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Alcaraz, un coach défensif

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Présenté comme un bosseur infatigable

Alcaraz, un coach défensif

 

Nommé à la tête de l’Équipe nationale d’Algérie, Lucas Alcaraz est un coach méconnu du grand public. Dans le but d’en savoir plus François Miguel Boudet, journaliste francophone basé en Espagne qui collabore avec Eurosport, l’Equipe, Onze Mondial ou encore So Foot était l’invité lors de la dernière émission de « C’est vous l’Expert », notre sympathique et très connaisseur confrère nous a révélé tout ce qu’il fallait savoir sur le désormais ex-entraineur de Grenade. Voici le résumé de ce que vous devez absolument connaitre sur le profil du nouveau coach des Verts qui a été présenté  hier à la presse algérienne !

 

Une bonne partie des fans était déçue de la nomination de Lucas Alcaraz. Le coach espagnol de 50 ans reste un sombre inconnu aux yeux du grand public, sans aucun palmarès et avec des résultats catastrophiques avec le FC Grenade cette saison (15 défaites). Le raccourci voulait qu’on blâme Alcaraz pour la situation catastrophique du club andalou, alors qu’en réalité l’enfant de la ville avait récupéré une équipe agonisante en début de saison : «Cette année il était avec Grenade et a récupéré un effectif qu’il n’a pas choisi. Il a récupéré l’effectif de Paco Jémez qui est l’entraineur le plus offensif qui soit. Jémez a été viré au bout de 2 mois et Alcaraz a récupéré une équipe qui n’est pas terrible avec 13 joueurs en prêt» nous explique un spécialiste du championnat espagnol basé à Valence.

 

«Un coach défensif, privilégiant le 4-4-2 »

Invité à l’antenne de « C’est vous l’Expert », le journaliste spécialiste de la Liga, François Miguel Boudet, poursuit son raisonnement en soulignant qu’Alcaraz était un coach défensif qui a tenté au mieux de s’adapter à l’effectif dont il disposait. « Alcaraz a récupéré une équipe offensive alors que c’est plus un coach défensif. Sur les 24 matches de Liga, il a utilisé 10 systèmes de jeu avec principalement une défense à 5 (utilisée 14 fois) soit en 5-4-1 soit en 5-3-2 ». Le technicien espagnol a visiblement du consolider son assise défensive au maximum, en abandonnant tous ses principes de jeu pour pouvoir palier aux faiblesses de son équipe. En effet, selon notre confrère, Alcaraz préfère essentiellement le 4-4-2 : « Il préfère le 4-4-2 avec beaucoup de verticalité, de rapidité d’exécution. Il fait beaucoup d’entrainements à 11 contre 11 parce que les entrainements sont filmés et visionnés. Il laisse beaucoup de place à la correction individuelle des joueurs et à l’initiative. Il va laisser la possibilité de la créativité à son effectif. »

 

«Un spécialiste des missions maintien ou montée »

Présenté comme un travailleur infatigable et exigeant par notre invité, Lucas Alcaraz ne devrait pas être surpris par l’attente du public algérien. « C’est quelqu’un qui est connu pour les missions « maintien » et les opérations « montée ». Il sait le challenge qu’il y a avec l’Algérie, il connaît la ferveur parce que Grenade c’est une ville de foot qui compte parmi les meilleurs supporters d’Espagne« . De leur coté les joueurs seront soumis à un régime sévère à en croire notre interlocuteur. « Récemment il y a une gueulante qui a fait un peu le tour en Espagne, notamment chez les supporters de Grenade où après une victoire contre Alaves il a allumé ses joueurs en leur disant que ce n’était pas comme ça qu’ils allaient réussir à se maintenir. Je l’ai croisé en novembre c’est quelqu’un qui a l’air très posé mais qui sait se faire respecter. Le problème c’est qu’il avait une équipe qui était nulle… C’est compliqué de se faire entendre quand des joueurs en prêt savent qu’ils partiront à la fin de la saison et qu’ils ne sont pas impliqués. Je n’ai pas de doute sur son professionnalisme » affirme notre invité.

