JSK : Carnet de bord d’un voyage à «haut risque»

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(De notre envoyé spécial du Caire, M. Maz)

Nous sommes le mercredi 25 août. Il est 7h30 quand nous arrivons à l’aéroport international Houari-Boumediène d’Alger. Notre mission consiste à couvrir le voyage à «haut risque» de la JS Kabylie, notre représentant en Ligue des champions africaine, en Egypte pour y affronter Al Ahly du Caire. Ce jour-là, il y avait foule à la nouvelle aérogare d’Alger, chose qui nous a surpris d’autant plus que nous sommes en plein mois de ramadan où l’affluence devait être faible. A 7h45, un groupe de joueurs de la JSK a déjà rempli les formalités d’enregistrement c’était le groupe d’Alger. Une demi-heure plus tard les joueurs habitant Tizi-Ouzou rejoignent leurs coéquipiers. Le président de la section football de la JSK, Doudène, invitera ses salariés à remplir les fiches de police pour passer à la salle d’embarquement. Et là, une chose attire notre attention. Comment se fait-il, nous sommes-nous demandé, qu’une équipe qui allait représenter l’Algérie dans une compétition officielle ne soit pas traitée comme il se devait par les autorités aéroportuaires ? Les joueurs se sont en effet, retrouvés à faire la queue pour passer la PAF et l’attente fut tellement longue qu’un dirigeant de la JSK alla protester auprès d’un responsable de la police portuaire. Ouf, la délégation est invitée par le commissaire de la PAF à passer prioritairement. A la salle d’embarquement, tout le monde attend l’annonce de départ pour le Caire.

 

Décollage à 10h30

Le vol était prévu à 9h30. Entre-temps les joueurs de la JSK se sont partagés par groupuscules. Le président du club kabyle, Hannachi, fait le point avec les dirigeants. Il est 10h15, lorsque nous sommes invités à rejoindre l’appareil, un Boeing 737-600, devant nous transporter au Caire. Mohand Cherif Hannachi et le coach de la JSK prennent place en classe affaire, les joueurs pour leur part s’installent selon leurs numéros. Pour notre part, c’est à l’arrière de l’appareil que nous prenons place entre deux… Egyptiens travaillant pour le groupe Orascom, l’un s’appelant Hazem et l’autre Azem. C’est à 10h30 que le commandant de bord procède au décollage tout en s’excusant du retard. L’avion prend de l’altitude et se stabilise. Nous en profitons pour prendre des photos des joueurs de la JSK. La plupart d’entre eux se jettent dans les bras de morphée. D’autres sortaient leur PC pour passer le temps, l’arrivée au Caire étant prévue à 14 heures, soit 3 heures et 40 minutes de vol. Nous reprenons notre place et nous entamons une discussion avec les deux passagers égyptiens. Bien sûr, le sujet a tourné autour du match JSK - Al Ahly. Ironie du sort, Hazem, tout comme Azem, sont tous les deux supporters d’Al Ahly du Caire. Au fil du dialogue, nous fûmes très surpris par le langage de nos deux personnages. En effet, tout en souhaitant que leur équipe favorite gagne, et c’est tout à fait normal, ils ont souhaité de tout leur cœur que les relations entre l’Algérie et l’Egypte redeviennent comme avant ou mieux. Ils étaient très sûrs que la délégation de la JSK allait être bien accueillie à son arrivée à l’aéroport international du Caire.

 

