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La saga Madjer, suite et pas fin

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Retour sur le parcours mouvementé d’un coach

La saga Madjer, suite et pas fin

 

C’est bien connu, tout le monde a droit à une deuxième chance dans la vie. Rabah Madjer aura même droit à une troisième à la tête de la sélection algérienne de football.

Joueur emblématique au parcours fascinant, l’ancien sociétaire du FC Porto a eu une carrière nettement moins brillante sur le banc de touche. Désigné sélectionneur de l’Algérie à trois reprises et intronisé à chaque fois dans des conditions étranges, l’homme à la Talonnade aura cette fois l’occasion d’effacer ses précédents échecs à la tête des Verts. Une occasion inouïe de prouver qu’il est l’homme providentiel du football algérien ou de se taire à tout jamais. Bilan complet de Madjer le sélectionneur en 3 actes.

Joueur au parcours brillant et capitaine emblématique de l’Algérie qu’il emmènera au sacre africain à Alger en 1990, Rabah Madjer a toujours suscité l’admiration ou l’exaspération de ses compatriotes. Si son talent de joueur est indiscutable, son caractère égocentrique a toujours agacé. Après la mise à l’écart brutale de Lakhdar Belloumi de l’Equipe nationale à quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations à Alger, Rabah Madjer prend les pleins pouvoirs sur le terrain et en dehors. Quasiment adjoint du sélectionneur Abdelhamid Kermali pendant la CAN 1990, Rabah Madjer décide de tout et envisage même de prendre le poste de sélectionneur dès la fin de sa carrière de joueur programmée avec le FC Porto. Après quelques mois de tergiversations, Madjer reprendra finalement sa carrière de joueur entre 1991 et 1992, pour effectuer une dernière pige au Qatar, du côté d’Al Rayyan Club. Il terminera ainsi sa carrière de footballeur au palmarès éloquent à 34 ans, après la CAN 1992 au Sénégal et la débâcle de Ziguinchor. Un douloureux souvenir pour le football algérien, avec une sortie prématurée au premier tour.

 

1994-95 : un premier passage complètement raté !

Un mois après l’humiliation de Ziguinchor, la FAF annonce la désignation à la tête des Verts du tandem Ighil – Mehdaoui, tous deux entraîneurs en exercice du NA Hussein Dey et de l’USM El Harrach. Le plus charismatique étant un certain Méziane Ighil, ancien international rugueux au poste de latéral gauche. Leur mission est de rebâtir une équipe compétitive et d’avenir pour qualifier l’Algérie à la Coupe d’Afrique des nations en Tunisie et la Coupe du Monde aux États-Unis en 1994. Au terme d’un calendrier démentiel avec un système de qualification grotesque de la CAF, l’Algérie est vraiment proche de se qualifier aux deux évènements en atteignant le dernier tour des qualifications au Mondial face au Nigeria et la Côte-d’Ivoire. Miné par des problèmes et un contexte hostile en Algérie, le duo Ighil-Mehdaoui est emporté par un scandale hors du commun. C’est la fameuse affaire Karouf (un joueur aligné lors d’un match face au Sénégal alors qu’il était suspendu). L’Algérie est disqualifiée de la CAN 1994 et la traversée du désert s’annonce compliquée pour la nouvelle génération talentueuse emmenée par Tasfaout, Dziri et Meftah.

C’est dans ce contexte chaotique et après un changement à la tête de la FAF, avec l’arrivée confuse de Mouldi Aïssaoui, que Rabah Madjer est nommé sélectionneur national en décembre 1993, quelques jours avant qu’il ne fête ses 35 ans, devenant ainsi le plus jeune sélectionneur de l’histoire du football algérien. Sa désignation est globalement bien accueillie par l’opinion publique tant l’aura du joueur est encore importante. Sans aucun diplôme mais avec un carnet d’adresses intéressant, Madjer dirige la sélection (35e au classement FIFA) avec les moyens que lui offre la Fédération, c’est-à-èdire pas grand-chose. En effet, à cette période le football algérien traverse une grave crise financière et la FAF n’a pas d’argent pour programmer des matchs internationaux, d’autant que la sélection est suspendue pour la CAN en Tunisie. Alors que le premier match officiel est programmé pour septembre 1994, Madjer a 8 mois pour préparer sa première sortie. Durant l’été, il emmène ainsi sa troupe à Valence et Porto pour donner la réplique en amical à ses anciens clubs. Aussi, Madjer prend contact avec les joueurs professionnels qu’il entend intégrer dans son projet. Kader Ferhaoui, Lyazid Sandjak et Hakim Meddane sont de la partie, tout comme Djamel Menad, rentré au bercail à la JSK.

Malheureusement pour le jeune sélectionneur Madjer, les résultats sont décevants. Un triste 0-0 face à l’Ethiopie pour commencer et un pauvre 1-1 à domicile face à l’Ouganda pour terminer. Entre-temps l’Algérie, battue 2-0 sur le terrain en Ouganda, doit recourir à des réserves techniques pour empocher les précieux points de la victoire. Le discours de Madjer avec son groupe ne passe pas. Ce dernier déclare ne rien comprendre au comportement de ses joueurs. Il pense ainsi à quitter son poste puis se ravise. Convoqué par le Bureau Fédéral, qui souhaite l’entendre seul, Madjer se présente avec ses deux assistants. Point de réunion, point de compte rendu à l’instance exécutive de la Fédération. Le jour-même, un communiqué laconique annonce qu’il est mis fin aux fonctions de Madjer «pour insuffisance de résultats». Il sera remplacé par Ali Fergani alors que l’Algérie, qui a perdu 22 places au classement FIFA, n’est pas encore mathématiquement qualifiée pour la CAN 1996.