 

« Au début il ne faudra pas s’attendre a du football champagne mais de la rigueur défensive »

Conscient des grosses lacunes défensives de la sélection algérienne François Miguel voit d’un très bon œil l’arrivée du technicien espagnol qui aura pour mission de rééquilibrer le jeu des Verts. « Oui je pense, on parle beaucoup des joueurs offensifs algériens à raison parce que ce sont de très bons joueurs de foot. Mais là si vous vous attendez à du football champagne, ça ne va pas être ça du tout, ça va être de la sueur et des larmes. On dit souvent que les attaques font gagner des matches et que les défenses font gagner des titres, peut être que là avoir un aspect défensif ça ne servira pas tout de suite mais plus tard à la sélection. Il y a des bases à solidifier pour permettre aux joueurs offensifs de libérer leur créativité » explique sans doute à juste titre le journaliste très au fait de l’actualité des Verts et pour qui le nom d’Alcaraz ne doit pas être perçu aussi négativement. « Si les gens attendaient des noms ronflants on peut dire que Hugo Broos avec le Cameroun n’était pas un nom ronflant, que Hervé Renard lorsqu’il a pris la Zambie ce n’était pas un nom ronflant. Donc on ne peut pas le juger. Si il a la confiance du président de la fédération, s’il a son staff avec lui et que les joueurs sont réceptifs aux messages tout est possible…«

 

« Les missions compliquées sont faites pour lui donc ça peut le faire avec l’Algérie ! »

Visiblement optimiste contrairement à l’opinion public algérienne, notre journaliste très actif sur les réseaux sociaux se veut rassurant et évite de tomber dans la critique simpliste. « Pour critiquer il faut déjà juger sur pièces… C’est difficile de juger quelqu’un qui vient d’être nommé, qui n’a pas encore fait de groupe. Il va avoir 2 mois pour préparer son équipe avec des joueurs qu’il va choisir et ça va être important dans la mise en place de son système. Ce que j’ai pu constater vu d’Espagne c’est que les missions comme ça sont faites pour lui. Je pense que ça peut le faire. A Grenade il y a un slogan qui dit «La gloire est éphémère mais la lutte est éternelle » ça annonce la couleur je pense».

 

« Les joueurs devront adhérer au fond de jeu d’Alcaraz »

Pointés du doigt pour avoir éjecté Rajevac, les joueurs de l’EN devront faire l’effort d’intégrer le nouveau sélectionneur désigné par la nouvelle direction de la FAF. « C’est aussi à eux de comprendre que l’Algérie mérite une meilleure place que ce qu’elle a actuellement. C’est un compromis de toutes les parties, c’est eux qui sont sur le terrain et Alcaraz le sélectionneur. Qu’on soit d’accord ou pas avec sa nomination, qu’on soit d’accord ou pas avec sa personnalité, il va falloir faire avec, il va falloir adhérer au fond de jeu. Ça ne va pas être la folie, ça va être sérieux et peut-être que la solidité défensive va leur permettre à eux de mieux s’exprimer par la suite. Ce n’est pas une promesse de grand football mais au moins ça sera cadré et il n’y aura pas d’arnaque on sait à quoi s’attendre« . Même si la fusion n’est pas évidente au premier abord entre un groupe aux grosses qualités offensives et entraineur de réputation défensive, il faudra faire avec conclu notre interlocuteur François Miguel. «C’est ça qui est le plus surprenant avec la nomination d’Alcaraz. Quand je pense à l’Algérie je pense à de très bon manieurs de ballons, quand je pense à Alcaraz ce n’est pas du tout ça… Mais peut-être qu’à l’heure actuelle c’est ce qu’il faut à l’Algérie ! »