Séance de visionnage de Geiger… en plein ciel

Nous traversons l’espace aérien tunisien après 1 heure de vol. Alors que le président de la JSK, Mohand Cherif Hannachi, s’est endormi, l’entraîneur suisse, Alain Geiger, lui, visionne le match aller JSK-Al Ahly sur son PC. Yahia Cherif, Tedjar et Saïdi se lèvent de leur place et rejoignent le compartiment clase affaire pour voir avec leur coach ledit match avec l’accord d’un des deux sympathiques stewards d’Air Algérie. Après 2 heures et 40 minutes de vol, nous sommes au-dessus du désert libyen (c’est l’un des deux stewards qui nous en informe, ayant l’habitude de faire cette ligne Alger – Le Caire) Ce sont les va-et-vient dans l’avion, on échange les journaux, on change même de compagnie. Ainsi, Younès, la nouvelle recrue kabyle, nous rejoints. Nous entamons une discutons avec lui. L’un des stewards s’invite à nous. Il souhaite à Younès la victoire de la JSK en lui disant : «Je suis un supporter acharné du NA Hussein Dey, mais contre les Egyptiens, je serai avec la JSK. Il faut battre cette équipe d’Al Ahly pour prouver aux Egyptiens que l’Algérie est sa bête noire». L’ancien joueur du CR Belouizdad qui s’est déplacé en Egypte rien que pour apporter un soutien psychologique à ses coéquipiers dira au steward que la JSK ira en Egypte pour gagner. Alors que le commandant de bord annonce aux passagers qu’il allait procéder à l’atterrissage, certains joueurs et journalistes échangent leurs avis sur l’accueil que va réserver Al Ahly à la délégation de la JSK. Entre-temps, 20 minutes après l’annonce de l’atterrissage, l’avion d’Air Algérie bouge beaucoup au point de faire peur à certains passagers. Une dame qui avait fait le voyage avec sa petite-fille a piqué une peur bleue. Il aura fallu qu’un steward vienne la rassurer pour qu’elle reprenne ses esprits.

 

3h45 de vol, atterrissage au Caire

Enfin, l’appareil de notre compagnie nationale se pose sur le tarmac de l’ancien aéroport du Caire après 3 heures et 45 minutes de vol. A notre descente de l’avion, nous apercevons un dispositif sécuritaire inouï, on dirait que c’était un président de la République qui arrivait. Le chargé du protocole à l’ambassadeur d’Algérie en Egypte, Mecheri, était à l’accueil de la délégation algérienne avec une panoplie de dirigeants d’Al Ahly emmenés par le président du club, Hassen Hamdi. Ce dernier remettra au président de la JSK un bouquet de fleurs en présence des caméras de télévisions (Nile TV, Al Jazeera Sport, Dream, Al Arabia, Al Hayat, Al Masria, Al Ahly TV et bien d’autres) et des journalistes de la presse écrite. Mohand Cherif Hannachi est invité à rejoindre le salon d’honneur sous une importante escorte policière. Le reste de la délégation est au hall des arrivés. Mecheri de l’ambassade d’Algérie en Egypte récupère tous les passeports (joueurs, dirigeants et journalistes) et les remet à un responsable de la police. En un temps record, les formalités d’entrée au territoire égyptien sont faites. Entre-temps les journalistes algériens sont sollicités pour livrer leurs premières impressions sur l’accueil réservé aux Kabyles par les Egyptiens. Planète Sport a pour sa part été interviewé. Nous nous sommes contentés du minium en disant que l’accueil était chaleureux et que nous espérons que les choses reprennent leur cours normal.

 

Direction Le Méridien

La JSK est installée dans un luxueux bus pour rejoindre ses quartiers généraux, à savoir l’hôtel Le Meridien. Incroyable mais vrai, tout le parcours était bondé de policiers, «Amn Edaoula» (services de renseignements égyptiens). Le cortège était quant à lui constitué de fourgons blindés, de 4X4 et de motocycles. Tous les dix mètres  un policier est posté. A son arrivée à l’hôtel Le Meridien la JSK bénéficie de tout un étage. La direction du Ahly lui avait réservé tout un compartiment, bien sûr. Des policiers sont chargés de la sécurité des membres de la délégation. Pour notre part, nous avons dû attendre, en compagnie d’autres journalistes, nos bagages pour pouvoir rejoindre un hôtel. M. Mecheri de notre ambassade nous est d’un grand apport, il négocie pour nous avec le directeur de l’hôtel français Le Meridien. Nous seommes ainsi installés au 8e étage, habituellement réservé aux hommes d’affaires. Par devoir de vérité, il faut reconnaître que l’accueil qu’ont réservé les Egyptiens à la JSK a été excellent à tout point de vue. Reste maintenant à savoir ce qu’il en sera le jour du match. This is the question.

M. Maz