Honda-Aston Martin : les premières tensions éclatent au grand jour
Grand Prix d’Australie

Avant même que Mercedes n’écrase la concurrence à Melbourne, c’est le tandem Honda-Aston Martin qui avait monopolisé l’attention lors des conférences de presse du jeudi. En cause : les déclarations d’Adrian Newey, qui avait évoqué un risque de « dommages permanents au système nerveux des pilotes » pour décrire les violentes vibrations générées par la power unit Honda sur la AMR26. Des propos jugés alarmistes, pour le moins inhabituels dans la bouche d’un directeur technique.
Koji Watanabe, président de HRC — la division sportive de Honda —, n’a pas caché sa perplexité : « Cela aurait eu du sens si les pilotes eux-mêmes avaient exprimé ces inquiétudes. Mais je me suis interrogé sur les raisons qui ont poussé Newey à parler en leur nom ». Une pique à peine voilée envers celui qu’il a pourtant côtoyé pendant de longues années chez Red Bull.
Sur le fond, Watanabe reconnaît l’urgence : Honda doit repenser l’intégration de son moteur dans la monoplace, au-delà du simple gain de puissance. Signe de la gravité de la situation, le PDG de Honda Motor Company en personne, Toshihiro Mibe, a fait le déplacement à Melbourne pour s’entretenir avec Lawrence Stroll.
Quelques signaux encourageants tout de même : Lance Stroll a rallié l’arrivée et signalé une réduction de moitié des vibrations par rapport à Bahreïn. Des progrès encore timides, mais qui suffisent à Honda pour afficher un optimisme prudent — et à ses détracteurs, pour sourire.
Amayas LAAZIB



