Malawi Un petit poucet qui voit grand

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 Malawi 

Un petit poucet qui voit grand

Pour la deuxième fois de son histoire, le Malawi prendra part à une Coupe d’Afrique des nations cette année. Désignés comme le petit poucet de la compétition, les hommes de Kinnah Phiri espèrent malgré tout créer la surprise.

 

A moins d’être un vrai connaisseur de la géographie, il est difficile de situer ce petit pays du sud de l’Afrique sur la carte. Les mordus du football vont apprendre à le faire à partir de cette année, puisque la sélection représentant ce pays va disputer en Angola la Coupe d’Afrique des nations. Un privilège que des pays comme l’Afrique du Sud ou le Sénégal ne connaîtront pas, d’où le mérite des «Flammes», surnom de l’équipe, d’y être parvenues, vingt-six ans après leur première participation. Situé entre la Zambie, le Mozambique et la Tanzanie, le Malawi, qui compte pas moins de 13 millions d’habitants, n’a jamais pu se targuer d’exploits sportifs. En se qualifiant pour la CAN, l’équipe nationale de football est donc devenue la fierté de tout un peuple, et son rêve le plus cher est de pouvoir poursuivre sur cette lancée. En Angola, le Malawi n’aura pas les faveurs des pronostics, mais pourra encore compter sur cet effet de surprise qui lui a si bien réussi pendant les éliminatoires.

 

Comment se sont-ils qualifiés ?

Deuxièmes derrière la Côte d’Ivoire

Pour s’inviter à la grand-messe continentale, le Malawi a dû se surpasser pendant la phase éliminatoire. D’abord, pendant le premier tour, les Flammes ont réussi à s’offrir deux succès de prestige : le premier face à la RD Congo et le second contre le champion d’Afrique, à savoir l’Egypte. Naturellement, battre les Pharaons relève tout sauf du hasard et le Malawi a su le démontrer durant la deuxième phase qualificative. Reversée dans un groupe relevé en compagnie de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et de la Guinée, la bande à Phiri a réussi l’incroyable exploit de finir troisième et devancer le Sily National. Tous ses résultats incitent le respect. Durant la CAN, aucun de ses adversaires ne commettra l’erreur de le sous-estimer.

 

Le sélectionneur

Phiri : rigueur, discipline et jeunesse

Kinnah Phiri, le sélectionneur du Malawi, est un ex-footballeur. Il fut lui-même membre de l’équipe nationale durant les années 1970 et 1980. Même s’il n’a jamais pu disputer une Coupe d’Afrique des nations, son nom est associé à l’époque dorée du football malawien, l’époque durant laquelle les Flammes ont remporté de nombreuses compétitions régionales du centre et de l’est de l’Afrique. Avant de prendre en main la sélection, en remplacement de l’Anglais Stephen Constantine, Phiri a entraîné le club local de Bakili Bullets et l’équipe sud-africaine de Free State Stars. Le secret de sa réussite, c’est la rigueur, la discipline et aussi le pari de la jeunesse.

 

La star

L’espoir repose sur Msowoya

Les vedettes au sein de la sélection malawienne sont rares, mais on en dénombre quelques-unes quand même, comme Chiuwkepo Msowoya, sociétaire de l’ESCOM United. Ce dernier n’est international que depuis quelques mois, mais il a été étincelant durant le peu de temps qu’il a passé en sélection. Durant la phase éliminatoire, il a été l’auteur de six réalisations, et ce après avoir démarré les rencontres sur le banc. A 21 ans, il a encore tout l’avenir devant lui et beaucoup lui prédisent une belle carrière en Europe.

 

L’objectif

Les flammes visent au moins un succès

La dernière fois où le Malawi a joué la CAN, c’était en 1984, et son bilan final fut de deux défaites et un match perdu. En Angola, les Flammes chercheront donc à faire mieux, ce qui signifie qu’ils convoitent au moins un succès. Face à des sélections comme l’Angola, l’Algérie et le Mali, ce sera à coup sûr très compliqué.

 

Le saviez-vous ?

Tamika Mkandawire est le meilleur joueur qui aurait pu défendre les couleurs du Malawi, mais il n’a jamais eu la possibilité de le faire. La raison ? Ayant grandi en Angleterre, il n’a pas pu obtenir la double nationalité qu’il espérait. Les autorités de son pays d’origine n’ont pas voulu de lui, privant la sélection nationale d’une perle rarissime.