce que les circonstances dans lesquelles s’est déplacé le groupe algérois vers la capitale centrafricaine étaient tout simplement catastrophiques.

Il est vrai qu’au vu du nombre de joueurs ayant répondu présent pour effectuer ce safari, on craignait le pire pour le Doyen. Déjà, le fait de se retrouver avec un seul gardien, le jeune Slimani ayant été bloqué à Alger, poussait tout le monde au MCA à croiser les doigts car une quelconque blessure de Zemamouche allait mettre les Vert et Rouge dans l’embarras.

Heureusement pour le portier international qui a su gérer la partie, se préservant de toute blessure. Certes, il aurait pu garder sa cage vierge jusqu’au coup de sifflet final, dans la mesure où le but égalisateur est intervenu dans les derniers instants de la partie, mais cela n’enlève rien à son mérite.

L’effectif limité avec lequel s’est déplacé le champion d’Algérie en titre vers Bangui n’était pas le seul handicap que les Mouloudéens devaient affronter. En effet, les conditions climatiques régnant à Bangui ont été l’autre source d’inquiétude des Algérois, d’autant qu’ils étaient nombreux dans la bande à Alain Michel à prendre part à une telle expérience pour la première fois.

 

Bouchama et les autres ont su faire la part des choses en Afrique centrale

 

C’est ce qui explique la réaction du staff technique et des joueurs, ainsi que tous leurs accompagnateurs qui ont laissé libre cours à leur joie à la fin du match. Il est vrai que les Mouloudéens auraient pu revenu avec le gain du match, d’autant que le but égalisateur des locaux étaient intervenu dans les ultimes instants de la rencontre, mais il ne faut pas faire la fine bouche. Ce nul permet aux Algérois d’entamer leur grande aventure continentale sur les chapeaux de roues. Les supporters du Doyen espèrent que ce bon début sera un véritable stimulant pour se ressaisir lors de la seconde phase de la compétition, eux qui ont déçu plus d’un depuis le début de cet exercice. Cela reste, cependant, tributaire de l’évolution de la situation financière du club car le nerf de la guerre demeure la principale source des problèmes de la formation phare de la capitale.

W. S.

Alain Michel : «Mes joueurs étaient de véritables guerriers»

Lorsqu’on a eu Alain Michel au téléphone dans la soirée de dimanche, c'est-à-dire quelques heures après la première sortie africaine de son équipe, il se préparait à quitter, avec son groupe, le sol centrafricain pour se rendre à Tripoli. Comme à son habitude, il s’est montré disponible pour répondre à nos questions.

Tous les supporters du Mouloudia à Alger ont ce sentiment d’inachevé suite au nul qui a sanctionné les débats de votre équipe à Bangui. Est-ce le même sentiment chez vous ?

Quand on constate que l’adversaire a égalisé dans les derniers instants de la partie, on a ce sentiment-là, mais au vu des conditions dans lesquelles s’est déroulée la partie, je peux vous dire que nous avons réalisé une bonne affaire. Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons joué à une heure très difficile : il faisait très chaud et le taux d’humidité très élevé. Heureusement que nous nous avions marqué un but en première mi-temps. On était exposés en plus à des orages, très fréquents vers les coups de 16h. Cela a été le cas aussi lors de ce match puisque on avait fait face à une véritable tempête dans les dernières vingt minutes du match, d’où le but égalisateur.

 

Avant le match, tout le monde craignait l’hostilité du public local. Comment l’avez-vous trouvé finalement ?

Les supporters du Réal de Bangui ont été sportifs. Il est vrai qu’ils ont tenté de faire pression sur nous, mais tout est resté dans le cadre sportif. C’était une belle expérience pour nos joueurs, dont la plupart ont joué dans de pareilles conditions pour la première fois de leur carrière.

 

Avant de vous rendre à Bangui, vous n’aviez pas d’informations sur votre adversaire. Comment le jugez-vous maintenant ?

C’est une équipe moyenne, même si elle recèle en son sein un bon nombre de joueurs internationaux. A vrai dire, leur principal atout, c’est la rapidité dans l’exécution des contres. C’est pratiquement le point fort des joueurs centrafricains, que ce soit au sein de la sélection ou des clubs. Lors de la réunion technique que nous avons tenue avant de nous rendre au stade, j’ai demandé à mes joueurs de rester vigilants.

 

On craignait aussi de voir les joueurs flancher sur le plan physique, notamment en seconde période, comme cela a été le cas pour la sélection algérienne. Comment avez-vous trouvé leur réaction ?

Franchement, sur ce plan, je n’avais pas vraiment beaucoup d’appréhensions, pour la simple raison que j’étais convaincu que mes joueurs étaient bien préparés. C’est ce qui m’a plu le plus chez eux, ils étaient animés d’une grande détermination pour réussir un bon coup. En dépit de tous les problèmes extra sportifs qu’ils avaient rencontrés avant de venir ici, je fais allusion aux problèmes financiers, ils ont su en faire abstraction et se concentrer uniquement sur le match. Ils étaient tout simplement de véritables guerriers sur le terrain.

 

Avec ce nul, peut-on dire que le MCA a déjà un pied au prochain tour ?

Il ne faut pas aller trop vite en besogne. Certes, ce nul conforte nos chances dans la qualification au prochain tour, mais ce serait une grave erreur de penser qu’on est déjà passés. Il faut respecter l’adversaire. Le plus important, c’est d’avoir marqué un but, ce qui veut dire qu’un nul vierge fera nos affaire lors de la seconde manche, exactement comme cela a été le cas lors du match retour contre l’Ittihad de Tripoli dans le cadre de la Coupe de l’UNAF. Mais cela ne veut nullement dire que nous nous contenterons du nul.

 

En parlant de la Coupe de l’UNAF, pensez-vous que vos joueurs ont tiré profit de cette épreuve ?

Nous avions disputé quatre matches dans cette épreuve, tous très bénéfiques. La preuve, la manière avec laquelle mes joueurs ont géré ce match de Bangui.

 

Vous allez effectuer un nouveau stage en Espagne.

Il sera bénéfique pour l’équipe. On récupérera les joueurs blessés, à l’image d’Amroun et Bedbouda. Ce sera aussi une aubaine pour les nouvelles recrues de travailler leur cohésion avec le groupe.

Propos recueillis par W. S.