Bilan 1994-95 : 9 matchs (dont 8 officiels), 2 victoires, 4 nuls, 3 défaites

 

1999 : Madjer déchire son contrat en direct à la TV !

Après cette expérience amère, Madjer retournera au Portugal pour entraîner les jeunes du FC Porto, avant de connaître une expérience positive du côté d’El Wakrah, au Qatar. Engagé pour la saison 1998-99, il remporte le titre de Champion, ce qui le positionne comme un candidat crédible pour reprendre la sélection algérienne qui souffre d’une instabilité chronique au niveau de sa barre technique. Après Fergani, limogé en 1996, se succèdent tour à tour le trio Kermali - Zouba - Henkouche puis Mehdaoui en solo, avant qu’Ighil ne fasse également son retour aux côtés du Roumain Marcel Piguléa. Dans ce tourbillon, Rabah Saâdane assure ensuite l’intérim aux côtés de Boualem Charef, qui assure tant bien que mal la qualification à la CAN 2000 avec des victoires probantes face au Liberia (4-1) et l’Ouganda (2-0).

En coulisse, Madjer, désormais plus expérimenté, veut sa revanche et prépare son retour aux commandes durant l’été 1999, alors que Charef est en poste. Dans une incompréhension générale, Rabah Madjer est désigné sélectionneur national par un comité provisoire qui dirige la FAF et restera en poste 3 mois sans pouvoir entamer son travail. Fort d’un contrat de 3 ans sans aucun objectif précis assigné, Madjer est surtout assuré par une étonnante clause de toucher l’intégralité de ses salaires même en cas d’éviction pour mauvais résultats. Inconcevable pour le Ministre de l’époque et le pragmatique Saïd Amara tout juste intronisé DTN. Au terme d’un bras de fer avec le ministre de tutelle Aziz Derouaz, l’icône Madjer préfère s’éclipser en signant son départ d’une sortie médiatique fracassante. Devant des millions de téléspectateurs, il déchire son contrat en direct à la télévision. Un fait qui restera incontestablement dans les annales, avec un vrai-faux retour.

2001-2002 : énième échec et clash avec Raouraoua.

Jamais deux sans trois

Deux ans après le sketch de sa démission à la TV, Rabah Madjer reviendra sur le devant de la scène après la piteuse élimination de l’Algérie à la course au Mondial 2002. Une pléiade de coachs se sont succédé à la tête des Verts avec le trio Sandjak - Djadaoui - Hamimi lors de la CAN 2000, puis Djadaoui seul aux commandes et pour finir les pompiers de service Zouba - Kermali. L’ambiance au sein de la Fédération est délétère, avec des conflits énormes et une fin de règne difficile d’Omar Kezzal. Durant l’été 2001, en guise de cadeau empoisonné à ses successeurs qui obtiendront finalement sa tête, Kezzal offre la sélection nationale à Rabah Madjer, son protégé. Arrivé au pouvoir, Raouraoua et son équipe voient d’un mauvais œil cet entraîneur non diplômé, trop bavard et qui n’a jamais rien prouvé. Il est ainsi attendu au tournant.

Sur le terrain, Madjer relève quand même un sacré défi. Une équipe décimée et un match amical historique à l’horizon face à la grande Équipe de France, championne du monde et championne d’Europe en titre. Un match houleux au Stade de France et qui restera tristement dans les annales avec une défaite 4-1 et la rencontre arrêtée à la 76e minute de jeu après l’envahissement de terrain. Accompagné de son adjoint Tedj Bensaoula, Madjer va continuer à diriger la sélection en promettant des changements après la CAN 2002 qui se profile à l’horizon et dont la qualification a été obtenue par son prédécesseur. Au lieu de rajeunir son effectif pour préparer l’avenir, Madjer fait dans le social en voulant remercier des anciens et en effectuant des choix finalement incohérents. Son management laisse à désirer et les résultats ne suivent pas lors d’une phase finale catastrophique au Mali : deux défaites face au Nigeria (0-1) et au Mali (0-2) et un nul contre le Liberia (2-2) synonymes d’élimination dès le premier tour. Cette compétition traumatisante marquera le départ définitif d’Abdelhafid Tasfaout (sorti sur civière) et Mahieddine Meftah.

En disgrâce avec la FAF, Madjer sait que ses jours sont comptés. Il dispute en mai 2002 son dernier match lors d’un amical face à la Belgique où il aligne une formation ultra-défensive, avec seulement 2 joueurs offensifs dans le onze de départ (Akrour et Saïfi). Un 0-0 séduisant à Bruxelles face à une sélection belge qui battra la France en amical quelques jours plus tard à Saint-Denis (1-2). C’est sur ce match «référence», le 400e de l’histoire de l’EN, que Madjer termine son aventure. Vraie ou fausse, la déclaration de Madjer à la presse belge qualifiant les responsables de la FAF d’incompétents n’est pas du goût de Mohamed Raouraoua, qui le limoge brutalement et sans dédommagement.

Traumatisé et jamais remis de cette humiliation, Rabah Madjer retournera au Qatar en décembre 2005 pour succéder à Luis Fernandez à Al Rayyan. L’expérience est un échec cuisant puisqu’il sera limogé quelques mois plus tard pour mauvais résultats. Il range alors son imperméable d’entraîneur hérité d’Arthur Jorge pour devenir consultant TV où il ne cesse de dénigrer la politique des joueurs binationaux de la FAF et les sélectionneurs qui se succèdent en Équipe nationale. Le 18 octobre 2017, contre toute attente et sur une décision politique «venue d’en haut», il est nommé sélectionneur de l’Algérie après l’échec de la qualification à la Coupe du Monde 2018. La saga Madjer, suite et pas fin…